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TROUBLES DU LANGAGE ET SCOLARISATION
échanges

Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page43.htm

Echanges autour de la scolarisation

des enfants porteurs de troubles du langage

Pourquoi pas l'IME ?

D.

02-+10-13

Mon fils de 6 ans, dysphasique est rentré en CP en septembre. Depuis, il arrive à lire, commence à écrire des syllabes dictées. Mais, le plus stupéfiant, c'est son comportement: ne reste pas assis, mange son tube de colle tous les jours, casse les crayons, gribouille le cahier des autres enfants, refuse de travailler, etc...
C'est un comportement qu'il n'avait pas l'année dernière et nous, parents, ne reconnaissons pas notre fils car à la maison, il ne fait pas tout ça.
Il a une AVS mais le comportement ne se régule pas.
La maitresse m'a téléphoné ce matin pour discuter de mon fils, car je me demande si mon fils peut rester au CP, nous ne pouvons pas continuer comme ça. LA maitresse me dit qu'il faut le laisser au CP car malgré tout, il arrive à lire, à écrire, à apprendre une récitation... Mais il a un fort déficit d'attention (traité sous concerta) qui fait qu'il est vite épuisé et la journée entière d'école est, aux yeux de la maitresse, trop longue pour notre fils. Etant donné qu'il a un certain nombre de rééducation, elle a pensé à l'IME pour l'AM: lieu, me dit-elle, où les rééducations pourraient se faire tout en continuant l'apprentissage.
En cherchant sur le net, j'ai pu lire que les IME sont pour les enfants déficients mentaux. Est-ce que certains connaissent les IME ? Vous pouvez m'en dire plus ?
ISP

02-10-13
Il y a des IME pour déficients mentaux, ce sont les plus nombreux, et d’autres IME pour d’autres handicaps. J’en ai indiqué quelques-uns dans mon site, page liste... troubles du langage

Florence V. (69)

03-10-13

Ce qu'il faut regarder en premier lieu, c'est comment est l'enfant en classe. Si il est en souffrance, il faut rester vigilent. Cela peut l'amener à un échec scolaire. Les troubles du comportement sont une sonnette d'alarme qu'il faut entendre...
Mon fils qui a 19 ans aujourd'hui, est parti du CE2 au CM2 dans un institut spécialisé dans la surdité et la dysphasie (sorte d'IME, sauf que c'est un OVE). C'est là qu'il a appris à lire, à écrire, à reprendre confiance en lui ! je ne regrette vraiment pas, un petit effectif, des enseignants spécialisés, voilà ce dont il avait besoin. Aujourd'hui il est en BAC Pro.
Ce que je conseille aux familles qui me pose la question, c'est : "ne pas fermer les portes, prendre rendez-vous, aller voir, et faites vous une idée". On a des CLIS et ULIS Troubles Spécifiques du Langage et de la Parole, et les enfants qui y sont reprennent goût aux apprentissages, voient qu'ils ne sont pas seuls sur terre à rencontrer les mêmes difficultés.
Je sais que cela n'existe pas partout, mais le tout est de rencontrer l'équipe de ces classes.
Une classe ordinaire n'est pas toujours adaptée...
 
Témoignage d'une enseignante
Christine
Professeur des écoles

06-07-11
L'année s'est terminée et mon élève dysphasique ...passe au CE1 alors que l'on avait prévu 2 CP initialement.
Je suis trop fière de lui ! Sa maman l'a super bien suivi, il a été très actif avec son orthophoniste et le tout a fait une belle synergie.
J'ai eu une grosse émotion à la fin de l'année quand il est allé lire son album aux maternelles, tout seul, sans aide. Il nous a aussi récité la cigale et la fourmi d'une traite sans aide avec plein de mots à moitiés articulés mais quand même tous là...

 
Il y a école et école, et il n'y a pas que l'école...

