|
||||||||||
présentation | ||||||||||
Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page191.htm | ||||||||||
|
UNE
ÉDUCATRICE DANS LA CLASSE
2. SPÉCIFICITÉ ET COMPLÉMENTARITÉ DES RÔLES DE L'INSTITUTRICE ET DE L'ÉDUCATRICE SPÉCIALISÉE |
||||||||||
|
Un
exemple de travail partenarial avec un SESSAD | ||||||||||
| ||||||||||
| DEUXIÊME PARTIE LE POINT DE VUE DE L'ÉDUCATRICE | ||||||||||
| Cette deuxième année n'a pas connu de changement en ce qui concerne l'effectif de la classe, soit 10 enfants de 7 à 12 ans (4 filles et 6 garçons ). Après un bilan positif en fin d'année scolaire 2000, le fonctionnement en partenariat éducation nationale - éducation spécialisé a donc repris en septembre, avec toutefois une intensification de la spécificité des deux intervenantes principales : l'institutrice et moi même (...).Cette deuxième année n'a pas connu de changement en ce qui concerne l'effectif de la classe, soit 10 enfants de 7 à 12 ans (4 filles et 6 garçons ). Après un bilan positif en fin d'année scolaire 2000, le fonctionnement en partenariat éducation nationale - éducation spécialisé a donc repris en septembre, avec toutefois une intensification de la spécificité des deux intervenantes principales : l'institutrice et moi même (...).
| ||||||||||
| ||||||||||
|
| ||||||||||
| L'intérêt de l'éclatement du groupe en deux salles différentes porte essentiellement sur un sentiment de confort et de détente des jeunes comme des adultes. En effet, nous avons très vite pu constater différentes modifications dans le comportement des jeunes : - Moins de dispersion. Les enfants n'ont
plus la possibilité de se laisser distraire par l'autre groupe, d'écouter
où de regarder ce qu'ils font. |
| |||||||||
|
La répartition du groupe dans les 2 salles nécessite une bonne cohésion et surtout un échange constant entre les 2 intervenants principaux: (soit l'institutrice et moi même). En effet, lorsque l'on est dans la même classe, et même si cette " cohabitation " n'est pas confortable, cela nous permet un regard sur le travail fait par la partenaire. Ceci facilite le lien entre le travail de l'institutrice et celui de l'éducatrice qui peuvent ainsi ajuster leur projet. En ce qui concerne la clis-sessad d'Anatole France, le problème ne se pose pas, car conscientes de ce besoin d'échanges, nous savons prendre le temps de communiquer nos progressions et nos projets, ainsi que de nous renseigner ce qui est fait avec les enfants.
| ||||||||||
| 3. Les activités éducatives |
| |||||||||
Cette deuxième année de fonctionnement en équipe avec l'institutrice m'a permis de cerner encore mieux la spécificité de mon intervention et le degré de complémentarité qu'elle pouvait atteindre. Ainsi, je n'assure plus d'activités pré-scolaires proprement dites. Je n'ai pas de cahier de réussite avec des fiches de travail. Ce choix a été fait afin de garder bien distinctes nos interventions d'une part, mais aussi de permettre aux enfants, en échec scolaire pour la plupart, de faire une véritable coupure dans la journée par rapport au scolaire. Avec moi, ils ne travaillent pas à leur bureau avec un cahier et un crayon : cela leur permet de mieux gérer l'instabilité et d'être plus disponibles avec l'institutrice. Je travaille sous forme d'ateliers mis en place en début d'année en fonction des projets des enfants. | ||||||||||
| ||||||||||
|
| ||||||||||
| 5. Les repas et les récréations |
| |||||||||
|
Les temps de récréation sont répartis sur le même mode que l'an passé et mon intervention reste la même ainsi que pendant l'inter-classe où je propose toujours des activités. | ||||||||||
| 6. La gestion du temps libre |
| |||||||||
|
| ||||||||||
| 7. L'auto-évaluation |
| |||||||||
Cette année nous avons également mis en place pour les enfants un système d'auto-évaluation afin de les aider à se prendre en charge et à être partie prenante de leur projet d'évaluation. Chacun s'est vu remettre une petite bouteille qu'il a personnalisée et qu'il a posée sur une étagère afin de pouvoir être consultée n'importe quand. En fonction des problèmes de chacun et après discussion en groupe, un objectif de "bonne conduite" a été retenu pour tous les enfants de manière individuelle. Ces "défis" portent essentiellement sur les problèmes de comportement qu ils rencontrent au quotidien. Chaque fin de semaine, nous faisons ensemble le bilan. Le jeune s'évalue lui même puis la parole est donnée a ses camarades qui apportent alors leur critique. Les résultats sont matérialisés par du sable de couleur avec lequel les enfants remplissent leur bouteille. Le sable rouge indique un échec total, le orange, un " mieux ", mais qui reste à améliorer, et le vert signifie que l'objectif est atteint. Un nouveau défi peut alors être envisagé. Ce procédé est particulièrement intéressant puisque nous avons vu des enfants se prendre en charge et essayer de mettre tout en oeuvre pour avoir le sable vert. Ils sont capables alors de reconnaître leur difficultés et d'être très critiques les uns envers les autres y compris pour eux mêmes. Le plus gros problème est de gérer cela au quotidien. Notre rôle à ce moment là est de leur rappeler leur engagement. Les enfants attendent ce bilan hebdomadaire et le demandent. C'est pour nous un "plus" vers une plus grande estime d'eux mêmes et la diminution de leurs problèmes de comportement. | ||||||||||
| 8. Les intégrations et le tutorat |
| |||||||||
|
Cette année, aussi, l'intégration s'est
faite dans les deux sens, soit également de l'école vers la clis.
