LES
ENSEIGNANTS SPÉCIALISÉS |
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LES
ENSEIGNANTS SPÉCIALISÉS
2.
Recrutement et statut
|
Le
chapitre "Les enseignants spécialisés" est composé
de deux pages |
| | è
1.Formations
spécialisées (CAPA-SH et 2CA-SH) et statistiques
... ..2. Recrutement et statut |
1.
Les
difficultés du côté de l'administration
Envoyer
un enseignant en formation spécialisée signifie pour un Inspecteur
d'Académie : |
| -
premièrement, y consacrer un poste de professeur
des écoles pris sur le contingent global du département.
Il y faut donc une certaine volonté politique. |
| | La
lecture de la presse au moment où sont publiés les résultats
des travaux dits de "carte scolaire", c'est-à-dire l'annonce
de la répartition des postes par l'inspecteur d'académie pour la
rentrée suivante, montre que parents et élus se focalisent sur les
ouvertures et les fermetures de classes et ne se mobilisent pas en faveur des
postes réservés à l'envoi d'enseignants en formation spécialisée. |
En
général, les départements ont (ou avaient) un petit contingent
de postes réservés à la formation, qui était reconduit
d'une année sur l'autre, et qui ne se remarquait pas trop dans la carte
scolaire... Les envois en formation correspondaient plus ou moins aux besoins,
compensaient au moins les départs en retraite... Mais la tentation est
grande de puiser dans ce contingent au bénéfice d'autres emplois
d'enseignants. - et, deuxièmement, y consacrer
une part de son budget de formation. Or,
au 1er janvier 97, le ministère a entrepris, pour le malheur de l'AIS,
de décentraliser une partie de sa gestion financière, notamment
en ce domaine. |
| Jusque là,
en effet, les stagiaires en formation capsais étaient pris en charge directement
par le ministère (transport, hébergement, indemnités journalières...).
A partir de cette date, les frais liés à la formation ont été
transférés aux Inspecteurs d'académie, auxquels ont été
alloués bien sûr les budgets correspondants. Ces budgets globalisés
dont disposent aujourd'hui les inspecteurs d'académie, comprenaient donc
une part importante pour les formations spécialisées et une part
relativement moins importantes pour la formation continue ordinaire des enseignants,
formation dispensée sur place dans les IUFM et qui n'entraîne donc
pas les mêmes frais. Mais progressivement, dans le cadre de cette globalisation,
les inspecteurs d'académie, avec l'aval des CTP, - c'est à dire
avec l'aval des représentants des personnels, - en sont venus à
réduire la part des formations spécialisées et le nombre
de candidats qu'ils envoyaient en stage de préparation du CAPSAIS. Or on
arrivait dans des années où les départs en retraite de personnels
spécialisés étaient particulièrement nombreux. |
| | Et
depuis 2001, la nouvelle constitution financièrede l'Etat et la
mise en uvre de la loi organique relative aux lois
de finances (LOLF) n'ont rien arrangé, bien au contraire, en
accroissant les responsabilités des recteurs et des inspecteurs d'académie
tout en les soumettant à une forte pression en vue de la limitation des
dépenses. Voir par exemple, en cherchant "lolf" sur google,
http://www.ladocfrancaise.gouv.fr/dossier_actualite/constitution_financiere/index.shtml ou
http://www.ac-orleans-tours.fr/rectorat/gestion/default.htm
|
| On
s'est efforcé depuis, souvent sous l'impulsion des IEN-AIS, de mettre en
place dans les départements des formations à distance (dispensées
notamment par le CNEFEI de Suresnes) et en cours d'emploi, en accordant aux professeurs
des écoles nommés sans formation sur des postes d'enseignants spécialisés
quelques avantages (par exemple une journée de congé par semaine)
et quelques regroupements annuels (par exemple une ou deux semaines de stages)
pour préparer le CAPSAIS... Encore faut-il vouloir préparer ce diplôme,
en vue de rester plus tard sur ces postes... |
| Et
finalement, la mise en place du CAPA-SH a été l'occasion ou le prétexte
pour ramener le temps de la formation spécialisée de un an à
six mois (une année en alternance). |
| | |
2.