Isabelle

20-03-08

Quand mon fils Camilo a redoublé la grande section de maternelle, il partait chaque jour avec un livre différent pour le "lire" à la maîtresse. J'étais heureuse de voir sa motivation. Aussi, quelle douche froide lorsque j'ai rencontré la maîtresse un mois après la rentrée! Elle était très mécontente de Camilo qui tapait ses petits camarades et qu'elle devait punir jusqu'à 5 fois par jour!!! Je l'ai immédiatement changé d'école (l'avantage des écoles privées). Entre temps, mon fil s'est "confié" à une dame qui lui donnait des cours de soutien: ses camarades de classe le traitait de redoublant et de nul. Et comme il ne pouvait pas répondre correctement par le langage, il utilisait ses pieds et ses poings. Je trouve incroyable qu'une institutrice qui l'avait déjà eu dans sa classe l'année précédente ne comprenne pas qu'un enfant qui n'avait jamais eu de problèmes de comportement et qui se met à frapper "dit" quelque chose !
Dans sa nouvelle école, les 3 premiers jours, il poussait des petits cris pour se faire remarquer ( pour exister). Le 4° jour, au moment du temps calme, la nouvelle maîtresse a caressé les cheveux de Camilo (je fait le même geste!) en lui demandant si les autres enfants criaient eux aussi. Camilo a dit non. Et plus de problèmes de comportements. La suite de l'histoire? Camilo a maintenant 8 ans. Au cours des vacances de février, il a prononcé ses premières phrases correctement construites. Et on découvre qu'il a un "stock" de vocabulaire qu'on ne soupçonnait même pas.
Une idée de soutien, pour vous et pour Gaultier: par l'intermédiaire d'AAD, je suis entrée en contact avec 5 mamans de ma région qui ont des enfants dysphasiques. Nous nous sommes rencontrées chez moi. Nous avons décidé de créer un club enfant, c'est-à-dire que tous les 2 mois environ, nous nous réunirons avec nos petits dys (et ceux de la fratrie qui ne le sont pas) pour qu'ils de se connaissent, sortent de l'isolement et jouent ensemble, tout simplement. Lors de notre prochaine rencontre, une des mamans a invité une orthophoniste d'un centre spécialisé. Outre le soutien que chacune en retire, nous avons échangé une mine d'informations utiles.
ISP

06-04-08

Une idée défendue dans ce site, c'est que dans les rapports avec l'école, il est préférable de jouer le jeu institutionnel, en mettant en place les dispositifs et les partenariats officiels (PPS, collaboration instit/professionnels, etc.) C'est aussi une aide pour l'enseignant. Sinon, tout repose, comme dans votre cas, sur les qualités personnelles et affectives des personnes...
Quant à l'action conduite avec les autres mamans, c'est une excellente initiative, qu'on retrouve dans d'autres groupes AAD. Les parents ont conscience qu'il est important pour les enfants de rencontrer des camarades ayant les mêmes difficultés.
 

L'intégration scolaire : à quel âge ?


Valérie
16-12-07
Damien a fait son CP en 2 ans a l’institut St Pierre de Palavas. Il y avait tout sur place : 3 h orthophonie – 1 h psychomotricité – 2h/mois pedopsy.
En sortant il avait un bon niveau ( il avait commencé le programme ce1). Il est entré à l'école du village cette année. Il continue l’orthophonie dans le village. Il devait y avoir une Clad dans son école, mais finalement il n y en a pas eu . J ai fais une demande de SESSAD. Sa maitresse est contente de lui (moi un peu moins !). En attendant, je suis son travail.


