TROUBLES
DU LANGAGE ET SCOLARISATION |
| bonnes pratiques |
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| Longuenesse
: une clis/sessad pour enfants dysphasiques École
Pasteur - Longuenesse - Pas de Calais (62) présentée
par son professeur d'école spécialisé |
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M Éric Hurtrez,
professeur d'école spécialisé, a présenté la
clis/sessad pour enfants dysphasiques de l'école Pasteur de Longuenesse,
dont il a la charge, lors de la journée d'information sur la rééducation
et la scolarisation des enfants dysphasiques du 11 octobre 2003 à La Rochelle.
Il a bien voulu nous autoriser à reproduire le contenu de son intervention,
et nous l'en remercions. La
clis de l'école Pasteur travaille en partenariat avec le sessad La Vie
Active de Longuenesse. |
Clis spécifique
de l'Ecole Pasteur 16 av. du Mal Leclerc 62219 LONGUENESSE 03 21 38
23 25 Sessad
spécialisé La Vie Active 16 av. du Mal Leclerc 62219 LONGUENESSE |
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Depuis cette intervention, Eric Hurtrez, aujourd'hui enseignant en UPI TSL, a ouvert son propre site, dans lequel il donne des informations générales sur les troubles du langage mais en collant de très près à son expérience professionnelle. C'est ce qui fait son originalité et son intérêt. (17/09/09)
Voir
http://eric.hurtrez.upi.tsl.free.fr |
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PRÉSENTATION
GÉNÉRALE DE LA CLASSE Créée
en septembre 2000, cette CLIS 4 porte le nom de CLIS pour enfants porteurs de
troubles spécifiques du langage écrit ou oral. Elle regroupe à
la fois des élèves dépistés comme dysphasiques et
comme dyspraxiques (1). Elle comprend douze élèves âgés
de 6 ans à 11 ans. La diversité des pathologies et l'hétérogénéité
des classes d'âge induisent un enseignement très individualisé
basé sur les besoins cognitifs, affectifs et sociaux de chacun.
(1)
nous ne traiterons ici que de la prise en charge des enfants dysphasiques. La
présence des enfants dyspraxiques explique l'appellation initiale de clis
4 |
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| Le travail effectué dans
la Clis doit être soutenu par l'action d'établissements ou services
sanitaires ou médico-éducatifs. La progression optimale ne peut
être assurée par l'école seule mais implique des accompagnements
éducatifs, rééducatifs ou thérapeutiques Un SESSAD
spécifique a été crée en septembre 2001 et il se situe
dans les locaux même de l'école. Des salles adaptées sont
occupées par des orthophonistes, une ergothérapeute, une psychomotricienne,
une neuropsychologue et une neuro-pédiatre et des prises en charge quotidiennes
sont dispensées sur place aux élèves de la classe. Un pédopsychiatre
intervient ponctuellement. |
| Enseignant
spécialisé: Eric Hurtrez Educatrice spécialisée:
Caroline Facon |
LE
PUBLIC ACCUEILLI |
| Des
enfants présentant une dysphasie expressive et/ou réceptive : |
| La dysphasie se définit par l'existence
d'un déficit durable des performances verbales, significatif en regard
des normes établies pour l'âge. Cette condition n'est pas liée
à un déficit auditif, à une malformation des organes phonatoires,
à une insuffisance intellectuelle, à une lésion cérébrale
acquise au cours de l'enfance, à un trouble envahissant du développement
ou à une carence grave affective ou éducative . |
| Les particularités
ou caractéristiques associées aux troubles présents chez
les élèves dysphasiques sont variables en intensité et en
combinaisons possibles : - Atteintes de la compréhension et de l'expression
verbale pouvant affecter la syntaxe, la sémantique, le lexique, la phonologie,
la pragmatique, la structuration du discours. - Difficultés d'abstraction,
de généralisation, d'anticipation. - Troubles de la perception
temporelle. - Troubles praxo-langagiers (parole) et/ou de la motricité
fine (graphisme). |
| Incidences
pédagogiques : |
L'enseignement
