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TROUBLES DU LANGAGE ET SCOLARISATION
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Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page405.htm

Monographie : l'histoire de Marie

et réflexions sur le rôle des équipes éducatives

 

"Les polémiques restent vives entre les diverses écoles ou courant de pensée, personne ne nie cependant que des enfants, des adolescents et des adultes manifestent des difficultés de lecture et d'écriture considérables et souvent inattendues au vu de leurs capacités intellectuelles". (Rapport Ringard - Essai de définition) (Voir "troubles du langage 2. Orientations officielles")
    

Situation en mai 2002 - En mai 2002, Marie est en CE 2, dans le cadre d'un contrat d'intégration.

Le diagnostic de dysphasie n'a été porté par le Dr Réjoud, neuropédiatre à Montpellier, que le 26 novembre 2001.

Qu'est-ce qu'un contrat d'intégration ?
Un contrat (ou projet) individuel d'intégration est destiné à organiser et à faciliter le travail et la collaboration des différents intervenants auprès de l'enfant. Il doit donc prioritaire ment fixer les objectifs de l'intégration scolaire, objectifs partagés par tous et qui constituent le fondement du partenariat, comme nous l'avons expliqué à la page "Les règles du jeu du partenariat. Dans cette perspective, le projet doit indiquer les aménagements apportés à la scolarité et les modalités des interventions diverses auprès de l'enfant, d'ordre généralement médical ou para-médical, voire celle d'un auxiliaire de vie scolaire. Il doit spécifier aussi les modalités de la concertation entre les enseignants et les autres intervenants.
Le projet devrait apparaître comme une aide à l'intégration et non comme une contrainte administrative. Aucun formulaire officiel n'est imposé : les textes exigent seulement que le projet individuel d'intégration fasse l'objet d'un document écrit. PB
(Voir page "un projet partenariat")

LE CURSUS DE MARIE

p en 2ème année de CP

Note à propos du QI
Il est dangereux de livrer les données brutes du QI, sous leur aspect pseudo-quantitatif, à un public qui ignore trop souvent que le QI n'est pas une "mesure de l'intelligence", mais un indice de répartition.
Un QI de 100 signifie qu'un enfant se trouve dans la moyenne. Et en l'occurrence, il est clair que Marie est loin d'être dans la moyenne ordinaire d'un CP. Mais cette donnée doit être analysée. Le QI repose en effet sur un double questionnement, l'un d'ordre verbal, et qui permet d'évaluer un "QI verbal", l'autre établi selon d'autres techniques (dessins, etc.) et aboutissant à un "QI de performance". Le QI global est établi à partir de cette double donnée : mais dans de nombreux cas, c'est le décalage entre ces deux "QI" qui fournit les informations les plus intéressantes et le QI ne doit pas être interprété alors en termes de retard mental.
Marie a redoublé un premier CP marqué par les difficultés dans l'apprentissage de la lecture. Au cours du second CP, les relations entre les parents et l'institutrice n'ont pas été bonnes : l'institutrice avait conscience d'un "handicap" chez Marie, et avait sans doute le sentiment que les parents niaient ce handicap.
En fin d'année
- la maîtresse demande la passation d'un examen psychologique, que les parents acceptent. Les tests font apparaître un retard mental léger (WISC 3).
- et la maîtresse propose une orientation en classe d'adaptation dans une autre école, sans qu'il y ait eu réunion de la CCPE ou de l'équipe éducative. Les parents refusent.
   
Qu'est-ce qu'une classe d'adaptation ?
Dans la mesure où l'on ignorait la nature du handicap de Marie, la proposition d'une orientation en classe d'adaptation n'était sans doute pas en soi une mauvaise idée. Les aides spécialisées "à dominante pédagogique, confiées aux maîtres d'adaptation, "sont adaptées aux situations dans lesquelles les élèves manifestent des difficultés avérées à comprendre et à apprendre alors même que leurs capacités de travail mental sont satisfaisantes." Elles peuvent être organisées dans le cadre d'une "classe d'adaptation" qui "fonctionne dans la continuité selon la dynamique d'un groupe-classe permanent à effectif réduit (15 élèves maximum) ; les élèves (...) n'y séjournent pas plus d'une année." Les élèves n'y sont pas orientés par la CCPE, - puisque ces classes ne sont pas destinées au enfants handicapés, - mais sur proposition de l'équipe pédagogique et du réseau d'aides. (Circ.du 30 avril 2002 relative aux dispositifs de l'AIS).
(Voir "Textes officiels", page "Les Réseaux d'Aides Spécialisées aux élèves en difficulté")


p
Un CE 1 difficile

Le CE 1 sera difficile,
- malgré une bonne entente entre les parents et l'institutrice,
- malgré la poursuite des soins en orthophonie, mis en place depuis quatre ans auprès d'un orthophoniste libéral
- et malgré le suivi psychologique au CMP de Sorgues, avec notamment un groupe de langage tous les huit jours.