ISP
16/12/07
Votre message me conforte dans une idée que je défends depuis longtemps, celle de l'opportunité, dans bien des cas, d'une scolarisation adaptée très tôt. Il y a dans mon département deux UPI pour troubles du langage, dont d'ailleurs on se félicite. Mais rien avant. C'est cela qui est paradoxal. Le langage se met en place à quel âge ? Vers 4 ans ? On insiste de tout côté sur la nécessité, si l'on veut être efficace, de prises en charge intensives précoces. Alors ne devrait-on pas voir les choses autrement, ne devrait-on pas considérer que l'intégration est le but, et qu'il serait préférable dans bien des cas, de concentrer très tôt des moyens d'accompagnement et de rééducations auprès d'enfants beaucoup plus jeunes ? Ces enfants dyslexiques qui sont aujourd'hui en upi, il eût peut-être été préférable qu'ils fussent scolarisés dès la maternelle dans une classe spécifique, clis TSL comme on dit aujourd'hui (troubles sévères du langage, ou troubles spécifiques du langage), ou même en institut spécialisé, pour être aujourd'hui dans une classe ordinaire de collège... Je souhaiterais qu'il existe une classe adaptée dès la maternelle, avec une orthophoniste dans la classe, avec des rééducations tous les jours, rééducations individuelles et collectives…
 
Une histoire ordinaire...
Sylvana
(69)



14-07-07
Pour mon fils cela a été une galère de trouver une scolarité presque normale il a fait toute sa maternelle en allant tous les jours en orthophonie... Le probleme s'est surtout posé au CP, car la dysphasie, il y a 15 ans de cela, n'etait pas connue. On m'a proposé de mettre Antoine dans une école de mal entendants... Bref, j'ai pu trouver une clis qui accepte mon fils. J'ai dû vendre mon commerce pour pouvoir suivre mon fils 5 fois par semaine en orthophonie, plus une graphapeute pour l'ecriture, et cela a duré tout le primaire. Puis le probleme c 'etait le college. J'ai enfin trouvé une SEGPA dans le métier de la restauration, mais Antoine n'a pas beaucoup aimé car il est lent et dans la rstauration ce n'est pas çà. Puis ce fut le problème du Lycée, il a intégré un lycée pour un CAP en boulangerie. Avant l'inscription j'avais fait les démarches pour expliquer le probleme de stéphane et l'équipe médicale qui a suivi mon fils depuis l'âge de 3 ans était a la disposition des professeurs. Antoine a eu le CAP en boulangerie en 2006 et cette année il a fait une mention complémentaire en boulangerie, en apprenti. Nous avons eu du mal à trouver suite à son probleme de langage, bref un patron l'a pris et je sais que cela ne sera pas facile de trouver un autre patron pour plus tard.
Antoine a beaucoup souffert en maternelle mais il a toujours son sourire et c'est ça qui me donne la force de l'aider et le courage. Nous venons de recevoir les résultats de son examen pour la mention complémentaire, hélas il a raté de peu, 9,75 sur 20, il refera son année en espérant que son patron le reprenne.
 
A propos de la langue des signes


Nadine
23-06-06

J'aimerais savoir si quelqu'un a déjà utilisé le français signé avec son enfant.
Mon fils a 3 ans et 8 mois, il ne dit que 2 mots (maman et non), il intégrera en septembre l'institut St Pierre de Palavas les Flots en hôpital de jour, qui accueille dans sa section audio-phonologie des enfants dysphasiques, des enfants présentant des retard massifs de langage oral et écrit et des enfants avec déficience auditive. L'orthophoniste m'a dit que le français signé est pour ces enfants une passerelle provisoire pour communiquer sans pour autant gêner l'arrivée du langage oral. Quelqu'un a-t-il une expérience dans ce domaine ?



ISP
23-06-06

Je n'ai pas d'expérience personnelle, mais ce qui est certain c'est qu'aujourd'hui on pense que l'essentiel est d'établir la communication avec l'enfant.
Si le langage oral est en panne, il faut utiliser d'autres supports...
C'est vrai aussi, par exemple, pour des enfants autistes...

