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LA FORMATION DES ENSEIGNANTS
présentation

Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page741.htm

 

Quelques réflexions sur le rcrutement et le statut

des Enseignants spécialisés

1. Les difficultés du côté de l'administration

Envoyer un enseignant en formation spécialisée signifie pour un Inspecteur d'Académie (DASERN) :

- premièrement, y consacrer un poste de professeur des écoles pris sur le contingent global du département. Il y faut donc une certaine volonté politique.

- et, deuxièmement, y consacrer une part de son budget de formation.

 

Au 1er janvier 97, en effet, le ministère a entrepris, pour le malheur de l'AIS, de décentraliser une partie de sa gestion financière, notamment en ce domaine, alors que jusque là les stagiaires en formation capsais étaient pris en charge directement par le ministère.
(Nouvelle constitution financièrede l'Etat et mise en œuvre de la loi organique relative aux lois de finances (LOLF)).

On s'est efforcé depuis, souvent sous l'impulsion des IEN-AIS, de mettre en place dans les départements des formations à distance (dispensées notamment par le CNEFEI de Suresnes)...
la mise en place du CAPA-SH, qui a précédé le CAPPEI, a été l'occasion ou le prétexte pour ramener le temps de la formation spécialisée de un an à six mois (une année en alternance).
 

2. Les difficultés du côté des enseignants

- Du côté des enseignants, le coup le plus rude porté à l'enseignement spécialisé fut la mise en place du statut de professeur des écoles.

Jusque là en effet les instituteurs spécialisés bénéficiaient d'une valorisation indiciaire non négligeable, bien méritée au vu des efforts qu'ils avaient consentis : partir une année en formation spéciale parfois loin de leur domicile, et accepter au retour une classe généralement difficile, intéressante certes mais souvent peu gratifiante dans le cursus ordinaire d'un instituteur. Avec le statut de professeur des écoles, tous les instituteurs ont obtenu une revalorisation qui rejoignait celle des enseignants spécialisés, alors que ceux-ci ne conservaient qu'une revalorisation différentielle minime, et insuffisante pour être incitative (15 points d'indice, soit environ 65 Euros par mois). (Le point d'indice étant à 4,37 Euros au 01/12/02).

On fera observer aussi que de tout temps ont été nommés sur des postes spécialisés des enseignants qui ne l'étaient pas eux-mêmes, et que de fait nombre d'entre eux ont découvert ainsi l'enseignement spécialisé et ont choisi par la suite de s'y consacrer.
 

En conclusion

On souhaiterait que le ministère, au-delà des déclarations exhortatives sur les enfants handicapés, sur les droits des familles ou sur l'ouverture de l'école, se montre plus simplement attentif aux problèmes concrets dans la gestion de son administration. La décentralisation, par exemple, exigerait que le pouvoir central fasse preuve d'une particulière vigilance à l'égard des pratiques départementales vis à vis des plus défavorisés.

Comme l'observe M. Jean-Pierre Raffarin : "La République rassemble l'ensemble des citoyens, alors que la démocratie donne la priorité à la majorité sur la minorité. Et la République garantit à la minorité, ce que ne fait pas forcément la démocratie, des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité..." (Dans "La Vie" n° 2959 du 16 mai 2002, page 28).
  
Le manque d'enseignants spécialisés...