Durant ce temps, il ne semble pas qu'il y ait eu partenariat, ni même contact, entre l'orthophoniste et l'école, ni entre le CMP et l'école.On ne peut donc pas parler d'un véritable projet d'intégration scolaire.
Lors de la réunion de fin d'année, l'équipe éducative propose une orientation en CLIS. Nouveau refus de la famille.
Cette équipe éducative était organisée en bonne et due forme. Elle était composée de la directrice de l'école, de l'orthophoniste, de la maîtresse, de la secrétaire de la CCPE et des parents. A défaut d'avoir proposé une solution satisfaisante, cette réunion a sans doute contribué à débloquer la situation pour l'avenir.

Qu'est-ce qu'une "équipe éducative" ?

La réunion de "l'équipe éducative" est prévue par le décret du 6 sept. 90 relatif à l'organisation et au fonctionnement des écoles maternelles et élémentaires :
"Article 21
L'équipe éducative est composée des personnes auxquelles incombe la responsabilité éducative d'un élève ou d'un groupe d'élèves. Elle comprend le directeur d'école, le ou les maîtres et les parents concernés, les personnels du réseau d'aides spécialisées intervenant dans l'école, éventuellement le médecin chargé du contrôle médical scolaire, l'infirmière scolaire, l'assistante sociale et les personnels médicaux ou paramédicaux participant à des actions d'intégration d'enfants handicapés dans l'école. Le directeur d'école peut recueillir l'avis des agents spécialisés des écoles maternelles.
Elle est réunie par le directeur chaque fois que l'examen de la situation d'un élève ou d'un groupe d'élèves l'exige."
(Voir "textes officiels/code de l'éducation")

   

p le CE 2 (2001-2002) : la situation s'améliore !

La maîtresse du CE 2 se dit paniquée dès le début de l'année face aux difficultés de Marie. (Il y a en fait deux institutrices à mi-temps).

Les institutrices du CE 2 provoquent donc une réunion de l'équipe éducative, comprenant enfin, comme il se doit, outre le directeur de l'école, les institutrices, le psychologue scolaire, le médecin scolaire et les parents, la secrétaire de la CCPE et l'orthophoniste. Cette réunion a lieu le 15 novembre 2001.
Il semble qu'on puisse parler enfin d'une véritable équipe éducative, et qu'on commence à s'orienter aussi vers un véritable contrat d'intégration.
On s'accorde sur un contrat d'intégration , qui prévoit notamment
• que l'on privilégiera l'oralisation (exemple : présentation schématisée des problèmes, réduction des dictées...)
• que dans la classe, un tutorat sera organisé avec des camarades volontaires

