Question ISP
Dans votre travail de CAS-EH, auriez-vous souhaité pouvoir de temps en temps réunir les enseignants auprès de qui vous interveniez ? Avez-vous pu le faire ? Quels étaient les obstacles ?
L'INTÉGRATION INDIVIDUELLE
présentation
Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page99299.htm
 

Penser l'inclusion scolaire

et l'accompagnement des enseignants
 
 
Résumé de la page
Ces réflexions partent du constat que la principale difficulté à laquelle se heurte la scolarisation des élèves en situation de handicap est celle du manque de formation des maîtres.
Elles développent quelques principes simples :
- répondre aux demandes des parents pour orienter leur enfant vers une école ou un établissement scolaire reconnu inclusif ;
- cibler la formation des enseignants sur les enseignants effectivement engagés dans la scolarisation des élèves en situation de handicap ;
- opter pour une formation accompagnante si possible dans le cadre d'un travail en réseau.
     
Au centre des préoccupations : la formation des enseignants
Les dispositifs de l'inclusion scolaire étant en place et généralement connus des familles, la question essentielle aujourd'hui, en 2016, est celle de la mise en oeuvre du PPS. Or cette mise en oeuvre est la tâche spécifique des enseignants. Le problème fondamental de l'inclusion scolaire devient celui de la formation des enseignants et des aides qui peuvent leur être apportées.

La circulaire 2016-117 du 8 août 2016, relative au parcours de fornation des élèves en situation de handicap, insiste sur la responsabilité des enseignants chargés de cette scolarisation. Aussi rappelle-t-elle en terminant l'ensemble des dispositifs de l'éducation nationale qui ont pour objet la formation des enseignants. (art. 8). On voit qu'à tous les niveaux, national, académique, local, l'éducation nationale a le souci de former les maîtres pour l'accueil des élèves handicapés.

Nous nous proposons ici de faire part de quelques observations à ce sujet. Précisons que nous nous intéressons dans cette page aux situations d'inclusion individuelles, - les inclusions collectives, en ulis du 1er et du second degré, étant en principe assumées par des enseignants spécialisés, titulaires du CAPA-SH ou du 2CA-SH.
Il n'est pas possible de dresser un état des lieux. On peut toutefois repérer des insatisfactions et des échecs mais aussi des recherches, des réponses et des réussites qui semblent aller dans le bon sens.
   
Un regard rapide sur le terrain : les difficultés rencontrées
  Les doléances des parents
Sur les listes d'échanges, les parents se plaignent souvent du manque de compétence ou du manque d'investissement des maîtres.
Sophie

08-07-16
Mon fils sort d'une sixième d'où il a été exclu. De par son tdah EIP et ses multiples dys, il n'a pas eu la chance d'être compris pas certains profs et qui l'ont plutôt mis à l'écart, contribuant fortement à sa dévalorisation. Merci à l'éducation nationale.....Il doit reprendre le chemin d'un nouveau college, en espérant une meilleure situation pour lui car que de temps et d'argent perdu.
Mathilde L.

06-07-16
Il faut soutenir sans cesse notre enfant, être à ses côtés pour le faire travailler, (...) Au début je passais mon temps à me battre contre les enseignants qui ne voulaient pas appliquer le PPS pour arriver à un terrible constat : celui qui ne veut pas, et bien ce n'est pas possible de le faire changer d'avis. Si on s'obstine cela retombe sur notre enfant. (...) J'ai préféré dépenser mon énergie pour le faire travailler, l'aider au maximum (...).
  Les récriminations des enseignants
Et les enseignants, de leur côté, ne manquent pas de faire état eux aussi de leur incompétence, soit pour la déplorer, soit peut-être parfois parce que c'est une bonne excuse...
Audrey Font

06-07-16
Éducatrice, j'interviens de plus en plus auprès d'enseignants (...) accueillant des enfants en situation de handicap.
(...) Je porte la parole de professionnels de l’éducation nationale qui malgré une volonté véritable d'inclure et de faire grandir ces enfants comme les autres, s'usent, doutent et surtout font le constat qu'ils n'ont pas de formation et d'accompagnement pour faire valoir des droits communs, le droit à une scolarité en milieu ordinaire...
  Les demandes des associations
On ne s'étonne donc pas que les associations de parents demandent que les enseignants soient formés. C'est une demande très générale. On lit par exemple sur le site de la FFDys :
Formation des enseignants
L’inclusion de l’enfant dys à l’école ordinaire commence par une meilleure réponse des enseignants à ses besoins particuliers.
La FFDys demande que la formation soit renforcée et améliorée, et pour cela :
  • Que tous les enseignants soient formés au handicap et que la formation aux troubles dys y soit clairement identifiée. Elle soutient l’idée que la scolarisation des enfants en situation de handicap doit être intégrée dans le concours d’accès au métier d’enseignant.
  • Que tous les enseignants concernés puissent suivre à la rentrée, et en fonction du handicap de l’enfant accueilli en classe, une courte formation
L’école inclusive signifie que c’est à l’école de s’adapter à l’enfant et non l’inverse.
http://www.ffdys.com/scolaire/le-droit-a-l-ecole/le-droit-a-lecole.htm?p1
 
