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RETARD MENTAL ET SCOLARISATION
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UNE ÉDUCATRICE DANS LA CLASSE 1.

SPÉCIFICITÉ ET COMPLÉMENTARITÉ DES RÔLES

DE L'INSTITUTRICE ET DE L'ÉDUCATRICE SPÉCIALISÉE

La CLIS / SESSAD
de l'école Anatole France, à Rochefort (17)

Un exemple de travail partenarial avec un SESSAD
auprès d'enfants souffrant d'un retard mental et de troubles associés

 Le chapitre "Une éducatrice dans la classe" est composé de deux pages
è1.Le point de vue de l'institutrice
è 2.Une éducatrice dans la classe

Corine PetitJean, institutrice spécialisée, et Martine Braun, éducatrice spécialisée, qui ont en charge la clis/sessad de l'école Anatole France, à Rochefort (17), ont bien voulu nous communiquer leur bilan pour l'année 2000-2001. Nous en publions de larges extraits, en regrettons de ne pouvoir les reproduire in-extenso, et en retenant de préférence les descriptions et les analyses qui permettent de situer le rôle de l'éducatrice auprès des enfants et dans la classe.

ÉCOLE Anatole France
rue Anatole France
17300 ROCHEFORT
mél : anatole.france1@libertysurf.fr
Directrice : M. Delrieux
Professeur des écoles spécialisée : Corine PetitJean

Rappelons que nous appelons clis/sessad une clis dont tous les élèves sont affectés à un même sessad. Une convention a été passée entre la clis et le sessad, dont l'action s'exerce non seulement auprès de chaque enfant, individuellement, mais également auprès de la classe. Une éducatrice spécialisée du sessad, notamment, collabore directement avec l'institutrice.
On trouvera l'exemple d'une convention très voisine de celle de l'école Anatole France à la page Le règlement intérieur d'une clis.

SESSAD
rattaché à l'IME Château-Gaillard
128 bis, rue du 14 Juillet
17300 ROCHEFORT
Directeur : M. Durand
Éducatrice spécialisée : Martine Braun


PREMIÉRE PARTIE

LE POINT DE VUE DE L'INSTITUTRICE

l - Cadre général

 Le groupe classe 
Il serait souhaitable d'avoir deux classes...
Dix enfants de 7 à 12 ans, présentant une déficience intellectuelle de niveau léger/moyen, associée à des troubles du comportement variés (hyperactivité, anxiété, instabilité, agressivité) et des troubles du langage. Parmi eux, deux enfants trisomiques et un enfant polyhandicapé (auditif et visuel avec problèmes divers liés à la coordination motrice et à la nutrition). La caractéristique du groupe est la grande hétérogénéité d'âges, et de niveaux en terme de compétences, de capacités d'investissement personnel et d'attention. L'identité du groupe se renforce d'année en année. Pour certains enfants, il s'agit là de leur troisième année dans la clis. Toutefois, si cette identité de groupe permet à chacun de retrouver sa place, d'avoir une meilleure confiance en soi et à l'ensemble d'être mieux reconnu dans l'école, des décalages s'installent peu à peu et vont en s'accentuant entre les plus âgés et les plus jeunes. Ils peuvent entraîner des débordements au niveau comportemental, dont les limites sont parfois difficiles à contrôler (agressivité, mensonges...). On se rend alors compte que si l'on intègre les plus âgés individuellement dans une classe dans le cadre d'une activité avec des enfants de leur âge, les difficultés relationnelles s'aplanissent avec ces jeunes là, même si elles recommencent dès le retour dans le groupe classe. Il serait souhaitable d'avoir deux classes différentes, l'une pour l'accueil des 6 - 8 ans, l'autre pour l'accueil des 9 -12 ans.
 Encadrement 

Distinguer les rôles

Il est assuré conjointement par une enseignante spécialisée et une éducatrice spécialisée. Deux salles d'activités sont cette année à notre disposition (...).

Les enfants ont pris leurs repères par rapport à l'éducatrice et à l'enseignante ; ils savent bien qu'avec la maîtresse "on va travailler ! on utilise des livres et des cahiers !" Ils ont également compris que si la maîtresse intervient au niveau du travail dans ce qu'il y a de bien ou de mal, c'est par contre avec l'éducatrice qu'ils confrontent leurs difficultés de comportement, même si la maîtresse choisit d'appuyer, la plupart du temps, la remarque ou la prise de position de l'éducatrice, en leur montrant que cela les empêche de bien réussir aussi dans leur travail, alors qu'ils en ont les capacités. C'est une façon, pour nous de distinguer les rôles tout en recherchant la construction de l'unité de l'enfant. Nous avons mis en place, à ce sujet, un système de bouteilles et de sable coloré. Trois couleurs différentes, vert pour ce qui est réussi, orange pour ce qui est en cours d'amélioration et rouge pour ce qui ne va pas du tout, et des étiquettes sur lesquelles un contrat est passé avec chaque enfant, permettent d'aborder ces problèmes deux fois par semaine. Les échanges sont souvent intéressants et les réactions du groupe, consensuelles. Ces moments sont menés soit par l'éducatrice, soit par l'enseignante mais les deux sont toujours présentes et interviennent dans un objectif de renforcement de la prise de conscience et de la motivation de chaque enfant à mieux faire.