Annick

29-06-06

 

Favoriser la communication

Je n'ai pas fait l'expérience, toutefois plusieurs témoignages ont été cités lors du colloque international organisé par Avenir Dysphasie France, ils étaient positifs : même si l'enfant dysphasique a parfois des difficultés de coordination des gestes, il entre plus facilement dans le langage, il abandonne toujours le signe dès qu'il arrive à le remplacer par le son cela se passe d'une façon automatique. Il parraît important de signer et prononcer en même temps mais de ne pas demander la prononciation en retour à l'enfant, il le fera dès qu'il le pourra.
(...) L'enfant dysphasique a par définition des troubles de langage, par conséquent la communication est difficile ou plutôt différente, il est très sensible au langage non verbal, il développe des capacités à comprendre ce que vous dites avec vos gestes, mimiques et comportements pendant que vous parlez (tout compte : le regard, le sentiment qui transparaît dans notre ton, notre expression corporelle....ceci est une aptitude qu'ont tous les enfants elle est encore plus "aiguë" chez l'enfant dysphasique)
Il faut également ne pas oublier que cette enfant a une intelligence normale donc un besoin d'apprendre, de savoir, de comprendre, il a besoin d'être encouragé, il fourni bien plus d'effort que les autres parfois pour des résultats "moins gratifiants" dans notre échelle d'évaluation. Ses troubles d'apprentissages sont pour lui une vrai galère par moment, il a vraiment besoin d'une pédagogie différenciée, il existe beaucoup d'outils adaptés qui d'ailleurs conviennent aux autres enfants, les enseignants sont souvent mal informés, mieux vous comprendrez ce qu'est la dysphasie (comment fonctionne le langage, l'apprentissage de la lecture, écriture...) mieux vous pourrez l'aider.
Il est également important de comprendre le "fonctionnement", "le raisonnement" de votre enfant pour savoir comment lui apporter les informations nécessaire à ses apprentissages, c'est en partenariat avec l'enseignant et l'orthophoniste (3 séances par semaine si possible sur le temps scolaire) que vous pourrez organiser un projet pédagogique adapté et bénéfique...
  
Si ma fille avait eu ce style de classe, elle ne serait certainement pas dans un IME...

ISP
Il s'agit dans le courrier ci-dessous d'une section spécifique pour jeunes dyslexiques en collège privé, en Seine et Marne. Mme Deveaux a joint à son courrier le message de sa fille Mégane.


Nathalie Deveaux
juillet 04

Si Laurène, ma fille aînée, avait eu ce style d'établissement, elle ne serait certainement pas dans un IME à l'heure actuelle. Mégane, ma fille cadette, est très attentive à ses camarades qui sont dans cette section et ils ont décidé avec quelques copains d'aider les élèves en difficulté dans les matières ou ils ont des faiblesses, je trouve assez remarquable que ces enfants aient des idées pareilles, mais je trouve assez dommage que les directeurs d'établissements ne les aient pas...!
Mégane
13 ans
Je m'appelle Mégane et j'ai 13 ans, je trouve que ma soeur, Laurène, malgré son handicap se débrouille bien. Quand elle était petite, ma soeur a eu la varicelle et son virus s'est attaqué au cerveau, ce qui lui a donné sa dyspraxie. Elle allait à l'école maternelle et puis ensuite personne ne voulait plus la prendre à l'école normale car elle embêtaît tout le monde, à cause de son handicap, je trouve que ce n'est pas juste. Il se trouve que dans mon collège j'ai une amie dysphasique et dyslexique mais assez léger, alors je l'aide dans son travail, elle s'appelle Christine elle est en 6ème, dans une classe spéciale pour les enfants qui ont des problèmes divers de dyslexie et dysphasie et dyspraxie, même s'il y en a peu, c'est quand même assez facile de les aider dans leur travail j'ai aussi des amis en 6ème qui les aident et je trouve ça FANTASTIQUE. On rigole ensemble et on se confie beaucoup de choses comme notre passé et notre relation avec nos frères et soeurs.
Je voudrais dire à tous les frères et soeurs, de ne pas les laisser tomber et de les aimer très fort. Si on se moque des enfants comme ma soeur, cela me blesse beaucoup mais je leur réponds qu'il ne faut pas se moquer de gens différents comme ma soeur et que tout le monde peut avoir le problème un jour. Et je voudrais dire qu'on peut communiquer avec eux autrement, par exemple, Laurène a appris la langue des signes et je peux avoir des secrets avec elle.
Je sais que c'est difficile mais on apprend beaucoup de choses avec les gens différents de nous alors il faut continuer à se battre pour qu'ils puissent avoir une vie normale et continuer leur chemin sans que n'importe qui ne leur fasse obstacle...
 
