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TROUBLES DU LANGAGE ET SCOLARISATION
témoignages

Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page408.htm

Histoires d'enfants dysphasiques,

histoires de parents

 

Le partage des expériences entre parents, sur la liste de diffusion "dysphasie", peut être poignant et instructif.
   
Hélène H. - un garçon de 7 ans
(78)
14-03-11
Mère d'un garçon de 7 ans dysphasique sémantique-pragmatique intégré en classe de CE1 avec une avs  pendant 12h depuis la GS (il a été "décélé" à cause de problèmes de comportement dès la PS qui n'existent plus aujourd'hui).  Le  diagnostic est "tombé" il y a peu  (nous savions depuis deux ans qu'il était dysphasique),posé par son orthophoniste très compétente.
En  quelques mots la situation de mon fils est :
- bonne intégration dans sa classe, il a des copains mais ses relations ne sont pas "égales" c'est à dire qu'il a souvent des copains qui ont tendance à le protéger et donc à le voir comme différent même s'ils jouent ensemble, rient et fêtent ensemble leur anniversaire. Il est très apprécié mais il est sans aucun doute en décalage. Il en a conscience ;
- au niveau scolaire : il est très bon en grammaire, orthographe, conjugaison (je pensais que c'est là que ça aurait pêché!!) mais il a beaucoup de mal avec la compréhension lecture (il a par contre une lecture assez fluide et pas de soucis de confusion de sons) et les mathématiques ;
- au niveau langage, il parle d'une façon pas très fluide, a beaucoup de mal à raconter des choses spontanément et surtout il ne comprend pas l'implicite et n'est pas très à l'aise dans des conversations dont les sujets sont pour lui un peu éloignés.
   
Francine Verstreaten - neuropsychologue
14-03-11
Je pense que votre fils a un bon pronostic d'après ce que vous décrivez.
Qu'il continue à être courageux, pour la lecture, parfait si sa lecture est fluide mais pour la compréhension à la lecture, qu'il lise silencieusement, et vous verrez qu'il comprend alors nettement mieux.
Je pense que votre fils est fort malin ce qui l'aide encore plus....Son langage est "économe" mais ce qu'il dit est ce qu'il veut dire même si parfois c'est maladroitement.....
Sur le plan social, il est observateur et se trouve en situation d'être protégé par le groupe, l'essentiel est qu'il n'en soit pas isolé car alors il serait malheureux.
   
Anne S. - un garçon de 18 ans



15-03-11

Je suis la maman d'un "grand" de 18 ans qui présente les mêmes difficultés que le vôtre. Il a suivi une scolarité dans le circuit dit normal avec l'aide du RASED, un PPS depuis le collège et un suivi SESSAD  (éducatrices spécialisées, psychologue et soutien scolaire) en lycée professionnel.
Il est actuellement en terminale bac pro comptabilité. Il n'a pas de grosses difficultés sociales, enfin, pas beaucoup plus qu'un autre adolescent. (…) Il travaille autant qu'il peut pour mettre toutes les chances de son côté pour réussir son bac.
En résumé, c'est un adolescent courageux et qui est heureux de vivre.
La chance qu'a eu notre fiston, c'est qu'il n'y avait pas de troubles du comportement. Mais du coup, ses soucis ont parfois été nié par certains enseignants. Il a redoublé sa dernière année de maternelle, je n'étais pas très d'accord,  je pensais que redoubler le CP aurait été plus profitable, mais je n'ai pas eu le choix, c'était çà ou l'orientation en IME avec le diagnostic de "dysharmonie" à l'époque.
Il a donc suivi le cycle normal avec de bonnes années (enseignant calme et stimulant) et de moins bonnes (enseignant énervé et rejetant), mais chaque passage en section supérieure était un challenge. On a toujours beaucoup travaillé à la maison avec lui (…). Il a eu des problèmes pour se débrouiller seul avec les transports en commun. Du coup, avec l'aide du Sessad, nous avons balisé des parcours, nous l'avons accompagné et rassuré et depuis, il y arrive seul.
L'orthophoniste  et la pédopsychiatre qui le suivaient le pensaient déficient cognitif.
Aaujourd'hui, c'est un jeune homme posé, qui plait aux jeunes filles, qui a quelques copains fidèles et qui est agréable dans la vie courante. Savoir ce qu'il va devenir plus tard, je n'en sais rien, nous sommes à la croisée des chemins, mais la route parcourue avec lui jusqu'à présent a été enrichissante pour tous.
   
