AUTISME
ET SCOLARISATION |
présentation |
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TUTORAT
EN UPI
auprès
de jeunes autistes
au collège
André Malraux, de Châtelaillon-Plage (17) |
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L'UPI
(Unité Pédagogique d'Intégration) pour adolescents autistes
ouverte à la rentrée 1997 au collège André Malraux
de Châtelaillon a accueilli en 97-98 quatre adolescents (trois non-verbaux,
et un verbal). |
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L'institutrice
et l'éducatrice du sessad ont mis à profit les quinze jours précédant
l'ouverture effective de la classe pour faire une information auprès de
toutes les classes du collège (20 classes de la 6ème à la
3ème) : information théorique sur l'autisme et réponses aux
questions que se posaient les élèves. Une cassette vidéo
sur l'intégration des enfants autistes réalisée à
la CLIS de Chatelaillon a été utilisée. Une information particulière
a été faite au niveau des professeurs. |
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Pendant
ce temps d'information, nous avons expliqué aux élèves que
nous aurions besoin de volontaires pour nous aider à intégrer les
adolescents autistes (aide pour le temps du déjeuner, pour venir jouer
dans la classe, pour des moments de sport). A la suite de cette demande, 170 jeunes
sont venus nous trouver pour être tuteurs. Nous avons organisé des
plannings pour des durées de trois semaines, en souhaitant une classe ouverte
et avec la volonté de répondre à toutes les demandes. |
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Notons
que la moitié au moins des élèves de 6ème et de 5ème
avaient connu les élèves autistes à l'école élémentaire
et possédaient éventuellement une expérience du partenariat. |
2
- Les temps d'intégration |
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Il
est à noter en cette première fin d'année que pour l'instant,
il n'y a pas de temps d'intégration des jeunes autistes dans d'autres classes.
Il s'agit uniquement d'une "intégration inversée" des
jeunes du collège dans la classe d'adolescents autistes. Les différents
temps d'intégration sont organisés tout au long de la journée.
Ils servent de repères aux adolescents autistes. Nous accueillons de 1
à 5 tuteurs à la fois. |
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9
h - 9 h 30 : c'est le temps d'accueil, tous les matins |
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Des
tuteurs attendent les autistes à l'entrée du collège, les
accompagnent en classe, organisent avec eux des jeux (lotos, puzzles), musique,
ou des jeux sur l'ordinateur pendant, cette première demi-heure. |
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10
h 20 - 10 h 40 (le lundi et le jeudi) des tuteurs viennent en classe chercher
les adolescents autistes pour les accompagner en récréation |
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Ce
temps est un temps d'accompagnement assez difficile car en récréation
la principale activité des jeunes du collège est de se retrouver
par petits groupes pour parler entre eux. Or trois adolescents autistes sur quatre
sont non-verbaux. De plus, ces adolescents ont une déficience mentale sévère
et ne peuvent comprendre des jeux où interviennent des règles. Cependant,
les jeunes réussissent à trouver une place et une occupation dans
la cour de récréation (promenade, jeux avec des balles de ping-pong...). |
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11
h 30 - 12 h 30 : temps du repas au self. |
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Les
jeunes autistes ont besoin d'aide pour apprendre à faire la queue, prendre
leur plateau, les couverts et choisir les mets, puis couper leurs aliments. Ils
ont donc chacun un tuteur sauf un adolescent qui mange avec l'institutrice et
l'éducatrice. Les autres se retrouvent à des tables différentes
et souvent disséminés dans le réfectoire. |
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13
h - 13 h 30 : temps de jeux dans la classe (puzzles, lotos, ordinateur, etc...) |
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C'est
le moment fort de la journée car il y a souvent beaucoup de volontaires
à ce moment-là. C'est aussi un moment de passage où de nouveaux
tuteurs potentiels viennent voir ce qui se passe, moment également de passage
pour certains professeurs. Les adolescents autistes aiment visiblement ce moment
et sollicitent sans arrêt les tuteurs. |
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14
h - 14 h 30 : moment de sport sur le terrain de sport. |
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Il
s'agit d'apprendre à courir avec les tuteurs, de passer des obstacles (haies),
de marcher sur une poutre et d'échanger avec eux.. L'idéal est d'avoir
à ce moment là des tuteurs aimant eux aussi courir pour solliciter
les jeunes. On se rend compte que le rythme des séances de sport dépend
beaucoup de la motivation des tuteurs à être eux-mêmes actifs.