est adapté aux besoins de chacun : - Structurer le temps en favorisant
les routines dans le déroulement des activités (calendrier du matin,
planning), en utilisant un agenda pointé chaque jour, en privilégiant
les termes courants (hier/aujourd'hui/demain). - Aider l'élève
en lui apprenant comment apprendre pour développer son autonomie. -
Favoriser le visuel aussi bien en oral qu'à l'écrit : les pictogrammes
(CAP, Makaton). - Accompagner les apprentissages par des gestes et mimiques
(Méthode mnémo-gestuelle Borel). - Proposer à l'élève
une méthode d'apprentissage de la lecture adaptée : analytique,
globale, par imprégnation syllabique, par syllabes sémantisées,
etc... - Utiliser l'ordinateur et des logiciels adaptés comme le Pictop,
logiciel de synthèse vocale qui favorise l'autonomie et une vérification
verbale des productions de l'élève. Utiliser le clavier pour contourner
les éventuels troubles praxo-manuels. - Proposer des activités
dans lesquelles l'enfant est performant : Arts Plastiques, théâtre,
etc... - Favoriser les échanges (lecture en groupe, atelier d'expression
orale et écrite). - En mathématiques, donner des aides visuelles
et symboliques. - En problème et en activité de Découverte
du Monde, privilégier les images, les photos. - En numération,
utiliser un matériel simple qui permet l'accès au code. Par exemple,
utiliser le comptage digital ; les dominos, les réglettes Cuisenaire. |
| L'orthophoniste, l'éducatrice spécialisée,
l'ergothérapeute, la psychologue et la psychomotricienne sont des intervenants
essentiels de l'équipe multidisciplinaire. Les enseignants des classes
d'intégration et le maître de CLIS travaillent étroitement
avec eux et toujours de manière concertée. Une approche intégrée
de tous favorise l'évolution des élèves. |
UNE MISSION
D'ENSEIGNANT SPÉCIALISÉ |
|
Mettre en uvre des stratégies d'enseignement
ou d'aides adaptées et différenciées. |
| On entre dans une logique d'éloignement
du cercle vicieux des troubles d'apprentissage. Souvent, les premiers mois de
la première année en Clis consistent à rehausser l'estime
de soi des enfants et à redonner la confiance dans les apprentissages.
L'objectif est de casser le cercle vicieux en supprimant l'un des chaînons.
Je suis personnellement convaincu de cette démarche. Le chaînon auquel
nous nous attaquons, le SESSAD et moi-même, est celui de l'échec
scolaire en proposant des techniques d'apprentissages particulières qui
permettent aux élèves d'entrer dans la lecture, l'écriture,
le langage oral et les mathématiques. Les conflits avec l'environnement
sont considérablement atténués : par l'effet des intégrations
en classe ordinaire mais également par les entrées dans les apprentissages
eux-mêmes. Ce début d'année scolaire est marquée, de
manière très sensible, par un groupe classe plus concentré,
plus réceptif, plus respectueux des règles de la classe et de l'école. |
| |
| |
| ORGANISATION
GÉNÉRALE DANS L'ÉCOLE |
| Les
élèves de la Clis ont, comme tout autre élève, accès
aux divers locaux et outils mis à leur disposition dans l'école
par la collectivité locale. C'est ainsi qu'ils se rendent régulièrement
: |
|
- à la BCD de l'école où ils peuvent emprunter
des livres une fois par semaine, - dans la salle d'Arts Plastiques, -
dans la salle d'expression corporelle, - dans la cour de récréation
et les préaux pour les séances d'EPS, - dans la salle vidéo,
- et dans tout autre lieu extérieur à l'école ( piscine,
salle de spectacle ). |
| Les
élèves de la Clis disposent de la classe le mercredi et certaines
journées pendant les vacances scolaires pour leurs différentes prises
en charge par le SESSAD. |
COLLABORATION AVEC LES ENSEIGNANTS DE L'ÉCOLE |
| Accueil très chaleureux de la part de l'équipe
éducative. Trois nouveaux enseignants ont intégré l'école
à la rentrée 2002 et ont accepté avec beaucoup de compréhension
l'enjeu de l'intégration. La collaboration et les intégrations se
sont mises en place dès la première quinzaine de septembre 2002.