Nadine S. - un garçon 8 ans
(34)
15-03-11
Je suis Nadine, maman d'un petit garçon de 8 ans, diagnostiqué à 3 ans avec confirmation à 6 ans; il est aujourd'hui scolarisé en CE1 avec avs  9 heures par semaine.
Je retrouve dans d’autres descriptions beaucoup de mon fils :
- langage peu fluide, beaucoup de difficulté à raconter… ;
- niveau scolaire très correct : bonne grammaire, très bonne orthographe, calcul rapide mais difficultés avec les problèmes; très grosses difficultés dans la production d'écrit et dans l'illustration de poësies par exemple ;
- bonne intégration dans la classe (les autres enfants ne l'écartent pas) mais aussi considéré comme un enfant à protéger, à guider (  …).
   
Sandrine Chatain - un gargon 7 ans
(17)
15-03-11
Je suis bien contente de lire tous ces témoignages ou je retrouve mon petit bonhomme... Cette dysphasie  est connue dans nos centres référents, bien sûr,  mais elle n' est malheureusement pas  souvent étiquetée en tant que telle  ... (on nous parle souvent dans les premiers entretiens de développement atypique ??? ce qui n'est pas un diagnostic.)
De quoi pouvait-il  souffrir ?  il nous regardait, montrait qu’il apprenait très vite et sans le langage... J’ai beaucoup cherché et enfin   trouvé l' orthophoniste complètement  ok. Ce  fut ensuite une autre histoire et  pas une mince affaire en centre référent  pour que ce  diagnostic non pas de dysphasie sémantique pragmatique comme le disait l'orthophoniste mais celui de dysphasie de développement avec troubles praxiques tombe enfin.
Lui aussi, plutôt doué dans les apprentissages,  a épaté maitre et maitresse  en maternelle,  a retenu  ultra rapidement au visuel le nom de ses camarades, l'alphabet, les chiffres.. seules les chansons et poésies lui étaient impossibles (il ne parlait pas du tout). Le challenge a été de le faire passer au cp sans langage, j'y croyais et je ne voulais pas autre chose. Ce fut une réussite. L’orthophonie et la lecture l'ont amené tout doucement à enfin s'exprimer ... et surtout et j'en suis très fière il savait lire à Noël. Il est maintenant en ce2, il n'a jamais redoublé, il est bon élève en math, grammaire ...  il a un avs et un maître soucieux de faire au mieux mais la compréhension de la lecture reste  bien compliquée. Sa psychologue surtout aimerait le faire redoubler pour ce souci de de compréhension de la lecture , je m'y oppose, je ne pense pas que ça l'aiderait,  il gardera toujours cette difficulté.
L'abstrait il ne comprend pas non plus. Exemple récent  : eh bien tu es bien dans tes baskets, Melvine ? tout va bien à l'école ? Il a regardé ses pieds et nous a dit je cite " quoi qu'elle a, ma chaussure ? ».  
 Ce qui m'angoisse le plus, ce langage qui progresse bien sur  mais qui est évalué comme celui d'un enfant de 5 ans, les phrases ne sont pas encore construites, il parle beaucoup par  mots isolés s'énerve souvent quand il n'est pas compris. Sa psychologue l'aide dans ce sens.
Je pourrais vous parler pendant des heures de la difficulté à mettre en marche la machine, à mes rencontres avec des psys peu scrupuleux qui ne m'invitaient même pas à rencontrer d'orthophoniste, à notre  passage en hôpital de jour… Je me bats maintenant pour informer les parents sur cette "dysphasie" qui reste dans mon département  pas reconnue par les neuropsychiatres… Je pense en ce moment  aux nombreux enfants qui n'ont  comme unique prise en charge que l'hopital de jour psychiatrique… Et la difficulté reste que  ces enfants et familles sont durs à toucher tout simplement parce que personne ne leur a jamais parlé de dysphasie…
   