Note à propos de cette demande des associations : former tous les enseignants ?
Former les enseignants ? cette demande doit être précisée.
  • S'il s'agit de former tous les enseignants à tous les handicaps, pour qu'ils soient prêts à recevoir tous les élèves qui se présenteront, cette demande est parfaitement irréaliste. Il suffit de considérer les chiffres.
  Les chiffres - année 2014-2015
Nombre d'enseignants
(1er et 2d degré confondus,
public et privé confondus)
Population scolaire
totale
Nombre d'élèves handicapés
en inclusion individuelle
855 000 12 286 000 180 000
soit 1,5 % de la population scolaire
Il y a en France environ 855 000 enseignants (1er et 2d degrés confondus, public et privé confondus) et 260 000. élèves handicapés, dont 70 % (180 000) en inclusion individuelle ; ces inclusions individuelles représentent à peine 1,5 % de la population scolaire (que les statistiques du ministère classent en 9 catégories). (Voir chiffres et statistiques en bas de page).
Un enseignant n'a donc pratiquement aucune probabilité de rencontrer tous les handicaps au cours de sa carrière ni même d'avoir dans sa classe un élève handicapé plus d'une année sur deux ou trois. Il nous paraîtrait donc plus efficace et plus économique de chercher à mieux cibler la formation sur les enseignants effectivement engagés dans la scolarisation d'élèves en situation de handicap, comme d'ailleurs les associations le suggèrent quand elles envisagent une formation organisée "en fonction du handicap de l’enfant accueilli en classe".
Note ISP

15-10-16
On reste étonné que dans la plupart des textes le Ministère semble encore s'en tenir, plus ou moins implicitement, à l'idée saugrenue de vouloir former tous les enseignants à tous les handicaps, en se contentant de lister toutes les formations possibles.
Voir par exemple la circulaire du 8 août 2016 - 8. La formation et l'accompagnement des acteurs
  • Mais on ne peut qu'être d'accord s'il s'agit de vouloir que tous les enseignants aient une connaissance de base des procédures d'accueil des élèves handicapés et sachent comment réagir le jour où se présente dans leur classe un élève en situation de handicap : qu'ils sachent ce qu'est un PPS, comment et par qui il est mis en place, ou quel est le rôle de l'enseignant référent, bref une connaissance du dispositif de base.
Il reste, comme l'observe la FFDys, que le vrai problème n'est pas de former tous les enseignants, le vrai problème est celui de la formation des enseignants qui accueillent effectivement dans leur classe un élève handicapé.
Il faut cibler les formations.
Mais nous nous proposons d'aborder la question sous un angle un peu différent, en partant du fait qu'il existe des enseignants formés, formés par leur administration ou qui se sont formés eux-mêmes....
Les parents à la recherche d'une bonne école ou d'un bon établissement scolaire
Note ISP
Qu'est-ce qu'une "bonne" école, c'est à dire une école inclusive ?
Une bonne école, ou un bon établissement scolaire, c'est à notre sens une école ou un établissement dont les personnels se montrent
  • compétents et disponibles, pour pratiquer une pédagogie adaptée
  • et bienveillants vis à vis des élèves et de leurs familles
Le principe est simple : il existe déjà de "bonnes écoles", qui ont fait leurs preuves, pour recevoir les élèves porteurs de tel ou tel handicap. Pourquoi ne pas chercher à repérer ces écoles pour y affecter les élèves qui pourraient en bénéficier ? Certaines demandes de dérogations sont d'ailleurs acceptées par l'administration.
Les parents sont nombreux à chercher la bonne école ou le bon établissement. Chaque jour, sur les listes de diffusion ou dans leurs groupes facebook, des parents échangent à ce sujet.
  Echanges
Valérie

03-07-16
Je cherche un collège...
Je recherche en Essonne un collège qui met en place les adaptations informatique pour mon fils entrant en 4ème. La CPE vient de nous apprendre son départ et sans sa présence ça risque d'être très très compliqué. Soucis de moqueries en plus de la non mise en place du Geva-sco. ...
Si des parents ont un nom de collège ?