Note sur le diagnostic et sur l'origine des troubles du langage

Dr René Cassou
Pédopsychiatre

Directeur du CMPP de Rochefort (17)

28-04-02

un trouble neuro-
développemental

des manifestations linguistiques

Suite au commentaire de la visite de la classe adaptée du collège de A., M. le Dr Cassou, directeur médical du CMPP de Rochefort, nous apporte les précisions suivantes relatives au diagnostic et à l'origine des troubles du langage. Nous l'en remercions vivement :

(...) Permettez-moi de faire un petit commentaire sur le paragraphe : "3. La lecture des "diagnostics" portés par des spécialistes se révèle décevante pour les tenants de la conception neuro-médicale d'un dysfonctionnement cérébral minime pour expliquer l'origine de ces troubles. Aucun élément médical ne confirme l'hypothèse d'un lien entre difficulté à lire et lésion cérébrale. On constate les difficultés à lire, qui atteignent un degré effectivement surprenant, mais on ne les explique pas."
La conception lésionnelle de la dyslexie est une idée ancienne qui est abandonnée depuis une trentaine d'années. L'idée actuelle est plutôt celle d'un trouble neurodéveloppemental, affectant les capacités de traitement de l'information, notamment le traitement de la parole et du langage, avec une difficulté dans le traitement rapide de l'information, expliquant le trouble de la conscience phonologique (i.e. la capacité à découper la chaîne parlée en phonèmes, et donc à pouvoir acquérir la correspondance phonèmes-graphèmes). Il n'existe donc pas d'anomalie lésionnelle "expliquant" la dyslexie (même si un défaut d'asymétrie des lobes temporaux est retrouvé très fréquemment), mais des anomalies fonctionnelles qui sont évidentes en imagerie cérébrale fonctionnelle (pet-scan ou rmn-f), et qui traduisent le fonctionnement anormal des zones cérébrales impliquées dans les processus de traitement du langage. Ceci dit, ce sont des examens de recherche, qui n'apportent que peu à la rééducation, les manifestations "linguistiques" du trouble suffisant pour le diagnostic et le projet rééducatif et thérapeutique.

complément,
le 01-05-02

des pistes pour la rééducation

Je crois qu'on peut considérer comme relativement solides les modèles neuro-psychologiques actuels de la dyslexie. Ces modèles commencent à ouvrir des pistes pour la rééducation, mais les résultats expérimentaux concernant les méthodes d'apprentissage de la lecture, et surtout les méthodes de rééducation sont loin d'être aussi robustes. Je crois qu'il ne faut pas non plus sous-estimer les facteurs pédagogiques (surtout pour les enfants qui n'ont pas de troubles spécifiques). Une étude réalisée en Belgique sur des enfants de la GS au CE1 montrait que lorsqu'on évalue la performance en lecture un 1/3 de la variance est liée aux caractéristiques propres à l'enfant, 1/3 à l'enseignant. D'autre part, si un enfant est dyslexique, il n'est pas que cela et il a d'autres apprentissages à faire que la lecture et l'orthographe. Les questions qui me paraissent ouvertes sont celles de la collaboration de l'orthophoniste et de l'enseignant (l'idéal serait l'intervention de l'orthophoniste dans l'école, de façon quotidienne avec une concertation tous les 15 jours) et l'aménagement du curriculum pour ces enfants...
 