Far W. - un garçon 15 ans
15-03-11
Sandrine a magnifiquement répondu ; j'y ai retrouvé V. Aujourdhui seulement, à 15ans, il commence tout doucement à se familiariser avec l'abstrait et les "double-sens" parce qu'il travaille là-dessus avec son orthophoniste. Il le fait également travailler sur l'implicite : exemple : "Marie a mal au ventre, elle ne veut pas aller à l'école" signifie en fait "Marie a peur d'aller à l'école pour différentes raisons, elle a donc mal au ventre"
Comme Sandrine, nous nous sommes pas mal battus et ce n'est pas encore terminé. V. termine sa 3ème SEGPA, il va aller en cycle CAP Horticulture contre l'avis de sa directrice et ses professeurs, qui pensent qu'il a plus sa place en IMPRO alors que V. a toujours aimé les maths et le français (il est très doué pour les règles grammaticales) ; quand il était plus petit, les maths lui posaient souci à cause de ses problèmes de compréhension de langage. Mais dès qu'on lui réexpliquait avec d'autres mots, il savait le résoudre.
Ce que j'ai aussi malheureusement constaté, c'est que lorsqu'il était petit (entre 5 et 9 ans) les professionnels se mobilisaient beaucoup et maintenant que c'est un adolescent, plus moyen de le rebilanter (Madame Billiard du Kremlin-Bicetre qui l'avait vu à 5 ans nous dit qu'elle ne s'occupe plus des adolescents).
Votre combat est assez dur et je ne voudrais pas en rajouter, chaque difficulté en son temps, mais si je vous alerte quand même, c'est que comme Sandrine, je vous dis de ne jamais baisser les bras parce que vous rencontrerez des "professionnels" (même s'ils ne méritent pas ce nom-là) qui essayeront de vous mettre des batons dans les roues et vous devrez vous battre pour tirer votre enfant vers le haut et non vers le bas.
(…) Chaque enfant évolue différemment.
La relation avec l'adulte quel qu'il soit s'est toujours bien passée, il n'y a qu'avec les enfants de son âge qu'il refuse le contact. Il faut dire qu'il se trouve en 3ème SEPGA et que les problèmes de ces enfants relèvent plus du redressement pénal que de franches difficultés scolaires.
Il voit quelquefois son cousin (de 2 ans plus âgé que lui) et le contact passe très bien.
Votre message m'a interpellé par rapport aux "dessins" ; en section SEGPA, lors des réunions "d'intégration" on nous l'avait adressé en "reproches" disant que le niveau de ses dessins était au stade CP et guère plus. Il y a 6 mois, sans que je puisse savoir pourquoi, sur le net, Vincent a été sur des sites où l'on apprend pas à pas à dessiner des animaux et il nous a réalisé de superbes dessins d'animaux (girafes, zèbres, etc). Si au moment où on nous en avait parlé à l'école, nous l'avions obligé à construire ses dessins, il se serait sans doute dégouté, mais là il l'a fait très volontairement sans que personne ne lui dise rien.
Par rapport à un enfant de son âge (niveau préoccupation, loisirs, etc.) le décalage de Vincent est au moins de 4 ans (…) C 'est par rapport à ce décalage que l'équipe enseignante voulait une entrée en IMPRO. Nous résistons... L'inscription en CAP est faite, j'attends la réponse de l'école...
Chez Vincent perdurent ces difficultés relationnelles qui ont largement pris le pas sur les difficultés de compréhension de langage
   