Valérie Christol
Sabrina

03-07-16
Tu n'as pas de dossier auprès de la MDPH ? Pas de PPS ?
Sabrina Alloun 
Valérie Si si on a tout, mais certains profs refusent les adaptations et même carrément l'ordinateur...
Véronique M.

07-06-16
Le collège approche et je me demandais si parmi les membres du forum certains avaient des info sur les établissements privés ou publics à Paris plus habitués que d'autres à accueillir des dyspraxiques avec avs et ordi.... Merci de me faire partager vos info
vmassolo@yahoo.fr
  Je cherche un lycée...
Isabelle G.

10-08-16
Je recherche un lycée pour ma fille TDAH, HP, qui après un parcours très difficile au collège (5 établissements différents), quand même couronné de succès, puisqu'elle a décroché son brevet et est admise en seconde générale. Avez vous des pistes ? ? Lycée de secteur inenvisageable, donc lycée privé.
Je suis dans le nord de la région parisienne.
Isabelle S.

12-08-16
Nous avons vécu la même chose pour fiston, 5 changements depuis 7 ans qu'il est avec nous (adopté à l'âge de 6 ans) en jonglant entre privé et public mais je pense que la question ne se pose pas en ces termes. En effet, il n'y a pas beaucoup de différence entre public et privé. Ce sont les équipes pédagogiques qui font la différence.
Vous devez cibler le lycée qui vous intéresse (taille/effectifs par classe/options proposées...) et rencontrer le Directeur ou Principal pour voir s'ils sont sensibles au TDAH et savoir ce qu'ils mettent en place.
Chez nous (je travaille dans le privé sous contrat dans le sud), la Directrice et quelques professeurs sont très sensibles aux élèves à besoins particuliers. Une de mes collègues a fait une spécialisation et nous allons ouvrir une classe de collège à 15 élèves pour des élèves à besoins particuliers avec des professeurs volontaires dont je fais partie évidemment. Je ne sais pas si c'est une bonne chose de faire une classe spécifique (je ne le voyais pas ainsi) mais cela prouve qu'il y a une volonté d'accueillir ces enfants...
Christine B.

12-08-16
Je conseille le lycée Expérimental de St Nazaire (il y a dans le même ordre d'idée, le Lycée Autonome de Paris le LAP, il y en a un aussi à Lyon). Mon fils y est depuis un an. Il est métamorphosé !
Voir https://lycee-experimental.org/
 
Pour une meilleure utilisation des compétences
Ainsi les parents indiquent la voie, en vue, somme toute, d'une meilleure utilisation des compétences : avant d'avoir réussi à former tous les enseignants et d'avoir rendu toutes les écoles bienveillantes, faire en sorte que les élèves aient plus facilement accès à des écoles bienveillantes et soient plus facilement affectés auprès d'enseignants compétents. Des parents connaissent ces maîtres et ces écoles, leurs enfants en ont bénéficié, ils sont prêts à le faire savoir ; et bien souvent l'aministration - les Inspecteurs - ont aussi leur idée sur la question.
  Une question de carte scolaire
Il ne s'agit pas de laisser faire n'importe quoi, mais d'éviter que par exemple un enseignant qui s'est formé une année précédente pour scolariser un élève handicapé reste l'année suivante sans élève handicapé alors que dans une école voisine un élève porteur du même handicapé se trouve dans la classe d'un maître qui n'y entend rien.
Il ne s'agit pas de supprimer la carte scolaire, mais de faire preuve de compréhension, au cas par cas. L'administration en est tout à fait capable. Pourquoi l'éducation nationale ne veillerait-elle pas, outre le service rendu, à rentabiliser les formations et à utiliser le mieux possible les enseignants reconnus compétents ?
Annie N.

24-06-16
Le meilleur lycée pour les dys : le recteur a accordé la dérogation
Mon loulou a été accepté dans le lycée que l’on voulait ! Le recteur nous a accordé la derogation pour le mettre dans ce lycée hors secteur qui est le meilleur dans l’accompagnement des dys de la region ! Bon, ça veut dire internat en ville alors qu’il a toujours vécu à la campagne, ça m'inquiète un peu mais je suis heureuse qu’il ait enfin des enseignants qui connaissent la dyspraxie !
Karine J.

24-06-16
Je ne savais pas qu'un établissement pouvait être spécialisé dans les troubles de nos loulous.... Ça, c'est vraiment une bonne nouvelle : mon fils, qui est dyspraxique comme le tien, je ne le sens pas bien dans son établissement. Ca me fait mal de le voir malheureux...
Annie N.