Note sur le diagnostic et sur le statut d'UPI

Association CORIDYS

Dr Lucien Castagnera
Unité de Pathologie rachidienne
CHU Bordeaux

17-01-02

Le trouble existe, il faut le traiter...

 

 

 

Un partenariat étroit entre les enseignants et les orthophonistes

Le Dr Lucien Castagnera, de l'association CORIDYS, a bien voulu nous adresser un commentaire à propos de la visite dans une classe de collège rapportée précédemment,

Vous écrivez : " La lecture des "diagnostics" portés par des spécialistes se révèle décevante pour les tenants de la conception neuro-médicale d'un dysfonctionnement cérébral minime pour expliquer l'origine de ces troubles. Aucun élément médical ne confirme l'hypothèse d'un lien entre difficulté à lire et lésion cérébrale. On constate les difficultés à lire, qui atteignent un degré effectivement surprenant, mais on ne les explique pas. "
Je ne pense pas que ces élèves aient pu bénéficier des nouvelles techniques d'imagerie ou encore de cartographie génétique permettant d'établir le lien entre trouble de la lecture et dysfonctionnement neuropsychologique avec ou sans lésion cérébrale, même minime. Le diagnostic semble avoir été uniquement clinique et il me semble suffisant quand il ne repose pas uniquement sur les données d'un bilan orthophonique. Point n'est besoin d'aller rechercher une cause à tout prix : le trouble existe, il faut le traiter, mais pas n'importe comment.
Vous écrivez : "Les élèves bénéficient bien d'une double prise en charge, pédagogique d'une part, médicale ou paramédicale de l'autre, et ces actions ne sont pas juxtaposées mais articulées dans des projets communs, même si l'on doit souhaiter une meilleure mise en forme du projet de classe et des projets individuels de chaque jeune. Ces projets devraient faire l'objet d'une rédaction écrite.
... La reconnaissance de la classe comme UPI serait sans doute préférable, d'autant que son fonctionnement présente de fait la plupart des caractéristiques d'une UPI (...) :Il s'agit bien d'un petit groupe d'élèves présentant des difficultés sévères d'apprentissage et qu'on peut considérer comme réellement handicapés au sens des nomenclatures officielles du handicap. Leur recrutement par une commission de l'éducation spéciale constituerait une garantie pour le collège (et il permettrait en outre de résoudre certains problèmes liés aux frais de transport des élèves)".
(Mais) les élèves ne bénéficient pas d'une prise en charge cohérente de leurs troubles qui, s'ils sont sévères (et ils semblent l'être) nécessitent une rééducation orthophonique QUOTIDIENNE (cela a été prouvé) et un partenariat étroit entre les enseignants et les orthophonistes.
(...) La création d'une UPI pour trouble des apprentissages est une bonne idée et une telle UPI existe maintenant en Gironde. Je vous joins le projet tel qu'il a été accepté à l'IA de même que le dossier rempli pour chaque enfant et dont je suis chargé de faire la synthèse
(...) Dans le collège où sont intégrés 15 enfants DYS sévères (...), il y a intervention en relation duelle d'un enseignant pour les matières maths-Français et l'intervention DANS le collège de 2 orthophonistes à raison de 4 séances hebdomadaires par enfant.
Je cherche à faire financer un poste de Neuropsychologique (attention, mémoire, logique et fonctions exécutives…) dont l'intervention est tout à fait complémentaire de celle de l'orthophoniste.

Documents
et
coordonnées

Le Dr Castagnera met de nombreux documents à la disposition des personnes intéressées.
Dr Lucien CASTAGNERA
Unité de Pathologie Rachidienne, Service du Pr VITAL
Hôpital PELLEGRIN, CHU Bordeaux
Place Amélie Raba Léon, 33076 Bordeaux Cedex
tél : (33) 05 56 79 56 79 demander le Bip 1442
E-Mail: lucien.castagnera@chu-bordeaux.fr

 
Ne pas en rester au rêve...