Antoine N.
15-03-11
Les  mails précédent me font réagir sur plusieurs points:- Moi aussi l'abstrait m’a toujours posé des problèmes. Je différencierai même l’abstrait mathématique et l'abstrait littéraire.- La description faite des jeunes ici me rappelle mon passé... Je suis entièrement d'accord sur : protégé par d'autres, les autres garçons trop "rapides", moins d'amis, un ressenti de la différence (plutôt en négatif qu'en positif)- Au niveau de l'expression, pour moi cela à toujours été : a) "trop court" (2 page et non une copie double) ; b) très synthétique ; c) des phrase qu'il ne veulent rien dire ( je croyais avoir exprimé tous ce que je pensais dans la phrase, et en fait non; d'où un texte difficilement compréhensible car bourré de 'trous"). Pour l'expression, il faut vraiment jouer sur la qualité et non la quantité...Pour l’anecdote, en BTS pour les contrôles de "culture générale et expression" j'avais toujours du mal et des résultat en dessous de la moyenne. Une fois je me suis forcé à changer ma logique, ma méthode, mon regard  et mon opinion, au point d'avoir des larmes de peur durant l'évaluation pour les raisons évoqué au dessus... au final je suis arrivé à la moyenne.
 Au niveau de la compréhension de texte:L'implicite, j'ai régulièrement du mal à la comprendre..En bts j'ai trouvé un "moyen" de mieux comprendre les texte d'anglais, de français,.. en surlignant les mot de liaison comme "mais, par contre, contrairement, d'autre part, de plus, dans le même ordres d'idées". Cela m'a beaucoup aidé car je voyais les arguments (les paragraphes) qui s'opposent, les opposions entre le début et la fin d'une phrase (mais,..), pour repérer les idée essentielles...- J'ai aussi du mal a raconter ce que j'ai fait dans la journée, à expliquer pourquoi j'ai aimé ce film.....- Ma mère à passé des années à reprendre les cours une fois avec moi et aussi sans moi, a faire des tableaux, à trouvé des exercices en plus....mais aussi un jeu en bois 1 barre rouge=10, orange= 5, vert= 3,...(je l'ai encore) - le relationnel est primordial,-"sent-il sa différence, sait-il qu'il ne peut pas toujours suivre, a-t-il vraiment besoin de se retrouver seul de temps en temps (par exemple en récréation, après la concentration et la confrontation avec les autres durant la classe ???"A mon niveau, je l'ai énormément ressenti cette "différence", encore maintenant je l'a sens, et je l'a sentirai toujours.. La fatigue des dys vient beaucoup plus vite que les autres avec tous les effort qu'il fonts.. je le voyais, ressentais bien dans ma jeunesse. A l'accompagnement scolaire en ce moment, je vois bien que celui qui à des grosse difficultés est au point de coulé comme un chewing-gum et non en pleine forme comme les autres....
   
Far W.
15-03-11
J'ai longtemps hésité à utiliser le mot de "handicap" jusqu'à ce que ses camarades l'emploient envers lui le traitant "d'handicapé" ; ce jour-là, je lui ai expliqué ainsi que toutes les démarches que nous avions entreprises pour éclairer cette situation inconnue pour nous (il se rappelait les différents rendez-vous chez les médecins, dont plusieurs à Paris, certains lui ont même laissé de mauvais souvenirs) ; je lui ai expliqué avec des mots simples ce qu'était la dysphasie, l'ai aidé à s'inscrire sur facebook, (je ne sais pas s'il a le contact très facile) ; pour lui, internet est salvateur, il lui permet de découvrir plein de choses et des personnes différentes (j'étais assez opposée au système facebook, je suis depuis revenue sur ma position, en effet, si on en fait un bon usage, ce n'est que bénéfique).
Nous avons la chance de vivre à l'âge "d'internet", nos enfants peuvent aller chercher ce qu'ils souhaitent, quand ils le souhaitent, et établir un réseau social sans se déplacer ; il a toujours été plus volubile sur la toile qu'en réalité.
Quant à son goût pour la solitude, je pense qu'il aime réellement être seul, dans sa maison, avec ses affaires, à gérer son temps comme il l'entend (je pense que ce n'est réellement pas une souffrance mal assumée), mais là, tous les cas sont différents, je ne peux parler que pour lui. J'aimerais qu'il trouve PLAISIR à échanger, ce n'est pas encore le cas.
   