Ces situations permettent un réel respect de l'esprit qui se dégage
des circulaires relatives à la scolarisation des élèves handicapés.
|
| De plus, au mois de septembre
2002, tous les enseignants d'intégration ont pu, avec l'autorisation de
Mme Vanghevaere, IEN de la Circonscription de St Omer 1, participer à trois
demi-journées d'informations relatives à chaque pathologie, informations
fournies par les membres du SESSAD pour le versant thérapeutique et rééducatif
et par le maître de la CLIS en ce qui concerne les adaptations pédagogiques. |
| De plus, au mois de septembre
2002, tous les enseignants d'intégration ont pu, avec l'autorisation de
Mme Vanghevaere, IEN de la Circonscription de St Omer 1, participer à trois
demi-journées d'informations relatives à chaque pathologie, informations
fournies par les membres du SESSAD pour le versant thérapeutique et rééducatif
et par le maître de la CLIS en ce qui concerne les adaptations pédagogiques. |
| | -
au CP pour trois élèves en activités de langage, poésie
et Découverte du Monde, EPS et Arts Plastiques. - au CE1 : En Découverte
du Monde, EPS et Arts Plastiques pour six élèves. - au CE2 :
un élève suit normalement le programme en mathématiques et
deux élèves participent aux activités d'EPS et d'Arts Plastiques.
- au CM1 : un élève est intégré en mathématiques,
Découverte du Monde, EPS et Arts Plastiques. |
| Ces
intégrations font l'objet de réajustements si cela s'avère
nécessaire. L'expérience de la Clis a montré qu'il valait
mieux intégrer les enfants selon leur développement psychoaffectif
et en tenant compte surtout de l'âge. |
|
Intégrer, c'est permettre aux enfants de la classe de
se sentir comme les autres, même si on ne peut gommer les différences.
Mais c'est surtout de leur permettre d'être des apprenants. Une intégration
est dynamique et n'est jamais définitive : un enfant peut revenir en Clis
ou amplifier ses intégrations en fonction de son comportement en classe
d'accueil : comportement dans tous les sens du terme : psychologique, acquisitions,
etc
|
De plus, l'ensemble
des élèves de la CLIS participent à diverses activités
communes à toutes les classes de l'école : - en musique, pour
des chants communs, - en travaux manuels pour la création d'objets
communs de Noël, - pour les fêtes ( défilé Halloween,
etc...), anniversaires, - pour des sorties extra-scolaires ( spectacle de
danse offert par la Commune de Longuenesse, sensibilisation à l'hygiène
dentaire, etc...). |
| Il
est important pour que ces intégrations réussissent, que les enfants
concernés aient conscience du but recherché. Une collaboration étroite
entre les enseignants et le SESSAD notamment avec la psychologue, permet de minimiser
les effets négatifs tels que la peur de ne pas réussir, de ne pas
être comme les autres en milieu ordinaire. |
COLLABORATION AVEC LES PARTENAIRES
TRAVAILLANT AUPRÈS DES ÉLÈVES DE LA CLIS |
| Exemple : La collaboration orthophoniste
- maître de CLIS, essentielle dans la prise en charge de l'enfant dysphasique
ou dyslexique et dans le respect des compétences de chacun. |
| Le rôle de l'orthophoniste : |
| -
Réduire les symptômes et leurs effets. - En individuel (ou en
groupe). - 1 à 2 heures pendant le temps scolaire. |
| Le rôle du maître de
la CLIS : |
| -
Contourner le handicap en utilisant les compétences préservées
et en utilisant des aides techniques, en favorisant les compensations.
- En groupe (ou en individuel). - Tout le temps scolaire hors prises en charge
et intégrations. |
| Ce
qu'utilise l'orthophoniste : |
| La
méthode des jetons. Le Borel. Le Makaton en prévention puis les
pictos du CAP. L'imprégnation syllabique. |
| Ce
qu'utilise le maître de Clis: |
| La
grammaire en couleurs. Le Borel. Les pictos Makaton puis le CAP et les gestes
et pictos du Makaton pour les questions. Ou des pictos inventés en commun
avec l'orthophoniste. La lecture par opposition syllabique en couleurs et des
tableaux flash de syllabes dans une progression commune avec l'orthophoniste. |
| La spécificité de la Clis
réside dans le fait de la présence d'un SESSAD Spécialisé
dans les locaux mêmes de l'école avec un ensemble d'intervenants
déjà décrit dans la présentation générale
de la Clis. |
| Les liaisons
avec le personnel thérapeutique, rééducatif et pédagogique
sont de plusieurs types : |
| -
Des réunions de synthèse ont lieu un mardi après-midi par
mois, - Les enseignants des classes d'accueil sont, dans la mesure du possible,
toujours conviés à relater leurs expériences et leur point
de vue sur les enfants dont ils ont la charge, dans ces réunions formelles.