témoignage
d'une maman

février 04

Ma fille a fait 2 ans de Clis3 (déficience visuelle) conduite par une maîtresse hyper-compétente possédant le CAPSAIS et en même temps a subi une intégration sur 3 1/2 journées avec des maîtres qui ne comprenaient pas ses troubles neuro-cognitifs et la laissaient de côté.
La vue de ma fille a progressé, exit la CLIS3 et le SAAAIS ; on m'a proposé (le service de soin, la cdes) une réorientation en CLIS4 (deficients moteurs) puisqu'elle a des séquelles neurologiques dues à sa grande prématurité ; j'ai accepté mais que pouvais-je faire d'autre ?
Les soins sont excellents : ergo + kiné+orthophonie et ma fille progresse encore
Mais les maîtresses de la clis ne sont pas formées : la première est partie à la fin du 1er trimestre, la seconde part en stage 3 semaines en mars et sera remplacée par un(e) stagiaire IUFM
Elles restent en surface du handicap, proposent un enseignement de niveau CP, parce que ma fille lit très laborieusement à haute voix (dysphasie) et n'a pas la capacité d'écrire (dyspraxies) alors qu'elle a acquis un bon niveau de lecture silencieuse et se débrouille, paradoxalement, en maths.
La maîtresse elle-même a reconnu que sa clis4, enfants plus jeunes, plus handicapés, n'était pas stimulante pour ma fille ; elle a reconnu la necessité d'une AVS ; elle a reconnu des capacités mais continue à faire du CP alors que par le CNED à la maison, on en est à reconnaître (CE2) les temps de la description et du récit (imparfait-passé simple) et que les résultats des devoirs par correspondance sont de niveau 2.
Sur la CLIS4, pas plus d'enseignant formé l'an prochain.
Les enfants qui y vont se lèvent très tôt le matin, jusqu'à 2 H de taxi par jour pour un enseignement qui devrait être spécialisé et qui ne l'est pas.
Et on parle de l'intégration de la personne handicapée ???
J'ai un seul salaire pour élever mes 2 enfants, impossible de m'arrêter pour scolariser ma fille à domicile
Je passe mon temps à me battre contre une institution qui est la mienne, puisque je suis enseignante en public.
J'ai cru à l'intégration, aux CLIS, au PIIS, en tant qu'enseignante, je les ai défendus ; j'ai cru que ma fille y trouverait un avenir scolaire : je n'y crois plus. J'ai demandé une réintégration avec AVS dans une classe ordinaire et si possible dans notre commune. Mais pas d'AVS avant l'année prochaine...



Note ISP
Un des gros problèmes est évidemment celui de la formation des maîtres spécialisés. Cela demande des postes, pour l'envoi en formation, c'est un problème de carte scolaire et c'est souvent une procédure qui échappe aux familles. Il faut bien sûr de véritables des clis spécifiques mais aussi que toutes les clis soient relativement homogènes... Il faudrait une véritable formation continue des enseignants spécialisés.
Une meilleure intégration de la clis dans l'école devrait persmettre aussi aux enseignants spécialisés de ne pas perdre de vue le niveau scolaire des autres classes...
  
Des instituteurs dévoués et/ou compétents ?
à une internaute
qui écrit
L'instit de M. n'est pas spécialisé mais fait un boulot remarquable, je crois que l'essentiel est d'avoir des instits motivés !!!


Nathalie Tastet
institutrice spécialisée
répond

(16/10/02)

 

 

Des instits motivés c'est essentiel, mais le top du top reste quand même les instits motivés spécialisés. J'en parle d'expérience : après 5 ans passés à travailler en tant qu'enseignante "motivée" avec des enfants handicapés, j'ai enfin réussi à bénéficier de la formation CAAPSAIS (Certificat d'Aptitudes aux Actions pédagogiques spécialisées pour l'Adaptation et l'Intégration Scolaire, pour ceux qui voudraient savoir) . Eh bien, je suis ravie, j'apprends des tas de choses que je vais pouvoir réinvestir auprès des enfants l'année prochaine et je trouve ça génial ! Evidemment, il faut se remettre plutôt intensément aux études pendant un an, passer deux examens à la fin de l'année puis enfin accepter d'être évalué sur le terrain durant toute l'année d'après (pour gagner à peine 70 € de plus par mois !) , mais ça vaut le coup, croyez moi, les enfants et leurs parents en seront les premiers bénéficiaires !
  
Il n'y a pas que les instituteurs... !

04/09/02
"Mon fils a fait sa rentrée en CLIS pour la dernière année. Et cette année encore il n'y a pas d'instit spécialisé affecté à cette classe !"

Réponse d'une mère
04/09/02

Un point de vue relativement positif :
"La clis ou ma fille a fait sa primaire, les institutrices étaient spécialisées mais non formées à l'autisme, sauf la première... Les institutrices se forment en cours d'années avec les stages EDI-Formation. Par contre la clis fonctionne avec, pour aider l'instit., des éducatrices qui elles sont spécialisées en autisme. Cela fait la deuxième année qu' Elodie est au collège en UPI et là de même, l'institutrice l'an dernier était nouvelle, donc en cours d'année formation, mais elle avait une éducatrice spécialisé en autisme. Nous avons également la chance d'avoir des personnes formés et avec une grande expérience dans l'autisme qui les aident ainsi que les familles. La clis et l'UPI sont uniquement pour les enfants et ados autistes."
(M., liste autisme )

Mise à jour : 01/02/05


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