En effet, un jeune de CE l participe à certains de nos ateliers : peinture,
mini tennis et terre, le projet étant de réguler son instabilité
et de lui permettre des "pauses" dans son programme scolaire. Le choix
des ateliers, quant à lui, a été fait en fonction de ses
lacunes (manque de propreté, d'intérêt dans son travail, problèmes
de repère et de concentration). Cette expérience s'avère
intéressante pour certains jeunes dont les problèmes de comportement
sont tels qu'ils sont ingérables dans une classe trop importante avec des
règles trop lourdes pour eux : rester assis toute une journée leur
est impossible. De plus, là encore, un phénomène de démystification
s'est fait autour de la clis. | ||||||||||
| 9. Réflexions personnelles sur le travail d'un éducateur en clis/sessad
| ||||||||||
| Cette expérience de travail en partenariat avec l'éducation nationale est fort enrichissante. Une des premières choses qu'il faut retenir, c'est cette ouverture vers l'extérieur. En effet, il faut bien reconnaître que nous travaillons souvent en circuit fermé dans les IME, même si nous allons beaucoup vers les autres. Nos interlocuteurs principaux sont principalement des éducateurs ou des travailleurs sociaux et notre largeur d'esprit s'en trouve un peu restreinte. Nous oublions peut-être un peu facilement et sans nous en rendre compte, la norme sociale. Je pense que cela joue parfois en la défaveur des jeunes dont nous avons la charge, car nous les considérons toujours trop par rapport à leur handicap. Vivre parmi les autres pousse nos jeunes à être comme les autres et nous amène à les considérer de façon positive, même si retard il y a. Cette situation permet un recul nécessaire pour la prise en charge des jeunes, chose qu'il nous est parfois difficile à faire dans les IME. Il faut leur faire confiance et ne pas les surprotéger. Inversement, il ne faut pas oublier pour autant leur déficience afin de ne pas les mettre en danger ni en échec constant. Notre rôle est d'autant plus intéressant qu'il nous amène sans arrêt à réfléchir et à ajuster nos projets. Les échanges
que l'éducateur peut avoir avec les collègues de l'école
sont également un atout majeur. En effet, ils lui permettent d'une part
de découvrir un monde souvent méconnu qui est celui de l'éducation
nationale, et d'autre part, d'avoir un regard critique et constructif. | ||||||||||
| Ce partenariat est vraiment essentiel et amène une
sérieuse réflexion quant à la place
réelle et indispensable d'un éducateur dans les écoles primaires.
Les enseignants sont de plus en plus unanimes pour dire qu'il leur manque une
formation de terrain et ils envient celles que nous pouvons faire dans le cadre
de la formation continue, formation qui nous aide à situer l'évolution
de la société et à réajuster les moyens dont nous
disposons pour y faire face. Un autre aspect essentiel de mon rôle au sein de cette classe est la spécificité même de celui ci. En effet, ayant été auparavant éducatrice scolaire dans une classe au sein d'un IME , je peux faire la différence. J'assurai alors seule la pédagogie et l'éducatif auprès d'une dizaine de jeunes. Il est évident que le temps me manquait et que certains aspects de mon travail était plus ou moins approfondis. En effet, même s'il m'arrive bien entendu de proposer des activités préscolaires (avec utilisation de crayon, de cahier,...) ce type d'activités n'est pas primordial pour moi et ne m'enferme pas dans un "devoir". Je sais que ma collègue institutrice est garante de ces objectifs et je peux me consacrer entièrement au travail éducatif. C'est bien en cela que le travail est complémentaire. Toutefois, les résultats ne peuvent être positifs et bénéfiques pour les enfants qu'à condition d'avoir des échanges quasi constants entre les deux collègues, afin de pouvoir ajuster ou réajuster nos différentes actions. Il ne s'agit pas de proposer des activités un peu au hasard sans tenir compte de ce qui est fait parallèlement par le partenaire. Ainsi, nous prenons le temps en début d'année certes, mais aussi tout au long de celle ci, de nous exposer nos projets, nos actions et de réfléchir ensemble sur les moyens dont nous disposons pour proposer des activités qui se rejoignent et qui ont surtout une finalité commune. Il s'agit pour nous de pouvoir utiliser les productions de l'autre dans nos propres actions. Les enfants doivent y trouver un fil conducteur et sentir cette continuité de travail. Les réflexions menées alors sont fortes enrichissantes, car elles nous permettent d'aller au delà de nos propres savoirs faire. Le rôle de l'instituteur est alors de nous montrer à nous éducateur l'objectif pédagogique de nos choix d'activités et celui de l'éducateur est d'amener l'enseignant à sortir de ses "programmes" et de son esprit un peu cartésien engendré par son rôle de pédagogue. Une réflexion tout à fait personnelle mais qui me semble bonne à retenir est celle de notre disponibilité d'esprit. En effet, étant rattachée à un IME dans lequel je