- De nombreuses rencontres informelles et quasi-quotidiennes mais toujours enrichissantes
et formatrices ont effectivement lieu entre les membres du SESSAD et l'enseignant
de la Clis et toujours dans un esprit partenarial et respectueux des attributions
de chacun. En tous les cas, toujours dans l'intérêt des enfants,
- Des échanges avec d'autres enseignants et/ou spécialistes sont
envisagés et recherchés. - La participation à des journées
d'études sur les pathologies concernées par la CLIS est prévue
( ex : journée d'étude De l'Oral à l'Ecrit organisée
par le GENPE). - Par l'échange d'une abondante documentation sur la
dyslexie, la dyspraxie et la dysphasie. L'un des ordinateurs de la CLIS contient
une abondante documentation liée aux aspects thérapeutiques, rééducatifs
et pédagogiques des troubles complexes du langage oral et écrit.
- Afin de mieux connaître et comprendre le fonctionnement de l'école
et de ses classes, des membres du SESAD accompagnent des élèves
dans leur classe d'intégration avec l'accord des enseignants. Ces présences
permettent de mieux ajuster les adaptations et les aides aux élèves
de la CLIS. |
| Ces liaisons
et ces relations sont absolument nécessaires et essentiels à une
bonne adaptation du travail pédagogique. |
| Enfin,
des rencontres avec les familles sont régulièrement organisées
: |
| -
rencontres informatives, - rencontres individuelles avec le maître de
la classe, - utilisation d'un carnet de liaison. |
|
|
| BILAN
|
| Ce
qui fonctionne bien |
-
Apprentissage de la lecture : la lecture est acquise à des rythmes différents
mais avant les 10 ans de l'enfant pour les plus en difficulté quelque soient
les besoins spécifiques. - L'écrit améliore l'oral.
- La collaboration enseignants / SESSAD. - Les élèves de la
CLIS de moins en moins perçus comme " les Clis ! " par leurs
pairs. Socialisation + mais ne suffit pas. - Accès aux connaissances
générales. - Intégration sociale de plus en plus nette
(piscine, théâtre, etc...). - Adaptations en classe ordinaire
de mieux en mieux ciblées. - Volonté des enseignants d'accueil
de fonctionner "seuls". - Les adaptations profitent aux élèves
des classes ordinaires et à leur maître. Le spécialisé
peut apporter à l'ordinaire. - Bilans psychologique et neuropsychologique
permettent de connaître les fonctions déficitaires mais aussi les
fonctions préservées. Enseignement "à la carte".
|
| Ce
qui fonctionne moins bien |
-
Enseignement " à la carte ": difficulté pour mettre en
place des projets collectifs en classe. Trop de niveaux différents.
- Diversité des pathologies neurologiques (dysphasie, dyslexie, dyspraxie
visuo-spatiale) : + difficulté d'adapter le niveau de langage pour
tous. + les besoins et les objectifs ne sont pas les mêmes. + l'accès
à l'autonomie varie selon les spécificités. - Classe
d'accueil surchargée (CE1 26 élèves) + 3 enfants intégrés:
+ difficulté pour le maître d'adapter son niveau de langage
qui semble pénaliser les moins en difficulté. + difficulté
pour le maître de soutenir ses propres élèves en difficulté.
- Classe d'accueil moins chargée (CE2 17 élèves) mais 5 à
6 intégrations: mêmes remarques. - Temps de concertation entre
maîtres d'accueil et SESSAD. - Préparation des adaptations :
les documents sont disponibles le matin même. - Changer certaines habitudes
de la part des maîtres d'accueil. |
| |
Éric
Hurtrez octobre 03 |
| | |
| Mise
à jour 17/09/09

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