 
2- Le rapport éducatrice-enseignante 
Un rapport de complémentarité, sur la base du projet individuel
C'est un rapport de complémentarité. Il n'y a pas d'un côté l'éducatrice avec son programme d'activités et de l'autre l'enseignante avec le sien. Nous nous concertons pour mettre en place une continuité au service des apprentissages quels qu'ils soient et de la construction de l'enfant. Le projet individuel nous sert de base et à l'intérieur des objectifs visés nous construisons nos activités en tenant compte des compétences de chacune. Les enfants sont répartis en deux groupes, celui des grands et celui des petits. D'un commun accord, nous avons choisi de solliciter au plan scolaire davantage les grands que les petits, qui ont encore besoin de changements fréquents d'activités et de jeu.


3 - 4 - Les actions pédagogiques avec le groupe des grands et
avec le groupe des petits

Pour prendre connaissance des actions pédagogiques conduites par Mme PetitJean, on se reportera à son bilan pédagogique intégral. Mme PetitJean donne le détail des actions conduites dans les domaines du langage, de la lecture et de la numération. Elle observe aussi que l'éducatrice ne reste pas étrangère à ces actions et qu'elle intervient en particulier dans les activités langagières.S'adresser directement à Mme PetitJean :
french-antic@club-internet.fr


 
5- Activités en grand groupe 
Construire l'identité du groupe classe

Elles sont repérables sur l'emploi du temps, et sont immuables ou presque, parce que nécessaires à la stabilité, à la construction de l'identité du groupe classe et permettent aux enfants de se retrouver autour d'activités repères bien établies dans leur esprit. Ce sont :

- l'inscription au tableau des responsabi1ités : Chaque matin, après avoir déposé leur cahier de liaison sur nos bureaux, les enfants s'installent devant ce tableau. Nous désignons l'un d'eux qui a en charge les inscriptions pour la journée. Les responsabilités sont diversifiées (calendrier, météo, menu, facteur, goûter, propreté du tableau, rangement des feutres et crayons, coup de balai du soir, arrosage des plantes). Elles permettent à chacun de participer activement à la vie de la classe en choisissant quelque chose qui lui plaît et qu'il se sent capable d'assumer. L'objectif principal de ce moment est le développement de la confiance en soi, avec au second plan, celui de la socialisation (...).
- l'écoute musicale
- le goûter : Il a lieu à 9h45, et est mené par l'éducatrice. Je reste en retrait, à mon bureau, tout en étant à l'écoute, prête à appuyer les interventions de celle-ci, dans le cadre d'un renforcement. Mais je n'interviens pas directement.
- le temps libre : Entre 13h30 et l4h. c'est un moment très important qui nous a permis d'avoir une position d'observateur et de constater les difficultés des uns et des autres à occuper leur temps libre. Nous en sommes arrivées à la conclusion qu'il fallait leur apporter des activités adaptées à leurs capacités afin de les capter et de les aider à s'organiser de la façon la plus autonome possible, tout en étant capables de s'atteler à une activité et de la mener à son terme. L'éducatrice, à ce niveau, a proposé à chacun, un ensemble de petits travaux, et une boîte individuelle personnalisée. A ce jour, les progrès sont notoires. Ce temps "libre" est de mieux en mieux géré, même s'il y a eu intervention de l'adulte très souvent.
- la biodanse : Les séances ont lieu le lundi et le jeudi, intercalées avec des séances de rythmes menées par l'éducatrice. La biodanse (...) est une méthode basée sur des exercices de composition libre, qui permettent à chacun de réactiver ses forces vitales, de dénouer les tensions en éveillant et développant ses potentialités. C'est une discipline d'épanouissement qui, avec les enfants, s'articule autour de trois axes fondamentaux que sont la vitalité, l'affectivité et la créativité, afin de favoriser la spontanéité, la confiance en soi et l'ouverture aux autres (...).Cette activité ne passe ni par la parole, ni par la pensée, d'où l'intérêt avec des enfants atteints de troubles mentaux dont les capacités de mentalisation et de mise en jeu de la pensée peuvent être un frein à toute autre technique (...).
L'éducatrice toujours présente a eu la possibilité de se placer en observateur pour prendre des notes sur les comportements et évolutions des enfants. Toutefois, je regrette de ne pas avoir pu suivre de formation dans ce domaine et je dois donc essayer de faire évoluer les choses par moi-même ou en discutant avec ma collègue pour que la progression soit cohérente.
 