Les
difficultés du côté des enseignants -
Du côté des enseignants, le coup le plus rude porté à
l'enseignement spécialisé fut la mise en
place du statut de professeur des écoles. |
Jusque
là en effet les instituteurs spécialisés bénéficiaient
d'une valorisation indiciaire non négligeable, bien méritée
au vu des efforts qu'ils avaient consentis : partir une année en formation
spéciale parfois loin de leur domicile, et accepter au retour une classe
généralement difficile, intéressante certes mais souvent
peu gratifiante dans le cursus ordinaire d'un instituteur. Avec le statut de professeur
des écoles, tous les instituteurs ont obtenu une revalorisation qui rejoignait
celle des enseignants spécialisés, alors que ceux-ci ne conservaient
qu'une revalorisation différentielle minime, et insuffisante pour être
incitative (15 points d'indice, soit environ 65 Euros par mois). (Le point d'indice
étant à 4,37 Euros au 01/12/02). - On
notera aussi que les contraintes varient en fonction des différentes options
du capsais (devenu capa-sh), et que vus sous cet angle le
capsais D reste le moins attractif : les capsais A, B et C concernent
des publics très particuliers, qui suscitent des vocations (enfants sourds,
aveugles, handicapés moteur...) ; les titulaires des capsais E et G, devenus
maîtres d'adaptation ou rééducateurs, n'interviennent auprès
des enfants que sous forme individuelle ou en très petits groupes, et n'ont
plus la charge d'une classe ; le capsais F concerne les segpa, où les enseignants
ont un statut plus avantageux. Dans ce tableau, le capsais D fait figure de parent
pauvre, il est devenu le capsais qui suscite le moins de candidatures. -
On ajoutera encore que les maîtres D ressentent
un abandon certain de la part de leur administration en ce qui concerne la formation
continuée. Les maîtres "ordinaires" bénéficient
de journées ou de demi-journées d'animation pédagogique de
la part de leurs inspecteurs et de stages de formation continue organisés
par les IUFM. Or les maîtres D titulaires d'un poste en CLIS dépendent
le plus souvent d'un inspecteur de circonscription non spécialisé
plutôt que de l'IEN-AIS de leur département, quant aux IUFM, leur
intérêt vis à vis de l'AIS et leurs compétences sont
très diverses. Les maîtres des clis, qui auraient
besoin plus que tout autre de rencontres d'information et d'échanges, (*)
d'autant qu'ils sont presque toujours seuls de leur spécialité au
sein de leur école, ressentent un isolement certain et ont le sentiment
de ne pas être reconnus. |
| (*)
C'est dans le domaine des troubles du comportement que tous rencontrent aujourd'hui
les plus grandes difficultés. |
| Ainsi,
les inspecteurs d'académie en sont réduits à nommer sur ces
postes soit des enseignants venus d'un autre département et à qui
on a accordé leur ineat sous condition qu'ils acceptent un de ces postes
(1), soit encore un nouveau professeur des écoles dès sa sortie
de l'IUFM, (bien qu'une circulaire du ministère ait recommandé de
ne pas le faire) (2), ou plus gravement encore, un "liste supplémentaire",
c'est à dire un candidat qui a échoué au concours d'entrée
en IUFM et qui a été inscrit en liste supplémentaire. Ce
candidat sans défense sera donc nommé, sans formation ni sans expérience,
sur un poste particulièrement délicat. En échange de quoi
il pourra entrer à l'IUFM à la rentrée suivante, sans devoir
repasser le concours d'entrée. |
| (1)
Mais ces maîtres, après avoir cédé au chantage pour
obtenir leur ineat, demandent leur changement à la fin de l'année
scolaire, ce qui ne favorise pas la constitution d'équipes. Certains accumulent
les congés de maladie durant cette année de purgatoire. |
| (2)
On ajoutera, pour être juste, que de nos jours, que les nouveaux professeurs
des écoles sont plus âgés que les anciens instituteurs et
que certains ont déjà acquis soit des formations qui les rapprochent
de ce secteur soit des expériences dans le domaine de l'éducation.