et qu'un cahier de liaison institutrice/orthophoniste sera mis en place.
A partir de ce moment, la procédure d'intégration, impliquant une dimension partenariale, va se mettre en place.
Les institutrices comprennent et acceptent les recommandations de l'orthophoniste. L'orthophoniste accepte, avec le cahier de liaison, de participer au suivi de l'enfant avec les enseignantes. Un partenariat commence à être organisé.
Le 24 novembre, l'association APEDYS-PACA, et sa présidente Mme Gola, organisent à Aix-en-Provence une conférence d'information sur les troubles du langage.
APEDYS-PACA - Présidente : Mme Gola
Quartier Belvezer - voie Aurélienne
13250 CORNILLON CONFOUX
Le 26 novembre, le Dr Réjoud, neuropédiatre à Montpellier, porte un diagnostic de dysphasie-dyslexie. Le certificat médical sera envoyé à la CDES, en vue d'obtenir l'AES.
L'AES sera versée par les parents à la personne qui prendra Marie en charge chaque soir pour "faire les devoirs" et reprendre avec elle le travail de la journée. La mère n'aura plus à faire chaque soir l'institutrice, et les relations familiales en seront grandement améliorées.
Le 7 janvier, l'école demande une intervention d'APEDYS-PACA pour une réunion d'information sur la dysphasie. Les instituteurs préparent cette réunion, en élaborant un questionnaire qu'ils adressent à l'association. La réunion aura lieu un mercredi matin.
Soulignons l'intérêt de cette démarche, qui constitue une nouvelle étape, originale, du partenariat, et qui témoigne de l'investissement des institutrices qui ont pris l'initiative de cette réunion.
Le 28 février se tient une réunion de l'équipe éducative, en vue de poser des jalons pour la rentrée suivante. Deux possibilités sont envisagées :
- une orientation vers la "classe pilote" pour enfants porteurs de troubles du langage qui a ouvert à la rentrée précédente à Avignon,
- soit un contrat d'intégration dans l'école.
L'ouverture de cette "classe pilote", qui est sans doute une clis, et qui en présente en tout cas les caractéristiques (petit effectif, recrutement par la CCPE, pédagogie adaptée, maître spécialisé) manifeste que les autorités administratives du Vaucluse, et notamment l'IEN-AIS, ne sont pas restées insensibles au problème des enfants porteurs de troubles du langage. Il semble toutefois que l'organisation d'un partenariat institutionnel entre la classe et des professionnels spécialistes de ces troubles ne soit pas encore suffisante.
Il semble toutefois que Marie soit déjà grande, pour entrer dans la classe d'Avignon, qui ne manque pas de postulants. C'est le choix en faveur du projet d'intégration qui est retenu. Ce projet prévoit notamment, pour la rentrée prochaine :
- que Marie passera au CM1,
- mais que pour le français, elle retournera au CE2.
Le 18 avril, se tient la réunion de la CCPE, à laquelle participent les parents, et qui entérine ce projet d'intégration.
Note sur la CCPE
Ce fonctionnement d'une équipe éducative qui prépare le projet, suivie d'une CCPE qui l'entérine, est tout à fait normal, et même souhaitable. Il est toujours préférable en effet que les différents partenaires travaillent ensemble au plus proche du terrain, de façon que la décision de la CCPE n'apparaisse pas comme un oukase administratif, pris de l'extérieur, mais comme l'aboutissement de la concertation entre ces partenaires..
Le projet d'intégration proprement dit sera rédigée à la rentrée scolaire, au cours d'une réunion dont feront partie, outre la directrice de la classe, les enseignants concernés et les parents, le psychologue scolaire et l'orthophoniste. Il est prévu qu'un calendrier sera établi pour fixer les dates des réunions de l'équipe éducative.
En conclusion, les parents observent que tout paraît aller mieux
- quand les maîtres comprennent la souffrance des parents,
- et quand eux-mêmes comprennent les réticences des enseignants.
Conclusion du commentaire
Il est intéressant d'observer comment une école et des parents ont redécouvert par eux-mêmes, à partir des difficultés rencontrées, mais avec toute leur ténacité, les procédures de l'intégration scolaire !
Dans le cas présent, et comme fréquemment lorsqu'il s'agit des troubles du langage, les difficultés étaient accrues du fait
- de l'absence d'un diagnostic précis et indubitable dès le départ,
- et de la difficulté de construire un partenariat avec un professionnel du secteur libéral, - pour des raisons non pas de mauvaise volonté personnelle, mais pour des raisons de statut !
Nous ne cacherons pas notre sentiment que la CCPE est restée trop longtemps en retrait et n'a pas assumée pleinement son rôle, soit parce qu'elle n'a pas été sollicitée à temps par les directeurs d'école, soit par ignorance des problèmes d'intégration scolaire liés aux troubles du langage, soit par inertie. On s'étonne par exemple que le projet d'intégration n'ait pas fait l'objet plus tôt d'un document écrit signé par les partenaires de l'intégration et par les parents. La circulaire récemment consacrée aux "ressources au service d'une scolarité réussie par tous les élèves" et qui s'attache à repréciser "le fonctionnement des commissions de circonscription" (CCPE et CCSD) contribuera sans doute à leur rappeler qu'elles sont "les lieux privilégiés de formalisation et de suivi des projets individualisés d'intégration" et qu'il est de leur responsabilité "de veiller à une coordination étroite avec les partenaires impliqués dans le suivi des élèves". (Circ. n° 2002-111 du 30 avril 2002).
PB mai 2002.
Mai 2002 - Nous remercions les parents de Marie, qui nous ont raconté son histoire et nous ont autorisé à la reproduire en y ajoutant nos propres commentaires. P.B.
* * * * *

COMPLÉMENT de décembre 2007

p 2002-2004 : CM 1 et CM 2

Marie passe en CM 1 avec un contrat individuel d'intégration prévoyant que français et math seraient suivis en CE 2 avec des aménagements pédagogiques (photocopies, tiers temps supplémentaire, devoirs à la maison adaptés). Marie reprend confiance.

