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LES ÉTABLISSEMENTS ET LA SCOLARISATION
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L'IEM dans l'école

La SECTION D'ÉDUCATION MOTRICE (SEM) de LAVAL

 

La présentation de la SEM nous a été fournie par sa directrice, Mme Come. Nous l'en remercions vivement. Les commentaires en italiques, par contre, ont été rédigés et sont publiés sous la responsabilité d'Intégration scolaire et Partenariat. PB
 

La SEM de Laval est un exemple d'une articulation possible entre un établissement médico-social, une école et un collège. Cette articulation permet à des jeunes, handicapés et non handicapés de vivre ensemble.

  L'origine de la SEM

Section d'Education Motrice
46 rue de la Fuye
53000 LAVAL
02 43 98 35 41

Directrice : Catherine Come

Géré par l'APF (Association des Paralysés de France)

En septembre 1991, une Clis4, accueillant des enfants handicapés moteurs de 6 à 11 ans, a été ouverte dans une école primaire, l’école de Thévalles de Laval. Certains enfants étaient aussi suivis par le SESSD de l'APF du département. Cependant, à l’issue de la Clis4, aucune réponse n’existait sur le département pour ces jeunes. Seule une orientation hors du département en IEM leur était proposée. Un groupe de parents a, donc, entrepris, dès 1997, des démarches pour créer une structure répondant aux besoins de leur jeune. En attente de cette réponse, une seconde Clis4 s’est ouverte en 1997.

Ce groupe de parents a souhaité créer un établissement particulier : comme un IEM, l’établissement devait apporter un accompagnement scolaire, éducatif, thérapeutique, médical et paramédical, comme un SESSD, il devait proposer un accompagnement familial et un suivi au domicile du jeune, comme une école ou un collège, il devait permettre une vie sociale pour le jeune au plus près de l’ordinaire, comme un centre de loisirs, il devait proposer aux vacances des loisirs adaptés.

Les parents voulaient que leurs enfants continuent de vivre au contact des autres enfants. D'où l'idée d'une structure incluse au sein de structures de l’Education Nationale, une école primaire pour les jeunes de 6 à 11 ans, un collège pour les jeunes de 11 à 16 ans.

Ce projet a réuni plusieurs partenaires : la DDASS, l'Inspection Académique, la Ville de Laval, le Conseil Général, le groupe de parents et l’Association des Paralysés de France. Le dossier a été déposé et accepté en 2001, les premiers financements ont été obtenus en 2002 : la SEM (Section d'Education Motrice) a ouvert le 1er septembre 2002. L'appellation "section" marque l'appartenance à un établissement scolaire ordinaire, au même titre qu’une SEGPA.

 
L'appellation "section" marque l'appartenance à un établissement scolaire ordinaire, même si de fait la SEM a un statut d'établissement et verse un loyer au collège qui l'héberge.

Agréée pour accueillir 16 jeunes, la SEM occupe actuellement le rez-de-chaussée de l'un des bâtiments du collège Emmanuel de Martonne où d'ailleurs elle est installée assez confortablement. La SEM a une seconde implantation en primaire, à l'école Victor Hugo de Laval.

 
Laval a été la seconde SEM ouverte en France, après Lons Le Saulnier. Depuis, d'autres "SEM" ont vu le jour : Angoulême (ADIMC, septembre 2007), Valence (APAJH, septembre 2006), Oise (APF, septembre 2007).. Certaines avec internat, d'autres non, certaines avec deux sites école et collège, d'autres non.
 

  La population accueillie

Les jeunes accueillis à la SEM sont porteurs d’un handicap moteur avec troubles associés et sont en décalage scolaire par rapport à leurs pairs du même âge.