On fera observer aussi que de tout temps ont été nommés sur
des postes spécialisés des enseignants qui ne l'étaient pas
eux-mêmes, et que de fait nombre d'entre eux ont découvert ainsi
l'enseignement spécialisé et ont choisi par la suite de s'y consacrer.
Mais il s'agissait alors d'enseignants qui avaient déjà une certaine
expérience et une certaine pratique du métier, ce qui est très
différent. |
| | |
En
conclusion On souhaiterait que le ministère,
au-delà des déclarations exhortatives sur les enfants handicapés,
sur les droits des familles ou sur l'ouverture de l'école, se montre plus
simplement attentif aux problèmes concrets dans la gestion de son administration.
La décentralisation, par exemple, exigerait que le pouvoir central fasse
preuve d'une particulière vigilance à l'égard des pratiques
départementales vis à vis des plus défavorisés (3).
|
| On souhaiterait aussi
que les inspecteurs d'académie et les représentants du personnels
(4) se montrent un peu plus courageux au moment de la carte scolaire et au moment
des affectations. |
| (3)
Comme l'observe M. Jean-Pierre Raffarin : "La République rassemble
l'ensemble des citoyens, alors que la démocratie donne la priorité
à la majorité sur la minorité. Et la République garantit
à la minorité, ce que ne fait pas forcément la démocratie,
des valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité..."
(Dans "La Vie" n° 2959 du 16 mai 2002, page 28). |
| (4)
Mais les représentants des personnels ne prétendent pas être
les représentants des familles et des élèves ! |
| | |
 |
| | Questions
à poser... ·
Combien y a-t-il de postes D dans le département ? · Combien
de ces postes sont-ils tenus par des instituteurs spécialisés ?
· Combien y a-t-il d'instituteurs qui préparent actuellement le
CAPA SH D ? |
|
| | |
| Le
manque d'enseignants spécialisés... |

témoignage
d'une maman février
04 | Ma fille a fait 2 ans de Clis3 (déficience
visuelle) conduite par une maîtresse hyper-compétente possédant
le CAPSAIS et en même temps a subi une intégration sur 3 1/2 journées
avec des maîtres qui ne comprenaient pas ses troubles neuro-cognitifs et
la laissaient de côté. |
| La
vue de ma fille a progressé, exit la CLIS3 et le SAAAIS ; on m'a proposé
(le service de soin, la cdes) une réorientation en CLIS4 (deficients moteurs)
puisqu'elle a des séquelles neurologiques dues à sa grande prématurité
; j'ai accepté mais que pouvais-je faire d'autre ? |
| Les
soins sont excellents : ergo + kiné+orthophonie et ma fille progresse encore |
| Mais
les maîtresses de la clis ne sont pas formées : la première
est partie à la fin du 1er trimestre, la seconde part en stage 3 semaines
en mars et sera remplacée par un(e) stagiaire IUFM |
Elles
restent en surface du handicap, proposent un enseignement de niveau CP, parce
que ma fille lit très laborieusement à haute voix (dysphasie) et
n'a pas la capacité d'écrire (dyspraxies) alors qu'elle a acquis
un bon niveau de lecture silencieuse et se débrouille, paradoxalement,
en maths. |
| La maîtresse
elle-même a reconnu que sa clis4, enfants plus jeunes, plus handicapés,
n'était pas stimulante pour ma fille ; elle a reconnu la necessité
d'une AVS ; elle a reconnu des capacités mais continue à faire du
CP alors que par le CNED à la maison, on en est à reconnaître
(CE2) les temps de la description et du récit (imparfait-passé simple)
et que les résultats des devoirs par correspondance sont de niveau 2. |
| Sur
la CLIS4, pas plus d'enseignant formé l'an prochain. |
| Les
enfants qui y vont se lèvent très tôt le matin, jusqu'à
2 H de taxi par jour pour un enseignement qui devrait être spécialisé
et qui ne l'est pas. |
| Et
on parle de l'intégration de la personne handicapée ??? |