Hélène H
15-03-11
Antoine tu ne peux t'imaginer comme ton témoignage est précieux. même si mon est encore trop jeune pour que j'applique certains de tes conseils je les garde dans un coin de ma tête.  En tous cas, lui aussi se sent et se sait différent. Je lui ai expliqué qu'il était dysphasique et maintenant c'est lui qui l'explique aux enfants qui se moquent de lui par exemple ou à un copain qui ne comprend pas qu'il se trompe de mot etc...et bizarrement ce mot si compliqué à retenir et à écrire il le connait !
La notion de handicap me pose aussi problème, je ne sais pas vraiment comment l'expliquer. après tout, c'est une notion qu'on devrait vivre de façon "neutre" mais dans notre société c'est loin d'être le cas. à vrai dire la réaction des parents est bcp plus définitive que celles des enfants "c'est un garçon handicapé le pauvre" alors que pour les enfants c'est plus flou cette limite entre handicap et difficulté.
Far votre conversation avec Vincent m'a fait sourire j'y reconnais bcp de mon fils notamment cette façon de sauter du coq à l'âne (bien d'autres personnes ont cette manie en même temps).
Je vous remercie pour tous les mots d'encouragement et c'est vrai que nos enfants sont formidables ;  quand je pense qu'en plus de l'école ils ont des prises en charge et retravaillent avec nous le soir et le we!! ils sont vraiment d'une grande force et font preuve de beaucoup de volontarisme!
Sandrine vous parlez de dyspraxie associée c'est un peu le cas pour mon fils aussi. ce soir il est rentré de l'école tout couvert de peinture (c'était le seul de sa classe) parce qu'il a fait tomber sur lui une statue de carton qu'ils peignent en classe. Pr contre même si le pantalon a l'air fichu ce n'est rien comparé au fait qu'il a su me raconter sa mésaventure d'une façon très compréhensible !!!
Il a mis très longtemps à entrer dans le graphisme (Far ce que vous expliquez pour le dessin me parle beaucoup), aujourd'hui il écrit, un peu gros, un peu mal mais il a tendance à rentrer dans les standards scolaires (merci l'ergo et merci les lignes d'écriture à la maison). Par contre il a encore beaucoup de mal à recopier une leçon écrite au tableau (il manque des mots, c'est mal écrit, raturé etc..) ce qui risque de poser problème en ce2, mais il reste encore quelques mois nous verrons bien.
Je suis vraiment émue de cette chaine de solidarité et me sens bien moins seule avec mon petit garçon pas ordinaire.
   
Note ISP

18-03-11
A propos de l’utilisation du terme handicap
Pour les MDPH, le handicap se définit essentiellement aujourd’hui par la diminution de l’autonomie de la personne, dans tel ou tel domaine. Par exemple pour un dysphasique ce sera une limitation de l’autonomie dans le domaine de la communication orale. Le terme d’handicapé est donc à prendre avec beaucoup de recul. On préfère aujourd’hui parler de personne en situation de handicap (le dysphasique, par exemple, sera handicapé en situation de communication orale)
Mais dans l’opinion courante le terme handicapé semble qualifier la personne globalement et définitivement, comme s’il y avait deux catégories de population, les non handicapés d’un côté et les handicapés de l’autre. On comprend qu’il fasse peur et que des familles hésitent encore parfois à s’adresser à la MDPH où pourtant elles pourraient trouver de l’aide…
Il faut bien voir aussi qu’on ne devient pas handicapé, au sens technique du terme, parce que la MDPH l’a décidé, mais parce qu’on est dans une situation qui correspond à la définition du handicap, telle que la propose la loi de 2005 : "Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant." (Art 1 - Art. L. 146-1 A)
http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page143.htm#definition
Précision : pour définir le taux d'incapacité, les MDPH utilisent le GEVA, qui est un guide d’évaluation des besoins de compensation. Voir
http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr8/page202.htm
Sandrine Chatain

18-03-11
Pour ma part qui  ai été si longue à vouloir entendre et accepter  le  mot handicap (à m'en cogner la tête contre les murs)  il est  maintenant devenu à ma grande surprise  "un atout" pour expliquer la dysphasie  et ne pas MINIMISER  ce trouble qui est encore si peu connu  de la part des  enseignants et des professionnels ...
Lorsqu'on  me demande de quoi souffre mon fils  je parle  maintenant sans complexe de handicap ...  je dis haut et fort   qu'il souffre  de DYSPHASIE  et j'enchaîne aussitot sur le fait que ce HANDICAP (ça je ne l'oublie jamais ) n'entraîne pas de déficit intellectuel et que le déficit ne touche que
le domaine du langage....
Nadine S.

18-03-11
Sandrine, j'ai parcouru le même chemin quant à l'acceptation du mot handicap. Aujourd'hui c'est en effet pour moi la carte 'atout' qui permet d'accéder à une meilleure attention et une meilleur compréhension de la part de nos interlocateurs.
Sigrun F

18-03-11
Même chose pour moi. Combien de fois je n'ai pas entendu le fameux "vous êtes sûre, ça ne se voit pourtant pas", comme si j'abusais et réclamais des aménagements injustifiée. J'ai même senti des jalousies, car mon fils avait droit à une avs et son soi disant handicap ne se voyait pas et que certains autres enfants ayant des difficultés scolaires étaient obligés de se débrouiller sans. Qu'est ce qu'il serait pourtant content si on lui annonçait qu'il n'aurait plus besoin ni d'avs ni de séances d'orthophoniste !
Isabelle R

18-03-11
Nous avons mis longtemps pour accepter le mot handicap également, pas vraiment pour nous, mais pour S. et le regard des autres.
   