24-06-16
Hola, ce n’est pas un établissement spécialisé dans l’accompagnement des dys. C’est juste le SEUL lycée à moins 60 km de chez moi qui a décidé de s'interroger sur l’accueil de ses élèves dys. Il n’y a pas d’ULIS, mais au moins les enseignants ont été sensibilisés aux troubles dys, et les AVS et AESH ont été embauchés par l’établissement pour un vrai travail d'équipe. C’est pas le Perou non plus, mais c’est beaucoup mieux que les deux établissements de secteur où on m’a demandé "c’est quoi la dyspraxie ? " et où on m’a dit "ah, non, on n’a jamais eu d'élève dyspraxique "...
Les conseillers d'orientations du département connaissent cet établissement et ce sont eux qui le conseillent aux familles concernées
Val B. (29)

24-06-16
Pareil ici. Notre fils est accepté dans le Lycee de son choix qui n'est pas notre Lycee de secteur. J'ai rencontré l'infirmière scolaire et l'accueil fut génial. Ça ne leur pose aucun problème qu'un élève particulier (TDA, dysgraphique, avec un ordi ...) arrive chez eux. Cool !
  Recherche
Véronique

08-06-16
Mon fils est scolarisé actuellement en public dans le 4eme. On m'a dit qu'avec son dossier (reconnaissance MDPH et PPS) une dérogation avait des chances d'être acceptée
C'est pourquoi je me demandais si des collèges étaient déjà repérés comme plus adaptés. Dans l'idéal ça serait dans le centre ou l'est de Paris, rive droite.
Nadia

08-06-16
La présence d'une ULIS est une indication, (mais) ça ne veut pas dire que le corps enseignant de l'ensemble de l'établissement sera ouvert aux handicaps...
Concernant les ERH, c'est comme tout, même si elles ont en commun de toutes être débordées à Paris, elles sont plus ou moins aidantes, certaines sont clairement à éviter. (...) Alors si tu peux avoir des informations via des parents, (...) au moins tu sauras à quoi t'en tenir ;-)
nadjahuet@yahoo.fr
A vrai dire je pourrais plus facilement te dire où ne pas aller que te conseiller un établissement que nous cherchons toujours...

Voir ci-dessous des informations complémentaires sur la carte scolaire

  En conclusion
On ne prétend pas qu'il serait possible de régler les problèmes de l'inclusion scolaire par une modification de la carte scolaire ou par le simple jeu des dérogations, dérogations qui ne sont possibles, d'ailleurs, qu'en fonction des circonstances locales (proximité des établissements, notamment).
Néanmoins un certains nombre de situations pourraient sans doute être réglées de cette manière et plutôt que d'en faire à chaque fois une "dérogation" à la règle, ne serait-il pas possible d'assouplir un peu la règle en ce sens ? Les élèves handicapés ne représentent que 1,5 % de la population scolaire, et les élèves susceptibles d'être intéressés par une telle mesure ne représenteraient qu'une petite proportion de ces 1,5 %, soit quelques milliers de cas... Ce serait une avancée limitée, mais réelle.
 
Problèmes des regroupements d'élèves
La suggestion d'orienter plus facilement les élèves handicapés vers des écoles ou des établissements scolaires reconnus compétents et accueillants demande qu'on soit au clair sur la notion de regroupement.

Il ne s'agit pas bien sûr de se retrouver avec de nouvelles classes spécialisées mais d'envisager un suivi de l'ordre d'un ou deux élèves handicapés par classe. Il ne s'agit pas non plus d'imposer quoi que ce soit, mais de proposer ou de répondre à une demande.