Quelques chiffres, depuis 2002 :
  • 53% des jeunes accueillis sont marchants, seuls 20% se déplacent en fauteuil roulant manuel ou électrique uniquement.
  • 89% des jeunes accueillis présentent des troubles neuropsychologiques affectant les apprentissages, le comportement et l’autonomie : troubles de la mémoire, de l’attention, des fonctions exécutives, du langage,...
  • Seuls 36% des jeunes accueillis ne présentent aucun trouble visuel, ni oculomoteur.
  • Pour 28% d’entre eux, l’origine de leurs troubles est postnatale, il s’agit de traumatismes crâniens, séquelles d’opération neurologique chirurgicale ou d’accident de la voie publique.
  • 100% des jeunes accueillis sont en échec scolaire et ont une faible estime d’eux-mêmes à leur entrée de l’établissement.
Note ISP
On notera que la population du handicap moteur a considérablement évolué au cours de ces dernières années. On a davantage affaire aujourd'hui à un ensemble de troubles d'ordre neuropsychologiques, liés parfois à la grande prématurité. Ces troubles, qu'on repère de mieux en mieux, sont très handicapants pour la scolarisation et ils ne sont pas compensés par une AVS ou par un ordinateur ! Il y a en particulier les troubles d'ordre visuo-spatial, qui sont des troubles de la poursuite visuelle (dans l'espace, devant une feuille, devant un écran) qui posent de gros problèmes d'apprentissage de la lecture...
L'erreur serait de penser que l'expression "troubles moteur" ne recouvrirait que des troubles d'ordre mécanique que l'on pourrait compenser, en quelque sorte, "avec sa tête", alors que le plus souvent ces troubles moteur perturbent aussi le fonctionnement cognitif.
  La problématique de la SEM - le calendrier

Le handicap entrave chez ces jeunes, les capacités d’apprentissage, relationnelles et d’autonomie. Pour accompagner le jeune sur ces trois versants, la SEM, comme tout IEM, propose des activités collectives et individuelles. L’équipe pluridisciplinaire (ergothérapeute, kinésithérapeute, orthophoniste, orthoptiste, psychomotricien, enseignants, éducateurs, AMP, psychologue) accompagne le jeune à découvrir et développer ses capacités.

 
la SEM vise une intégration sur la globalité du jeune, sans donner nécessairement la priorité à l'intégration scolaire. De fait, les temps passés avec l'enseignant peuvent être limités. Les élèves porteurs d'un handicap moteur se trouvent en grand décalage avec les jeunes de leur âge, ils vivent mal leur handicap, ils se sentent en échec en classe avec les élèves valides. Ils ont besoin d'être aidés à penser l'avenir.
Comme tout IEM, la SEM est ouverte 210 jours par an. Pour être au plus proche de l’ordinaire, la SEM suit le calendrier scolaire. La présence des jeunes est rendue obligatoire sur les temps d’obligation scolaire et facultative pendant les vacances scolaires. Pendant les vacances scolaires, la SEM devient SEM Loisirs et propose des activités de loisirs adaptés.
Note ISP
Nous avons déjà eu l'occasion d'évoquer, dans ce site, les débats que pose parfois le décalage des temps d'ouverture d'un établissement ou d'un service spécialisé avec ceux d'un établissement scolaire. Certains parents souhaitent un alignement sur le collège au nom de l'intégration, d'autres voient l'intérêt d'une poursuite des soins et d'une prise en charge adaptée pendant une partie des vacances. La solution adoptée à Laval est donc intérssante, elle est souple et elle peut donner satisfaction aux uns et aux autres.
Quant à la question de l'adaptation des Centres d'Accueils de loisirs, elle commence à être posée de différents côtés avec une certaine insistance. Des associations comme Loisirs-Pluriel s'y emploient. La SEM de Laval commence à travailler avec le centre de loisirs local.
Le handicap entrave la relation parent/enfant et la relation frère/sœur. La SEM, comme tout SESSD, propose un accompagnement familial. Un accompagnement de la fratrie existe en collaboration avec deux autres structures mayennaises et permet de proposer cinq rencontres dans l’année aux frères et sœurs des jeunes accueillis.
Microsoft Office Outlook
La dépendance physique complique souvent l'indépendance affective, notamment vis à vis de la mère. Quant aux frères et soeurs, il faut veiller parfois à les déculpabiliser. Certains sont des enfants qui n'osent pas se plaindre ou qui ne se donnent pas le droit de faire mieux que leur aîné handicapé...
 