Sigrun F. - un garçon 11 ans


15-03-11
Une question encore : est ce que vos enfants ont du mal à apprendre à nager? J'essaie d'apprendre à Victor à nager depuis 6 ans, sans succès. Il a suivi pas mal de cours avec maîtres nageurs. A la fin du stage, tous les autres enfants traversaient la piscine, pas Victor. Maintenant, il ne veut plus de cours, à 11 ans il a honte et préfère se débrouiller en nageant comme un chien. Est ce qu'il y a un truc que je pourrais encore essayer?
   
Isabelle R. - un garçon en lycée
(01)
15-03-11
Certains d'entre vous ont lu l'article du Dauphiné paru sur la liste…. S. malgré ses grosses difficultés est arrivé en seconde. Il est dysphasique réceptif/expressif . Même si nous le croyons plus ted .  Mais que de chemin parcouru, de virages, de montagnes,  mais il a avancé grâce à sa volonté et comme tous nos enfants.
Il a tellement de difficultés à se faire des copains. il a une relation assez à l'aise avec les adultes, mais ils sont plus prévenants, ceci peut expliquer cela
Sean a aussi des problèmes avec l'abstrait ex. "donne ta langue au chat". Petit il a ouvert la bouche pour nous montrer qu'il avait toujours sa langue, la maitresse a cru qu'il se moquait d'elle. A cette époque nous n'avions pas de diagnostic. Ensuite quand on a su, nous avons travaillé les expressions grâce à un petit dico que j'avais trouvé. Ensuite pour certains mots, nous les avons joués "comme au théâtre" et comme beaucoup de notions, nous sommes passés par le corps. Pour la lecture nous avons appris grâce à la méthode Borel Maissonny.
Encore maintenant quand il lit il faut souvent décortiquer. La lecture alors devient douloureuse, les énoncés en maths sont difficiles, mais ses lectures préférées sont les Sherlock Holmes, les enqêtes policières en général.  (…) Il adore le théâtre et en a fait dès l'âge de CE1, paradoxal pour un trouble du langage. Mais c'était son choix, et il a été encouragé par ses orthophonistes. C'est plutôt une réussite.
Cette année au lycée, il a proposé à sa classe de tourner un film sur la dysphasie d'un ado au lycée. Le projet a été retenu et ils sont une quinzaine à travailler au projet. Le lycée a accepté de les accompagner avec le professeur principal et l'équipe pédagogique. Ils sont aidés par un réalisateur local. Le projet a un budget de 4000 euros. Ils ont mis en place une tombola et des appels au sponsor. Nous les adultes, qui les soutenons sommes très impressionnés par leur volonté. Ils espérent avoir fini le document pour la fin de l'année.
Pour faire la différence entre le handicap "visible" et celui que l'on ne peut voir, le professeur leur a fait rencontrer le premier français handicapé qui a traversé la Manche à la nage cet été. S. a pu échanger avec lui, et a reçu les encouragements du champion Stéphane Lorenzo. S. lit un texte tous les ans pour expliquer à la classe qu'ils sont tous différents. Ce texte sert de base au scénario. (voir en bas de page : le texte de S.)
   
Nadine S. - un garçon
15-03-11
A  propos de se battre et de croire en son enfant ... J’ai connu un neuropediatre très réputé sur  M. qui m'a dit un jour exactement "jamais votre fils ne parlera, rendez-vous compte !" Moi  j'étais sûre qu'il y arriverait, son enseignante le pensait aussi, et puis il a commencé à s'exprimer, très peu mais correctement et surtout il savait lire avant l'entrée en cp…
Au sujet de la piscine : Arthur suit des cours depuis 2 années, en petit groupe, avec quelques camarades de l'école. Il progresse bien sûr mais pas aussi vite que les autres. Cette année, les autres sont passés dans le niveau supérieur, lui reste toujours dans le groupe des débutants, cela ne semble pas le gêner pour le moment, il est attaché à son maître nageur qui a bien compris comment le faire avancer (le stimuler pour qu'il aille au bout des exercices) tout en étant très humain ... et il adore l'eau.
 