Des difficultés du côté des familles ? En fait, les parents sont souvent prêts à accepter (voire à demander) une orientation autre que celle de "l'établissement le plus proche" pourvu que l'enjeu en vailler la peine. On le constate quand il s'agit de choisir une option telle que musique, danse, théâtre, dans le 1er et le 2de degré (voir ci-contre l'exemple de la Seine Saint Denis) et sans doute plus encore, mais dans le 2d degré,dans le domaine du sport. Les sections sportives sont nombreuses dans les collèges et les lycées, on en dénombre plus de 3000, en faveur de plus de 60 000 élèves. Une centaine d'activités sportives sont proposées (arts du cirque, athlétisme; canoé-kayak, etc.)
(voir eduscol http://eduscol.education.fr/cid46757/les-sections-sportives-scolaires.html )
Les classes à horaires aménagés en Seine Saint Denis
musique, danse et théâtre (CHAM, CHAD, CHAT)
En Seine Saint Denis, des classes à horaires aménagés sont proposées dans des écoles élémentaires et des collèges. Elles permettent aux élèves de recevoir, dans le cadre des horaires et programmes scolaires, un enseignement artistique renforcé. Les domaines artistiques visés sont la musique, la danse, et le théâtre.
Une dizaine de classes en élémentaire et une quinzaine de classes en collège sont ainsi proposées
http://www.dsden93.ac-creteil.fr/spip/spip.php?article4291
Ce que les parents cherchent à éviter, ce sont les changements d'orientation en cours de cycle, pour que leur enfant ne soit pas coupé de ses camarades. Les nouvelles affectations sont plus facilement acceptées à l'entrée en maternelle, en CP, en 6ème...
Le plus gros obstacle à de tels mini-regroupements se trouverait sans doute dans le refus de l'Education nationale de désigner "les bonnes écoles". C'est un argument qu'il faut entendre. Mais faut-il présenter les choses ainsi ? Un collège qui propose une option tennis n'est pas un "bon collège" par rapport au collège voisin qui serait moins bon. C'est un collège qui a un plus, dans un domaine déterminé. De même un collège qui s'est organisé pour accueillir par exemple des jeunes sourds ou des jeunes dyslexiques.
Le regroupement des jeunes sourds bénéficie d'une reconnaissance officielle : les PASS.
Les PASS - Pôles pour l'accompagnement
à la scolarisation des jeunes sourds 
Les PASS, c'est le regroupement dans la même école ou le même collège de quelques élèves malentendants, en intégration dans les classes ordinaires. Il semble que ce fonctionnement donne satisfaction.
Voir : les PASS

Tout le monde ne peut pas tout faire ! Qu'il s'agisse du sport ou du handicap, si telle option s'est développée dans l'école ou l'établissement, c'est sans doute en liaison avec les circonstances locales et avec l'engagement d'un ou plusieurs enseignants. Et puis la mayonnaise a pris, comme on dit. Et l'administration peut chercher à conforter l'établissement dans la voie adoptée qui répond à un besoin.

Reste donc la difficulté de reconnaître officiellement ces écoles et établissements, de les faire connaître, voire d'en publier la liste. Mais ce n'est pas exactement ce à quoi nous songeons.
 
Pour une aide ciblée - formation continue et accompagnement des enseignants
Il s'agit d'abord d'accepter que des parents aient la possibilité de demander une affectation particulière pour la raison que l'école ou l'établissement souhaité paraît proposer un accueil pédagogique mieux approprié aux besoins de leuir enfant en situation de handicap.
   
  Retour sur la formation des enseignants
L'idée de départ était celle d'une formation ciblée sur les enseignants qui reçoivent effectivement dans leur classe des enfants handicapés ; formation organisée donc dans le cadre de la formation continue.
Les outils ne manquent pas. Nous ne reviendrons pas sur la documentation disponible, documentation écrite ou en ligne. Les références sont nombreuses sur les sites du ministère, des IEN-ASH, des associations. Voir page : de la formation des enseignants.
Nous avons évoqué aussi les occasions de rencontres qui permettent aux enseignants de s'informer : rencontres partenariales des professionnels (ESS), rencontre des parents, rencontre de personnels spécialisés de l'éducation nationale, préconisations données dans le PPS, etc.
Mais une formation ciblée pourrait être encore autre chose. La scolarisation d'un élève handicapé est une entreprise quotidienne, faite de psychologie, de réactions adaptées, de remises en question...
Il nous semblerait primordial d'apporter aux enseignants concernés une aide dans la durée comportant aussi une possibilité d'échanges avec les collègues dans la même situation. Il est souvent intéressant d'entendre des enseignants parler de leurs élèves, notamment des élèves qui posent problèmes, des moyens qu'ils mettent en place, de leurs échecs et de leurs réussites. Les échanges peuvent être d'autant plus bénéfiques que parmi ces enseignants certains ont déjà acquis une expérience et des compétences, ont déjà trouvé des réponses, ont mis en place de bonnes pratiques... Quelques journées de réunion dans l'année, animées par un maître formateur, un conseiller ASH ou un enseignant spécialisé, sont donc une bonne façon de faire. Pour la scolarisation d'un élève handicapé, il n'y a pas un ensemble de connaissances à acquérir au départ et qu'il suffirait ensuite de mettre en oeuvre. Des connaissances, certes, mais aussi une invention constante, dans le cadre d'un sorte de dialectique entre le savoir et la pratique, d'autant que comme nous l'avons déjà noté, concernant le handicap la plupart des informations données au départ ne sont pas d'ordre pédagogiques mais d'ordre médical ou paramédical, ou d'ordre comportemental : il reste précisément à en tirer ensuite les conséquences pédagogiques.
  On trouve sur cestains sites de formation des réflexions assez voisines.
Voir par exemple : Centre Savary, de Lyon : une note sur la formation continue
 