ne suis pas souvent, je me sens détachée des différents problèmes relationnels qu'il peut y avoir (et qui sont normaux dans toute institution, sans être gravissimes pour autant ). De même, ne dépendant pas de l'éducation nationale, je ne prends pas non plus partie dans les différents qui peuvent exister entre les collègues, l'inspection... Bien entendu, reste à trouver ma place afin d'être tout de même intégrée et reconnue dans ces deux milieux. De nombreux moyens sont à ma disposition, sans pour cela m'impliquer émotionnellement. Je participe aux différents conseils de maîtres, réunions d'informations, manifestations au sein de l'école, alors que je n'y suis pas obligée, mais juste conviée. Je me rends également régulièrement à l'IME, outre pour les démarches administratives, pour rendre compte de mon travail à mon directeur, cela me permet de rencontrer mes collègues éducateurs et d'échanger. J'ai même pu apporter des éléments de mon travail aux collègues demandeurs et proposer des échanges et activités communes avec certains groupes de l'IME, sorties, activités ... Ce recul me permet d'être plus sereine, plus disponible et de moins perdre de temps en discussion de "couloirs". Mon travail et ma présence auprès des jeunes que l'on me confie n'en est que meilleur. | ||||||||||
| 10. Le travail auprès des familles et les projets pour l'année prochaine |
| |||||||||
Un autre aspect de mon travail qui reste à développer l'année prochaine, concerne l'aide aux familles. En effet, ceci fait partie du projet initial du sessad et plus spécifiquement de celui de l'éducatrice. Tout n'a pas été encore mis en place véritablement par manque de formation. Nous recevons régulièrement les familles de façon formelle avec les différents partenaires du sessad. Il s'agit alors de faire part aux parents du projet individualisé mis en place en début d'année par l'équipe, de faire des mises au point tout au long de l'année et de répondre ponctuellement aux besoins et demandes spécifiques des parents. Nous rencontrons également certains parents à la sortie de l'école ou de façon informelle, nous abordons parfois certains problèmes. Quant aux enfants qui partent en taxi et dont nous ne rencontrons pas les parents, nous communiquons beaucoup par le biais du cahier de liaison. Ces rencontres, encore loin d'être suffisantes, sont toujours fort intéressantes et enrichissantes, et nous souhaitons développer ces contacts avec les familles. C'est pourquoi, j'ai suivi cette année une formation sur le travail auprès des familles. Cette session de 10 jours m'a permis de réfléchir sur mes propres réactions à la relation et à la communication afin de mieux cerner les différents phénomènes engendrés par les entretiens. Cette prise de conscience personnelle me semble en effet indispensable pour mener correctement des rencontres avec les familles qui ont leur propre vécu et dont les réactions peuvent être différentes. Après avoir mené une petite enquête auprès de celles ci, il s'avère que les parents souhaitent tous au moins une rencontre par trimestre et qu'ils aimeraient recevoir l'éducatrice chez eux afin de pouvoir discuter plus spécifiquement des attitudes éducatives à avoir et échanger sur les différents problèmes de comportement de leurs enfants. Ce serait également l'occasion pour moi de découvrir le milieu dans lequel vit l'enfant, son rythme, ses occupations... Par le biais de cette rencontre, une réflexion pourrait être menée avec les parents, afin d'organiser au mieux les vacances, les mercredi des enfants (colonie, centre de loisirs, activités sportives... ) Nous rencontrons également parfois des difficultés pour obtenir certains renseignements administratifs ou autres (difficultés à écrire sur le cahier de liaison ou à comprendre nos demandes...). Les services sociaux n'étant pas toujours délégués, une visite dans les familles permettrait également d'apporter des réponses à nos problèmes. Un calendrier sera donc mis en place en septembre prochain afin que chaque famille soit visitée au moins une fois dans l'année et une trame d'entretien (avec les points à évoquer) sera établie. Suite également au questionnaire donné aux parents et toujours dans le souci de répondre au mieux à leurs attentes, nous avons mis en place ces derniers temps, un système de grille hebdomadaire qui leur est transmis. Sur ce document, nous résumons les diverses activités de chaque enfant au cours de la semaine. Les parents savent ainsi rapidement quelles sont les grandes lignes de travail et peuvent en discuter avec leurs enfants et éventuellement les reprendre avec eux. Certains parents dont l'enfant est en difficulté de communication souffraient en effet de ne pouvoir échanger avec eux sur leur journée à l'école. C'est aussi un moyen d'en faire de véritables partenaires et de leur prouver que nous avons besoin d'eux nous aussi. | ||||||||||
| 11. Conclusion |
| |||||||||
|
Ce bilan a été élaboré
en juin 2001 |
||||||||||
Mise à jour : 01/09/01
| ||||||||||