Une internaute de la Loire
11-01-02

A la recherche d'une solution...

Maman d'une petite fille dysphasique de 5 ans et demi, je suis à la recherche de la meilleure solution possible pour sa scolarisation en CP l'année prochaine. Très attentive à tout ce qui touche les problèmes de scolarisation des handicapés, je me pose la question de l'intitulé des CLIS au nombre de 4 vous le savez.
Les troubles du langage touchent beaucoup d'enfants à des degrés divers. Si certains peuvent rester dans l'enseignement traditionnel tant mieux. Mais les autres ? Ils ne sont pas déficients intellectuels et n'ont pas forcément de problèmes psychologiques - outre ceux causés par leur handicap mais qui peuvent être résorbés- ni de problèmes sociaux. Les textes à ce sujet sont récents peut-être mais la possibilité de créer des classes pour ces enfants me paraîtrait aller dans le sens de ce qui s'est fait pour les autres handicaps.
Avez-vous des renseignements à m'apporter ?


Margot
12-01-02

Un bien joli rêve...

Personnellement , je suis pour des micro structures sans mélanger tous les handicaps .
Mon aîné a fait deux ans en IME et son comportement s'est nettement détérioré. Le besoin de comprendre son propre handicap est nécessaire pour un enfant, me semble t-il. En ce qui concerne les micro structures, des "ateliers pédagogiques" me sembleraient être une bonne alternative aux IME, afin de sortir les enfants d'un milieu trop médicalisé et de leur offrir la possibilité d'exploiter au maximum leurs capacités. De plus, ça permettrait aux parents d'être au courant de ce que font leurs enfants car peu d'IME jouent la transparence. Bien entendu en priorité je privilégie l'intégration scolaire soit en milieu ordinaire ou en clis , si tous les enfants pouvaient avoir accès à cela... Un bien joli rêve...

Réponse ISP
17-01-02

 

Les excellents principes du ministre

Je suis frappé de voir à quel point vos voeux correspondent aux orientations énoncées par M. le Ministre de l'Éducation nationale, quand il a présenté le Plan d'action consécutif au rapport Ringard, le 21 mars dernier. Il a préconisé très explicitement, au bénéfice des enfants dont le handicap est trop sévère pour qu'ils soient intégrés dans une classe ordinaire, sans que l'affectation en établissement spécialisé soit pour autant nécessaire, l'ouverture en milieu scolaire ordinaire de dispositifs collectifs d'intégration utilisant un peu "autrement" le cadre offert par les CLIS et les UPI. M. Lang invite organiser des groupes suffisamment homogènes (clis) pour que les troubles spécifiques du langage soient pris en compte, mais à l'exclusion du retard mental ou des troubles du comportement... (Voir notamment la page précédente du site : "Dyslexie. Orientations ministérielles"). N'est-ce pas exactement ce que vous souhaitez ?

Le principe est excellent. Malheureusement, le ministre laisse aux inspecteurs d'académie le soin de mettre ces principes en musique dans les départements. Et reste posée la question de l'aide spécialisée (sessad, orthophoniste...) qui sera apportée à l'enfant et à l'enseignant dans le cadre du projet d'intégration. Et là, le ministre de la santé ne s'est pas montré très loquace, alors que c'est souvent sur ce point que butent les projets d'intégration, qu'il s'agisse d'ailleurs des intégrations individuelles ou des intégrations collectives... Bref, on sait un peu mieux dans quel sens il faudrait aller, ou tout au moins dans quel sens on a le plus de chances d'être entendu. Mais dans beaucoup de départements, tout reste à faire, et les parents, comme on dit, n'ont pas fini de ramer...
  
Dernière mise à jour : 15-07-11

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