6- Les intégrations 
Confronté aux enfants
de son âge

C'est l'un des objectifs primordiaux de la clis que de tenter, lorsque c'est possible, d'intégrer un enfant dans certaines activités, qu'elles soient ponctuelles ou non, au sein d'autres classes de l'école.

Ainsi, cette année, à travers les projets individualisés, nous avons choisi d'intégrer les enfants suivants : - Kévin (un petit) : en lecture, dans une classe de CP (...)
- Christopher (un grand de 12 ans) : en éducation physique, dans une classe de CM (...)
-Myriam (une grande de 12ans) : en arts plastiques, dans une classe de CM. Les problèmes importants de comportement de cette enfant, ainsi que la différence d'âge avec les petits du groupe classe, ont nécessité cette démarche. Myriam s'est alors confrontée aux enfants de son âge, apprenant un peu à se poser et à limiter ses débordements, même si ceux-ci reprenaient dès son retour en classe. Cette intégration lui a été bénéfique.
- Stéphanie (l0ans) : en arts plastiques, dans une classe de CE 1. Cette intégration avait pour objectif de mettre un point fort en valeur (...).Malheureusement, une absence de longue durée de la collègue de CE 1, de janvier à juin, est venue mettre fin à cette heureuse expérience.
- Sébastien (10ans) : Une intégration en lecture devait se faire dans cette même classe de CE 1 (...).
Outre les intégrations individuelles, nous avons participé à des projets ponctuels, avec d'autres groupes.
1 - Une sortie dans une coopérative pour la fabrication du jus de pomme, avec les jeunes du foyer de l'IME Château Gaillard.
2- Un projet de construction de nichoirs, dans le cadre de notre projet de classe "la réalisation d'un jardin d'oiseaux", avec une classe de CM et les jeunes du foyer dans un deuxième temps.
3- Une sortie commune avec les jeunes du foyer de l'IME toujours dans le cadre de notre projet, à la station de lagunage de Rochefort, pour y découvrir et observer les oiseaux.
4- Une intégration en musique, pour le groupe des petits, avec une classe de CP, pour des séances animées par un intervenant de l'école de musique, chaque semaine, sur l'année.
 
7- Le travail en équipe 
Des craintes pour l'avenir
Le travail en équipe s'est révélé enrichissant et constructif, selon une courbe croissante, depuis l'année dernière.
Les réunions de chaque lundi, au cours desquelles se retrouvent tous les intervenants relevant tant de l'Éducation nationale (le directeur de l'école et moi-même), que de la Santé (le directeur du SESSAD qui est également le directeur de l'IME, l'éducatrice, la psychologue, le médecin psychiatre, l'orthophoniste, la psychomotricienne) permettent d'aborder régulièrement tout problème relatif aux enfants, d'ajuster les différents projets, si besoin est, de rompre le danger de l'isolement professionnel qui pourrait guetter chacun de nous. C'est un moment d'échange indispensable, où la spécificité de chaque professionnel est reconnue et d'où il ressort une réelle entente consensuelle.

En terme d'isolement, j'ai tout de même quelques craintes dans un avenir proche, car le quart de décharge de direction qui permettait au directeur d'être présent aux différentes réunions, d'avoir une action au plan des courriers et des échanges administratifs en cogestion avec le directeur du SESSAD, de m'accompagner à la piscine avec les enfants puisque le groupe classe se retrouve scindé en deux lors de ce créneau, de participer à l'effort d'intégration au niveau de l'ensemble de l'équipe pédagogique, et d'assurer une représentation hiérarchique éducation nationale, dans les réunions de l'ensemble de l'équipe, est supprimé. C'est dommageable pour ces raisons. De plus, je serai dès l'année prochaine, la seule représentante éducation nationale sur le terrain alors qu'il s'agit d'un projet en cogestion.

Conclusion

Cette première approche autour d'un bilan personnel et des ressentis de cette année, m'a permis de clarifier mon action et le travail réellement effectué auprès des enfants. Il ne s'agit pas là d'un bilan d'auto satisfaction, mais d'un compte rendu devant permettre un retour, en terme de suggestions ou de remarques, dans un objectif de progression au niveau du fonctionnement pédagogique de la clis-sessad.

Fait en juin 2001
Corine PETITJEAN, institutrice spécialisée

Mise à jour : 01/09/01


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