  Formation ciblée et accompagnement
Cela suppose que cette formation se fasse sous la forme d'un accompagnement. C'est dans cette perspective que nous nous sommes efforcés, dans ce site, de mettre en valeur des pratiques plus ou moins innovantes, qui vont en ce sens et qui tendent, semble-t-il, à se développer...
Nous avons présenté assez longuement le rôle des conseillers pédagogiques ASH qui existent dans plusieurs départements (voir : conseillers ASH). Certaines académies mettent en place dans le second degré des réseaux de Professeurs Ressources (exemple Bordeaux).
Cela existe donc et pourrait être davantage systématisé. Ces conseillers ASH de proximité et ces professeurs ressources sont appelés à jouer un rôle d'accompagnant des enseignants engagés dans la scolarisation des élèves handicapés. Et les enseignants savent ainsi vers qui se tourner..
 
  Travail en réseau
Ce type de formation, où l'accompagnant n'est pas seulement celui qui sait et qui apporte un savoir mais aussi celui qui permet et anime les échanges, implique donc que les enseignants concernés soient parfois regroupés.
Ainsi un réseau commence à se former. Au départ, il peut s'agir de volontaires, puisqu'il semble, dans les exemples que nous avons donnés, que les conseillers ASH ou les maîtres ressources ne s'imposent pas, mais vont à la rencontre d'enseignants qui font appel à eux, enseignants qui, rappelons-le, scolarisent effectivement dans leur classe un élève en situation de handicap. Il s'agit en tout cas d'enseignants qui sont demandeurs et qui s'investissent dans leur métier. Mais on sera conduit à dépasser ce point de vue, au moins pour deux raisons.
La première est qu'un certain suivi doit être assuré dans l'école ou dans l'établissement scolaire, puisqu'au cours des années l'enfant passera d'une classe dans la suivante. C'est donc moins un enseignant qu'une école qui devraient apparaître vraiment inclusif, désireux de s’inscrire dans ce réseau de travail. Le "volontariat" d'une école ou d'un établissement est différent de celui d'un individu. Il engage dans la durée. Le dispositif exige une certaine stabilité.
La seconde est qu'on s'oriente ainsi vers un travail en réseau non seulement des enseignants, mais des écoles ou des établissements. Du coup, la liste des écoles et établissements pourra être facilement connue, sans que l’administration ait à établir une liste d’école ayant un statut spécifique :  il s’agira des écoles qui adhèrent à ce travail autour d’un projet commun.
  Nous avons donné l'exemple d'un tel réseau qui fonctionnait dans l'académie de Strasbourg, au bénéfice des élèves dyslexiques. Voir :la charte de Strasbourg
L’intérêt de ce dispositif est que d’autres  parents souhaiteront sans doute que leur enfant soit orienté dans cette école, reconnue compétente et inclusive. Et grâce à ce suivi la formation acquise par un enseignant pourrait au cours des années profiter à plusieurs enfants, ce qui serait plus raisonnable et pour tout dire, plus rentable. Et plus motivant pour les enseignants.
Le fait que ce soit toute une école qui devienne partie prenante présenterait aussi à nos yeux un autre intérêt, car c'est toute la vie de l'école qui est concernée par l'inclusion scolaire. La plupart des troubles perturbent aussi la vie sociale des enfants, entrainent des problèmes de communication et de vie de groupe, notamment en récréation. Il n'y a donc pas que des problèmes d'enseignement à prendre en compte, et c'est toute l’école qui doit s'y montrer attentive.
Le mini-regroupement permet de plus que les enfants rencontrent des camarades ayant les mêmes difficultés, ce qui peut les aider à ne pas s'enfermer dans leur isolement.
 
  Conclusion
Dans cette façon de penser l’inclusion scolaire et la formation/accompagnement des enseignants, on reste fidèle au principe de bon sens déjà énoncé, à savoir que tout le monde ne peut pas tout faire. Telle école pourrait apparaître mieux préparée à accueillir quelques  élèves autistes, et l’école voisine quelques élèves dyspraxiques…  Par rapport à tel handicap,  l’école devient de fait une école ressources où les enfants concernés peuvent plus facilement bénéficier d'un accueil et d'une pédagogie adaptés, et dont les enseignants sont reconnus et soutenus par leur administration.
Mais dès qu’on envisage des mini-regroupements, même peu nombreux, trois ou quatre dans l’année, deux difficultés administratives surgissent : celle des frais de déplacements et celle du remplacement des enseignants. Problème de formation continue, obstacle récurrent de l'inclusion scolaire.
Note ISP

