INTEGRATION
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AUTISME ET SCOLARISATION
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UNE ORTHOPHONISTE DANS LA CLIS/SESSAD

 

Témoignage
Ce point de vue d'une orthophoniste aurait pu trouver sa place dans la présentation de la clis de Châtelaillon, tant les points de vue de ceux qui travaillents auprès des enfants autistes dans le cadre des clis/sessaed se rejoignent. Nous remercions Mme Motet-Fèvre de nous avoir autorisé à la reproduire.
Le sessad, partenaire privilégié de la clis
Je suis pour ma part orthophoniste et travaille au sein d'un Sessad qui est le partenaire privilégié de deux clis et une upi pour enfants et adolescents atteints d'autisme. Concrétement, les classes accueillent chacune 5 élèves, sont encadrées par un enseignant (normalement spécialisé, education nationale) et une éducatrice spécialisée (sessad), à temps plein tous deux, parfois d'une auxiliaire d'intégration.Le plateau technique du sessad est composé d'une directrice, d'un pédopsychiatre, d'une psychologue, d'une psychomotricienne, de personnel administratif, et d'une orthohoniste (moi). Pour ma part, j'interviens auprès de tous les enfants, en séance individuelle et en plus pour certains en petits groupes, sur le temps scolaire et dans les écoles où sont implantées les classes.

Armelle MOTET-FEVRE
orthophiste
(92)

juillet 04


Un projet éducatif individualisé
Pour ce qui est du niveau des enfants, ils sont tous autistes (diagnostic fait avec la DSM 4 ou CIM 10), avec une déficience mentale qui va de légère à moyenne, non verbaux ou verbaux. Tous les enfants sont logiquement adressés par la CDES et le Sessad peut refuser une candidature, si le profil de l'enfant ne semble pas pouvoir bénéficier de l'intégration dans l'école (troubles du comportement ++, automutilation sévère, déficience mentale sévère...). Les critères d'admission retenus sont les suivants : âge de développement de 24 mois au moment de l'admission, propreté acquise ou en cours d'acquisition, pas de problème de déplacement, les classes étant en étage. Avant l'admission, chaque enfant est évalué par le PEP (soit à l'extérieur, soit au sein du service quand cela n'a pu être fait). Cette évaluation permet d'avoir une idée du profil de l'enfant. Si il entre dans le service, chaque intervenant fera ensuite une évaluation dans son domaine (pédagogique, éducatif, soins, autonomie ...).Avec toutes ces données et des temps d'observation, l'équipe élabore un projet éducatif individualisé qui sera ensuite révisé avec la famille deux fois par an.

Insister sur l'autonomie
Voilà pour la théorie. Dans l'ensemble nous tenons ces objectifs de mise en place de stratégies adaptées. J'ai oublié de dire que par choix théorique nous nous inspirons du programme TEACCH et mettons en oeuvre autant que nous le pouvons les stratégies et les principes d'éducation structurée adaptées bien sûr aux spécificités de l'autisme. Ce qui est difficile d'évaluer, c'est l'évolution à moyen terme des jeunes. Ils béné ficient tous, assez rapidement, de la structuration visuelle mise en place dans les classes, des emplois du temps, du répérage spatial. Et dans l'en semble, ils s'apaisent et prennent part peu à peu à la vie du groupe et de l'école. Sur le plan cognitif, les progrès sont très différents d'un enfant à l'autre et parfois on plafonne assez vite. Les niveaux scolaires se situent pour la plupart autour des classes de maternelles et bien sûr pas de façon homogène. Quelques enfants ont dans certains domaines un niveau de CP voire CE1, avec le plus souvent un niveau bien plus bas en autonomie et "vie sociale". Le travail d'équipe permet normalement d'insister sur l'autonomie ce qui est finalement le plus important pour leur vie d'adulte.

L'implication des familles
Ce qui n'est pas évident également, c'est d'évaluer le degré d'implication des familles et leur possibilité à travailler en partenariat. Les attentes des familles ne sont pas toujours réalistes....L'intégration des élèves dans des classes ordinaires n'est pas une fin en soi. Là encore, certains parents misent beaucoup trop sur ces temps d'intégration. Ils en attendent de vrais apprentissages, comme pour les enfants ordinaires. Cela est rarement aussi simple , en tout cas avec les enfants que nous recevons ( tous déficients mentaux). A mon sens, l'intégration est surtout intéressante pour son aspect social; pouvoir supporter le groupe, suivre une consigne collective, se repérer...Cela implique, je crois, que l'apprentissage cognitif à proprement parlé soit fait en amont, l'énergie de l'enfant devant aller plutôt vers l'aspect social. Nous profitons également de temps d'intégration en groupe tel que danse, chant, sport etc... et de plus en plus, nous travaillons dans le sens d'une participation de notre classe à la vie de l'école, comme un groupe classe (fête de l'école, ateliers). Nous observons un changement dans le regard de la communauté scolaire (qui était déjà bienveillant). Adultes et enfants se rendent compte peu à peu que nos élèves sont capables de faire des choses et commencent à comprendre l'intérêt des stratégies "si bizarres" que nous mettons en place.
Bref, tout ceci est passionnant, épuisant mais très riche humainement. Tenez bon. Les clis bien réfléchies sont bénéfiques à tous, autistes et "neurotypiques" à la condition d'une réflexion bien menée, d'une bonne connaissance du handicap, de beaucoup d'energie et d'enthousiasme. Et bien sûr, ce n'est pas la solution pour tous les autistes. Il ne faut ni se leurrer, ni leurrer les parents... .
Mise à jour : 11/08/04

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