  La SEM et le collège
Collège Emmanuel de Martonne
46, Rue Fuye
53000 LAVAL
02 43 90 75 35
Le collège Emmanuel de Martonne dispose d’une SEGPA et d’une UPI. L’effectif total est de 550 élèves. Actuellement, 13 jeunes de la SEM le fréquentent régulièrement. L’intégration individuelle des jeunes de la SEM au sein du collège reste cependant limitée. Ces jeunes sont arrivés à la SEM en échec scolaire, aussi, l’intégration individuelle n’est favorisée, uniquement, que si le jeune présente une suffisante estime de lui-même pour faire face au groupe classe. Jusqu’à présent, des intégrations individuelles ont été possibles en Sports, Arts Plastiques, IDD, histoire-Géo,…
Les intégrations collectives sont favorisées. Elles ont lieu sur les temps d’intercours, de self, d’ateliers du midi, de sports, d’ASSR…, elles représentent 30 à 35% du temps des jeunes.
Depuis 2002, plusieurs ateliers du midi, brassant élèves du collège et de la SEM, ont été proposés : des atelier « relaxation », « théâtre », « Danse », « Bricolage », « Chant », « Groupe Ados Infos », le foyer, le bocal, la salle multimédias….
Ces ateliers sont animés indifféremment et conjointement par des personnels de la SEM (psychomotricienne, AMP, éducateurs, …) ou du collège (infirmière, AVS, enseignants …). Ils se déroulent aussi bien dans les locaux du collège que dans ceux de la SEM. Les supports utilisés dans ces ateliers doivent permettre des relations égalitaires et symétriques entre les jeunes, condition nécessaire à l’apprentissage du « Vivre ensemble ».
Il y a eu une époque où les professeurs en proposaient davantage, mais la diminution de leurs moyens fait qu'ils ne peuvent plus s'investir comme auparavant dans ces animations...

Les responsables de la SEM sont invités aux réunions institutionnelles du collège (Conseil d’Administration,...).

L’articulation de la SEM, structure médico-sociale, au sein de structures de l’Education Nationale, respecte les jeunes dans ce qu’ils ont de semblable et de dissemblable avec leurs pairs du même âge. Cette expérience a modifié et modifie les attitudes sociales des jeunes et des adultes qui vivent au sein de cette « communauté » ainsi créée.
 
Catherine COME, directrice de la SEM
Juin 2005
   
  La SEM et l'école
Ecole élémentaire Victor Hugo
3 rue de la Providence
53000 LAVAL
02.43.66.16.25
Directrice : Catherine Geslin
La SEM dispose, à Laval, de locaux contigus à l'école Victor Hugo, locaux qui sont mis gratuitement à sa disposition par la commune. L'école Victor Hugo comporte trois classes et 4 élèves de la SEM y sont en intégration.

Deux dispositifs adaptés, pouvant accueillir des jeunes porteurs de handicap moteur, existent à Laval: une Clis4 à l’école de Thévalles et la SEM à l’école Victor Hugo. Ces deux dispositifs ne s’opposent pas, ils répondent à deux demandes et besoins différents.
 
La clis focalise sans doute davantage sur le scolaire mais la SEM accueille généralement des pathologies plus lourdes.
L’intégration individuelle des jeunes de la SEM au sein de l’école Victor Hugo reste là aussi limitée. Sur ce site également, l’intégration individuelle n’est favorisée, uniquement, que si le jeune présente une suffisante estime de lui-même pour faire face au groupe classe. Les intégrations collectives sont favorisées. Elles ont lieu sur les temps de récréation, de restauration scolaire, d’ateliers, de projets et de sorties diverses, elles représentent 60% du temps des jeunes.
Depuis deux ans, des ateliers de décloisonnements, brassant élèves de l’école et de la SEM, ont été mis en place. Ces ateliers sont animés indifféremment et conjointement par des personnels de la SEM (psychomotricienne, AMP, kinésithérapeute, ergothérapeute, éducateurs, psychologue…), de l’école (enseignants, bibliothécaire) ou de la maison de quartier (animatrices). Ils se déroulent aussi bien dans les locaux de l’école que dans ceux de la SEM. Dans leurn contenu, ces ateliers correspondent à des matières au programme à l'école élémentaire : arts, sport, sciences, éducation civique, écriture, nouvelles technologies, mathématiques et lecture. Les supports utilisés permettent des relations égalitaires entre les jeunes, condition nécessaire, ici, aussi, à l’apprentissage du « Vivre ensemble ».
 
A l'ouverture c'est une intégration durant les temps de cantine et de récréation qui était envisagée. Mais très rapidement c'est l'école a invité à faire plus. L'école a mis en place des activités décloisonnées où les élèves des différentes classes sont eux-mêmes mélangés et qui facilitent grandement le travail en commun.  Là en effet les élèves ne son pas en compétition les uns avec les autres comme ils le sont assez naturellement en classe et les enseignants ne hiérarchisent pas les réponses..
On rencontre parfois des jeunes qui ont eu à souffrir de l'intégration, ne fût-ce que parce que leurs copains supportaient mal de devoir toujours ramasser les affaires ou mettre les manteaux. Il faut veiller à ce que de telles situations ne se reproduisent pas, ni pour les uns ni pour ,les autres.
Catherine COME, directrice de la SEM
et propos recueillis auprès de Catherine Geslin, directrice de l'école Victor Hugo
Juin 2008
 
Mise à jour : 18/07/08

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