Pour ces temps-là, l'idéal est d'avoir au moins un tuteur par adolescent,
voire deux. Le mardi est un temps de sport en salle pour apprendre des jeux de
ballon avec respect de règles et de consignes simples, ainsi que l'organisation
de circuits de psychomotricité. |
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16
h - 16 h 30 : temps du goûter, partagé avec les tuteurs, puis à
nouveau, temps de jeux et de musique. |
3
- Réflexions sur le tutorat |
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Au
départ, nous avons été confrontées à un grand
mouvement de curiosité. Peu à peu, cela s'est régulé
et nous avons actuellement un groupe de jeunes, qui souhaitent être tuteurs
à longueur d'année par périodes de trois semaines.- |
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On
note qu'il y a plus de filles tutrices que de garçons, surtout en 3ème,
où nous n'avons qu'un seul tuteur garçon. Il y a notamment un noyau
de jeunes filles motivées en 3ème qui pensent pour certaines s'orienter
vers des professions dans le milieu médico-social-institutrice. |
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Les
classes de 6ème et de 5ème sont les plus présentes surtout
pour accompagner les adolescents sur des temps de jeux. Les classes de 4ème
sont moins représentées. |
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Parmi
les jeunes très motivés par ce tutorat, certains nous sont signalés
par les professeurs comme des jeunes soit en difficultés scolaires, soit
avec des comportements difficiles, soit des jeunes qui ne se lient pas avec les
autres élèves. |
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Nous
avions pensé que les élèves issus de l'école élémentaire
Paul MICHAUD continueraient à être des tuteurs très motivés,
tels que nous les avions vus en primaire. En fait, ils ne sont pas les tuteurs
les plus présents, actuellement, hormis quatre ou cinq élèves. |
4
- Les difficultés du tutorat |
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Un grand nombre de candidatures à gérer
: il faut faire des plannings pour trois semaines en veillant à ne pas
trop différer les demandes de certains qui pourraient se lasser de n'être
tuteur, par exemple, que dans un mois et demi. Ecouter et essayer d'arranger les
demandes qui surgissent entre deux plannings, ou de privilégier un enfant
un peu timide qui souhaite rester avec une amie par exemple. |
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L'organisation
du planning est complexe car il faut jouer avec de nombreux emplois du temps.
Les tuteurs viennent dans notre classe sur des heures où ils sont en permanence.
Il est parfois compliqué d'avoir un nombre équilibré de tuteurs
dans chaque créneau horaire où nous avons besoin d'aide. |
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Le
changement d'emploi du temps des tuteurs peut nous poser des problèmes.
Il suffit qu'un professeur soit absent et les tuteurs finissent plus tôt
ou viennent au collège plus tard. Il nous faut nous adapter sans avoir
pu anticiper, par contre, cela ne perturbe guère les jeunes autistes dans
l'ensemble. Quand nous pouvons prévoir ces absences, nous trouvons toujours
d'autres tuteurs. |
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Il
est également difficile de varier les activités que tuteurs et adolescents
autistes font ensemble. Nos jeunes sont. très déficitaires et apprennent
de nouvelles activités très lentement. Il nous faut pourtant faire
attention à ce que les tuteurs ne trouvent pas ennuyeux de refaire toujours
les mêmes jeux. |
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Il
faut également veiller à ce que le temps soit équitablement
partagé entre les adolescents autistes. Il est plus facile pour les tuteurs
d'aller vers un jeune qui parle (même si c'est sous forme d'écholalie)
plutôt que vers un jeune non-verbal et plus passif. |
5
- Ce qu'en retient l'adolescent autiste |
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Les
moments de tutorat sont maintenant repérés et importants dans la
journée. Ils sont, un peu, les repères horaires de notre journée. |
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Dès
que l'on frappe à la porte, deux jeunes s'y précipitent maintenant
pour ouvrir. D'eux-mêmes, les jeunes autistes vont chercher du matériel
pour jouer quand les tuteurs entrent. Ils commencent à s' organiser sans
notre aide. Les adolescents autistes sont de plus en plus stimulés et réagissent
très positivement à ces demandes. Ils sont souriant et sollicitent
de plus en plus d'accompagnement spontanément. |
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Nous
remarquons que leur capacité d'attention grandit, ils sont plus attentifs
à ce qu'on leur demande, et réussissent les tâches demandées
avec une plus grande précision et une plus grande rapidité. Ils
peuvent être sollicités sur des temps de plus en plus longs (jusqu'à
trois quart d'heure sans problème). |
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Un
adolescent qui manifeste davantage d'appréhension au niveau de la foule,
du bruit, de la proximité de l'autre, fait de grands progrès. En
situation difficile, son agressivité a pratiquement disparu et il peut
faire des tentatives, maladroites parfois, mais qui sont tout de même des
demandes de sa part pour qu'un tuteur s'occupe de lui. |
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Pour
l'instant, nous ne pouvons guère nous absenter de la classe pour aller
en salle des professeurs dans la journée, c'est un peu un handicap pour
nous car de ce fait, les échanges avec les collègues sont limités. |
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Certains
professeurs viennent dans notre classe au moment de l'interclasse de l3h à
13h30 et des idées commencent à germer pour que l'intégration
des adolescents autistes soient encore plus forte. Une sortie va être organisée
avec une classe de 6ème et trois professeurs, sortie d'une matinée
au musée des Sciences. Un professeur mène une enquête avec
des jeunes sur le tutorat. |
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Les
journalistes en herbe du journal du collège sont en train d'élaborer
un article, et pour ce faire viennent régulièrement dans notre classe.
Un élève de notre classe va intégrer la chorale du collège,
une demi-heure par semaine. |
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Nous
pouvons dire que ces premiers mois de fonctionnement nous ont semblé positifs
au niveau du tutorat. |
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La
classe pour adolescents autistes est un lieu de passages fréquents et d'échanges.
Le handicap est "présent" au sein du collège et il est
pris en compte par un groupe de jeunes plus important que nous ne l'avions envisagé.
Ces jeunes portent un regard positif sur l'autisme et ses conséquences. |
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Il
y a actuellement un dynamisme nouveau qui s'installe dans le collège par
rapport à l'aide à apporter à des jeunes différents
pour qui la scolarité au collège nous semblait un défi. |
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Mme
PEYRAS, Educatrice spécialisée
Avril 98 |
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| Mise
à jour : 20/04/05
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