28-11-16
Bref complément
J'avais terminé cette page lorsque j'ai eu l'occasion de lire "Repose en paix, formation continue", qui présente une interv ention de Jean-Paul Delahaye, ancien Inspecteur général.
Je lis notamment : « Les systèmes les plus performants sont la preuve qu’in fine, c’est le niveau de compétence des enseignants qui fait la qualité d’un système scolaire. »
(...) Rue de Grenelle, on sait que la formation continue (...) "est un levier essentiel à l’accompagnement des réformes". Mais il n’y a pas d’argent.
(...) Qu’on ne dise plus que les réformes ne sont pas mises en place sur le terrain. Elles ne sont pas accompagnées des formations qui seules pourraient aider à leur enracinement.

http://blog.francetvinfo.fr/l-instit-humeurs/2016/11/26/repose-en-paix-formation-continue.html

Pierre Baligand
Compléments
Echanges
  Questions à une conseillère ASH : reéunir les en seignants ?
Question ISP

03-11-16

Dans votre travail de conseillère ASH, auriez-vous souhaité pouvoir réunir de temps en temps les enseignants auprès de qui vous interveniez ? Avez-vous pu le faire ? Quels étaient les obstacles ?

Barbara N.
04-11-16
J'aurai aimé réunir en début d'année tous les enseignants de maternelle et élémentaire pour expliquer ce que c'est que travailler avec un élève en situation de handicap, savoir en quoi consiste le rôle des AVS. Quels sont les documents à utiliser (GEVASCO, protocole d'accompagnement, cahier de suivi...) mais ça n'a jamais pu se faire car cela aurait dû être hors temps scolaire et compliqué à organiser et sur base d'un volontariat.
J'ai pu travailler de manière individuelle ou en petit groupe via des animations pédagogiques. Sur environ 100 enseignants concernés, seulement une dizaine se sont inscrits. C'étaient ceux qui étaient déjà motivés et qui mettaient des choses en place.

  Inciter un maître à (bien) faire son travail...
Françoise

8-11-16

C'est une demande de la maman d'un enfant autiste (en Grande Section de maternelle) : existe-t-il un moyen pour encourager un maître à bien faire son travail ? Car a priori, ici il ne se passe rien durant les heures de cours...

Réponse ISP

03-14-16
Je pense qu’en effet le problème de la compétence et de l’investissement personnel des enseignants est aujourd’hui le principal problème de l’inclusion scolaire.
Si vraiment tout paraît bloqué sur place, voir s’il y a une possibilité de changer d’école. Vous pouvez à ce sujet interroger les associations de parents d'enfants autistes, pour savoir quelles "bonnes écoles" ils ont repérées. Vous avez quelques adresses d'associations sur quelques adresses - autisme. Vous verrez à cette même adresse qu'il y a aussi des listes d'échanges entre parents, listes de diffusion ou listes facebook.
Pour les enfants autistes, il y a notamment dans chaque département au moins une Unité d’Enseignement maternelle (...). Mais bien entendu, il faudrait qu’il y ait une place, que la famille n’habite pas trop loin, etc. Et puis, changer d’école en cours d’année peut soulever d’autres problèmes.
Dans l’école elle-même, que faire ?
Ce qui est prévu par les textes, c’est qu’une réflexion  puisse être menée en équipe, autour de l’enseignant, pour réfléchir aux aménagements à mettre en place ou, si l’on préfère, à la bonne attitude pédagogique. C’est le rôle de l’équipe éducative et de l’ESS (équipe de suivi de la scolarisation). Quand il y a un problème, on peut demander à l’enseignant référent qu’il organise une équipe de suivi, où enseignant, parents et partenaires vont réfléchir à ce qu’il convient de faire.
Mais sans attendre l’équipe de suivi, ne pas oublier que c’est d’abord l’enseignant et l’équipe éducative qui ont la responsabilité de mettre en œuvre le PPS.  La circulaire du 8 août dernier vient de le rappeler.
On peut donc demander au directeur de l’école qu’il organise une réunion de l’équipe éducative, à laquelle outre les parents et les enseignants sont invités les professionnels qui connaissent et qui suivent l’enfant. Le but est d’aider l’enseignant à mieux comprendre et mieux assumer la situation.
Je note qu’il y a aussi parfois des sessad qui interviennent dans l’école et qui peuvent apporter une aide en continu. Mais je ne sais pas s’il y en a qui accompagneraient des élèves autistes d’âge maternelle.
Cela, ce sont les dispositifs classiques. Mais dans mon site (voir ci-dessus) j’évoque une piste un peu différente qui serait celle de l’accompagnement des enseignants.
Dans certains départements cela commence à se faire ; ces départements mettent en place des conseillers pédagogiques ASH, qui peuvent assurer un accompagnement suivi auprès des enseignants. Voir notamment l’exemple du 93 (...)
La mère de l'enfant pourrait demander à l’IEN-ASH de son département d’envoyer sur place un conseiller pédagogique de son équipe...
Françoise