Des dispositions analogues sont reprises pour le CM 2, avec français et math en CM 1. En fin d'année, l'équipe éducative souhaite le redoublement du CM 2, mais à temps plein, avec dérogation puisque Marie a passé l'âge de 13 ans.

p 2004-2005 : le CM 2

Marie intègre le CM 2 avec confiance et avec l'aide d'un instituteur qui se montrera toute l'année extrêmement attentif, cherchant à comprendre les difficultés de Marie et à l'encourager. Lorsqu'il dédicacera à la maman le livre de Pennac "Chagrin d'école", il notera qu'avec Marie il a mieux compris son métier d'instituteur auprès d'élèves en difficulté...)

Toute l'année l'instituteur, l'orthophoniste, le psychologue, la maman - et Marie -travaillent la m&main dans la main. C'est cette équipe qui prépare l'entrée en 6ème, notamment en demandant à la CDES une AVS, qui sera accordée 12 h par semaine.

p 2005-2006 : la 6ème

Les choses se compliquent ! Les professeurs n'ont pas l'habitude de travailler en partenariat (orthophoniste) ou avec un autre adulte (AVS) dans la classe. Mais le projet personnalisé de scolarisation était en béton (photocopies, tiers temps, calculatrice en math) et facilite la discussion et les échanges avec les profs chaque fois que c'est nécessaire. On passe beaucoup de temps à expliquer. Finalement, Marie réussit sa 6ème avec trois encouragements.

p 2006-2007 : la 5ème

L'AVS de Marie, Patricia, était formée à la dysphasie. Nous nous sommes acharnés à faire connaître aux profs ce qu'était la dysphasie...

Marie a encore eu trois encouragement cette année là. Mais lors d'une équipe pédagogique de fin d'année, elle exprime le souhait de ne plus être accompagnée par une AVS car elle a trop souffert du regard des autres. Nous avons trouvé une 4ème techno dans un lycée privé, petite structure.

p 2007-2008 : la 4ème techno


Lycée Les Chênes
Marie à 15 ans. A la rentrée de septembre 2007 elle est entrée au lycée professionnel de Carpentras, en 4ème techno, sans AVS, dans le but d'obtenir le CAP "Service en milieu rural" (services aux personnes).
En cette fin de trimestre tout va bien, les notes sont satisfaisantes.
Note ISP Bravo Marie, merci à toi et à ta maman pour ce témoignage qui peut aider d'autres enfants dysphasiques - et aussi leurs enseignants - à persévérer dans leurs efforts...!
   
Les années passent...
Avril 2009 : Marie a 17 ans, elle est admise en CAP services aux personnes, Ce n'était pas gagné d'avance ! Au départ, elle devait aller en IME...
 
Marie-Claude



14-07-09

14 juillet 2009 - Un mél de Marie-Claude, la mère de Marie

Une bonne nouvelle pour moi et Marie : Marie vient d'avoir son brevet des collèges avec mention bien, - avec tiers temps et secrétaire lecteur. Elle va aller en CAP en service rural.
Quand on se bat avec acharnement, on y arrive, mais je vous avoue que ça a été très difficile. Ceux qui me connaissent savent que Marie a été prise pour une enfant autiste, déficiente intellectuelle, elle devait aller en IME...
J'ai fait confiance à ma fille et pas à l'institution et j'ai eu raison !
Bonnes vacances à tous
Note ISP No comment !
Marie-Claude

21-06-11
22 juin 2011 - Un mél de Marie-Claude, la mère de Marie

Marie a obtenu son CAP Service en milieu rural.
Elle va enclancher sur le CAP Petite Enfance

Et demain je l'inscris au code. Un nouveau défi !
 
15 mai 2012 : Marie obtient son code de la route.
 
18 juin 2014 - Un message de Marie-Claude, la mère de Marie
  Marie a 22 ans.
Vous vous souvenez qu'on a voulu la mettre en IME à l'age de six ans, eh oui, dysphasique et dyspraxique...
Aujourd'hui elle a deux CAP, service à la personne et CAP petite enfance
Elle vient de signer un contrat d'avenir d'un an et si tout va bien elle est partie pour trois ans, pour devenir AMP et devinez quoi, elle s'occupe de personnes handicapées en MAS ET FO
Elle a du mal à passer son permis mais elle reprend confiance, alors croyons y !

Mise à jour :15/07/09


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