| J'ai
un seul salaire pour élever mes 2 enfants, impossible de m'arrêter
pour scolariser ma fille à domicile |
| Je
passe mon temps à me battre contre une institution qui est la mienne, puisque
je suis enseignante en public. |
| J'ai
cru à l'intégration, aux CLIS, au PIIS, en tant qu'enseignante,
je les ai défendus ; j'ai cru que ma fille y trouverait un avenir scolaire
: je n'y crois plus. J'ai demandé une réintégration avec
AVS dans une classe ordinaire et si possible dans notre commune. Mais pas d'AVS
avant l'année prochaine... |
Note
ISP
| Dans
ce site aussi nous avons toujours cherché à expliquer les dispositifs
mis en place par l'éducation nationale et à défendre les
enseignants. Mais on se heurte tout de même, et trop fréquemment,
à des situations indéfendables... |
| Un
des gros problèmes est évidemment celui de la formation des maîtres
spécialisés. Cela demande des postes, pour l'envoi en formation,
c'est un problème de carte scolaire et c'est souvent une procédure
qui échappe aux familles. Il faut bien sûr de véritables des
clis spécifiques mais aussi que toutes les clis soient relativement homogènes...
Il faudrait une véritable formation continue des enseignants spécialisés.
|
| Une
meilleure intégration de la clis dans l'école devrait persmettre
aussi aux enseignants spécialisés de ne pas perdre de vue le niveau
scolaire des autres classes... |
| | |
| Des
instituteurs dévoués et/ou compétents ? |
| à
une internaute qui écrit | L'instit
de M. n'est pas spécialisé mais fait un boulot remarquable, je crois
que l'essentiel est d'avoir des instits motivés !!! |
| Nathalie
Tastet institutrice spécialisée répond
(16/10/02)
| Des
instits motivés c'est essentiel, mais le top du top reste quand même
les instits motivés spécialisés. J'en parle d'expérience
: après 5 ans passés à travailler en tant qu'enseignante
"motivée" avec des enfants handicapés, j'ai enfin réussi
à bénéficier de la formation CAAPSAIS (Certificat d'Aptitudes
aux Actions pédagogiques spécialisées pour l'Adaptation et
l'Intégration Scolaire, pour ceux qui voudraient savoir) . Eh bien, je
suis ravie, j'apprends des tas de choses que je vais pouvoir réinvestir
auprès des enfants l'année prochaine et je trouve ça génial
! Evidemment, il faut se remettre plutôt intensément aux études
pendant un an, passer deux examens à la fin de l'année puis enfin
accepter d'être évalué sur le terrain durant toute l'année
d'après (pour gagner à peine 70 € de plus par mois !) , mais
ça vaut le coup, croyez moi, les enfants et leurs parents en seront les
premiers bénéficiaires ! |
| | |
| Il
n'y a pas que les instituteurs... ! |
04/09/02 | "Mon
fils a fait sa rentrée en CLIS pour la dernière année. Et
cette année encore il n'y a pas d'instit spécialisé affecté
à cette classe !" |

Réponse
d'une mère 04/09/02 | Un
point de vue relativement positif : "La
clis ou ma fille a fait sa primaire, les institutrices étaient spécialisées
mais non formées à l'autisme, sauf la première... Les institutrices
se forment en cours d'années avec les stages EDI-Formation. Par contre
la clis fonctionne avec, pour aider l'instit., des éducatrices qui elles
sont spécialisées en autisme. Cela fait la deuxième année
qu' Elodie est au collège en UPI et là de même, l'institutrice
l'an dernier était nouvelle, donc en cours d'année formation, mais
elle avait une éducatrice spécialisé en autisme. Nous avons
également la chance d'avoir des personnes formés et avec une grande
expérience dans l'autisme qui les aident ainsi que les familles. La clis
et l'UPI sont uniquement pour les enfants et ados autistes." (M.,
liste autisme ) |
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