8-11-16
Dans l'immédiat, on va changer les horaires de la petite fille et la faire entrer plus tôt dans la matinée au moment des activités. D'autre part, la maman emploie maintenant une éducatrice ABA qui va enfin demander au maître ce sur quoi il va travailler afin de pouvoir avoir les pictogrammes visuels pour le planning et pour le travail à l'école. Sans son éducatrice la petite fille ne pourrait pas aller à l'école, en effet il faut la surveiller car elle n'a pas le sens des réalités...
La maîtresse de l'année dernière adaptait les aides visuelles, mais cette année le maître ne veut rien entendre, et donc c'est l'éducatrice qui va le faire... c'est dommage, mais il faut s'adapter à tout avec un enfant handicapé...
17-11-16 La maman confirme que c'est une éducatrice ABA qui accompagne tous les jours son enfant à l école en tant qu'AVS. Pour les in terventions en dehors c'est elle qui pren d l'éducatrice en charge.
Note ISP

18-11-16
Une éducatrice ABA sur un poste d'AVS, c'est certainement une idée intéressate
et pour le maître cela va dans le sens d'un "accompagnement", comme nous le préconisons...
   
Des chiffres et des statistiques
  Combien y a-t-il d'enseignants en France ?
Effectifs enseignants en 2014-2015
  Public Privé Total
dans le premier
degré public
330 496 44 034 374 530
dans le second
degré public
387 030 93 468 480 498
total 717 526 137 502 855 028
  Données du Ministère - Repères et références statistiques 2015 - pages 9.4, 9.6, 9.7 et 9.9
http://www.education.gouv.fr/cid57096/reperes-et-references-statistiques.html#Les%20personnels
   
  et combien délèves handicapés ?
  Le ministère comptabilise les élèves qui font l'objet d'un PPS.
En 2014-2015

Population scolaire totale
Elèves handicapés
en inclusion individuelle en inclusion collective
Rapport individuel
/collectif
dans le premier degré 6 788 600 103 908 1,53 % 47 504 0,70 % 70% / 30%
dans le second degré 5 497 100 75 941 1,38 % 32 588 0,59 % 70% / 30%
total   179 849   80 092    
  Données du Ministère - Repères et références statistiques 2015 - pages 3.1, 3.6, 4.1 et 4.20
  Sur la répartition par handicaps des élèves en inclusion individuelle voir : répartition par handicap
Le ministère distingue 9 catégories de handicaps.
 
Note sur la carte scolaire
  Dans le 1er degré : la sectorisation à l'école
L'affectation d'un élève dans une école maternelle ou une école élémentaire relevant de l'enseignement public obéit à la sectorisation scolaire : les élèves sont scolarisés dans l'établissement scolaire correspondant à leur lieu de résidence.
Certaines communes possédant plusieurs écoles maternelles et élémentaires établissent une sectorisation scolaire. Le territoire communal est découpé en plusieurs secteurs. Les habitants doivent inscrire leurs enfants dans l'école située dans leur secteur.
Une dérogation à la sectorisation scolaire peut être accordée, à titre exceptionnel, par le maire de la commune. Elle permet à un enfant d'être admis dans une école maternelle ou élémentaire qui n'est pas celle correspondant à son lieu d'habitation.
http://www.education.gouv.fr/cid73/qu-est-que-sectorisation-ecole.html
  Dans le 2d degré
Dans le second degré, choisir son établissement scolaire est parfois possible
La carte scolaire permet l’affectation d'un élève dans un collège ou un lycée général ou technologique correspondant à son lieu de résidence. Toutefois, chaque famille a la possibilité de formuler une demande de dérogation afin que son enfant soit scolarisé dans un établissement de son choix.
  http://www.education.gouv.fr/cid5509/le-fonctionnement-de-la-carte-scolaire.html
Décret n°2012-16 du 5 janvier 2012 - art. 7 (VD) - Code de l'Education D211-11
La demande de dérogation doit être adressée au directeur académique des services de l'éducation nationale (DASEN).
(Voir : adresses des DASEN)
Les demandes de dérogation sont satisfaites dans la limite de la capacité d'accueil des établissements. Si le nombre des demandes pour un établissement dépasse ses capacités d'accueil, le directeur académique des services de l'éducation nationale accorde les dérogations selon l'ordre indicatif suivant :
  • les élèves handicapés
  • les élèves bénéficiant d'une prise en charge médicale importante à proximité de l'établissement demandé
  • etc.
     
Mise à jour 20/10/15



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