Jean-Pierre B. - un garçon 17 ans
(86)
17-03-11
Je vois que les dys grandissent et que nous sommes confrontés de plus en plus à l’intégration professionnelle. R.est en seconde bac pro compta et il a 17 ans. Il va commencer la conduite bientôt.
Mais mon souci et le sien c’est le coté social car il n’arrive pas à se faire des copains et je ne parle pas des copines. C’est dur de vivre une
adolescence limitée. Alors il est souvent devant l’ordi. Nous sommes de poitiers et si un jour il peut se faire des liens ce serait super. On ne parle pas assez de l’intégration sociale. Cela pourrait être un thème d’une journée des DYS.
Les handicaps invisibles et en particulier celui lié au langage n’aident pas à se faire accepter. J’ai peur de son avenir seul sur le chemin.
   
Note ISP

18-03-11
A propos des relations entre jeunes

Dans leurs échanges, les parents soulignent à plusieurs reprises la difficulté pour leurs adolescents et même pour leurs enfants plus jeunes d’établir des relations amicales avec leurs pairs. Or on sait à quel point pour les jeunes le regard de leurs pairs peut être stressant et que leur intégration dans le groupe est cruciale. Une ou deux remarques me viennent à l’esprit.

Il y a internet, facebook… C’est bien si c’est une façon de prolonger des liens réels, mais ça peut être aussi une façon de s’isoler.
Je constate que les parents apprécient de partager les expériences des autres dans lesquelles ils se retrouvent, comme on l’a vu sur cette liste. Nous avons besoin de rencontrer des gens avec qui nous sommes sur la même longueur d’ondes.
Je pense que de la même manière, les enfants et les jeunes en situation de handicap ont besoin de rencontrer des enfants et des jeunes en situation de handicap comme eux. C’est l’une des limites de l’inclusion scolaire. Mais les journées de rencontre, notamment dans le cadre des associations, peuvent être des occasions de rencontre avec des enfants et des jeunes « comme eux ». Et qu’il est bon que les parents y soient attentifs.
 
 
  Le texte de S., lu en classe
C'est
une belle
façon d'expliquer
que
quelquefois, nous sommes tous
plus ou moins "handicapés"


Dans la vie,comme dans la classe, nous sommes tous différents. Et c'est ce qui fait notre richesse.
Il y en a qui sont petits en taille, donc quelquefois, ils sont gênés pour attraper quelques choses, d'autres sont trop grands, et ont d'autres difficultés.
Il y a ceux qui portent des lunettes ou des lentilles de contact de manière définitive ou passagère pour corriger leur vue. Ceux qui ont un appareil dentaire pour corriger leur implantation dentaire. Quelquefois, quand on se casse un bras, ou une jambe on doit porter un plâtre pour réduire la fracture. Dautres sont daltoniens, ils voient mal les couleurs ou les confondent.
Et des différences comme celle-ci, il y en a des tas. et c'est bien.
Moi, ma différence, elle s'appelle dysphasie, elle ne se voit pas.
C'est un trouble du langage.
Dans le langage il y a au moins deux familles :
Le langage parlé : quand on parle et quand on écoute,
Le langage écrit : l'écrire et le lire.
Pour moi, je suis gêné dans les deux cas.
Je suis né avec et je vivrai avec.
Le français est une langue étrangère pour moi, et ça depuis ma naissance.
Si vous voulez : Imaginez vous seul en Chine, vous ne parlez pas le chinois (ni une autre langue) et vous ne savez pas l'écrire et le lire.
Et bien pour moi, c'est ça le Français ou une autre langue.

J'ai donc énormément travaillé et je dois encore fournir beaucoup d'efforts.
Pour corriger la dysphasie, il n'y a pas de médicaments, pas de lunettes, de plâtre. Les médecins ont trouvé pour l'instant des auxiliaires de vie pour aider les enfants comme moi.
Elle est là pour me redire les consignes, prendre des notes quand cela va trop vite pour moi.
Une image : Si vous voulez mon A.V.S. c'est ma PAIRE DE LUNETTES.
j'espère que cela ne vous gênera pas et que votre regard ne changera pas.
Vous m'avez bien accueilli, et je trouve la classe très sympa.
Quand Sean lit ce texte, l'avs est présente, et elle explique si des questions sont posées, et donne des exemples de situations....
 

Mise à jour : 18/03/11


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