INTEGRATION
SCOLAIRE
& PARTENARIAT
 
présentation

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A propos du concept de

troubles du comportement

   
Le décret sur les ITEP du 6 janvier 2005
Le décret du 6 janvier 2005 relatif aux ITEP propose une approche des "troubles du comportement" centrée sur leur nature psychologique, tout en reconnaissant leur caractère handicapant : "Les instituts thérapeutiques, éducatifs et pédagogiques accueillent les enfants, adolescents ou jeunes adultes qui présentent des difficultés psychologiques dont l'expression, notamment l'intensité des troubles du comportement, perturbe gravement la socialisation et l'accès aux apprentissages. Ces enfants, adolescents et jeunes adultes se trouvent, malgré des potentialités intellectuelles et cognitives préservées, engagés dans un processus handicapant qui nécessite le recours à des actions conjuguées et à un accompagnement personnalisé (…)" (Art. D. 312-59-1).
Le décret recommande donc une prise en charge ou un accompagnement pluridisciplinaire ayant pour but d'amener ces personnes "à prendre conscience de leurs ressources, de leurs difficultés et à se mobiliser pour aller vers leur autonomie". Les ITEP sont donc conduits à dispenser des soins et des rééducations. Le rôle central de la psychiatrie est affirmé dans la circulaire d'application du décret (du 14 mai 2007) mais aussi la nécessité de prendre en compte l'ensemble des interactions avec l'environnement familial, scolaire et social.
Une approche psychiatrique des troubles du comportement chez les adolescents
"Le trouble du comportement vient à la place d'une prise de conscience insupportable à laquelle il substitue un acte, une conduite agie dont une des finalités essentielles est d'assurer un contrôle sur les objets externes de l'environnement, alors que l'adolescent se sent menacé d'être débordé par les conflits qui agitent son monde interne psychique."
(Philippe Jeammet, la dépression chez l'adolescent, in Lebovici et coll. "Traité de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent" PUF, 1985, tome 2, page 211)
   
Du handicap et de la prévention du handicap
La question est de savoir où se situe le seuil à partir duquel le trouble du comportement passe du côté du handicap… En fait, il semble que ce soit une question de degré, mais il y a un moment où la différence de degré devient une différence de nature.
Toutes les difficultés psychologiques des enfants, adolescents ou jeunes, ne constituent pas une raison suffisante d'orientation en ITEP, mais seulement dans la mesure où "leur intensité et leur caractère durable en constituent un des éléments essentiels" et où "les manifestations perturbant la scolarisation et la socialisation, qu'elles s'expriment sur un mode d'extériorisation ou de retrait, ne sont pas d'ordre passager, circonstanciel ou réactionnel." Les enfants ou les jeunes concernés se trouvent engagés "dans des processus complexes d'interactions entre leurs difficultés personnelles, leur comportement et leur environnement, et sont en situation ou risque de désinsertion familiale, scolaire ou sociale."
Dans cette perspective, on conçoit que les professionnels et les parents se montrent prudents avant de prononcer des diagnostics trop pessimistes et d'envisager des orientations peut-être trop précipitées et stigmatisantes comme le seraient une reconnaissance du handicap et une orientation par la MDPH en ITEP ou même en CLIS. On retardera donc ce moment tout en mettant en œuvre des interventions destinées à assurer à l'enfant ou à l'adolescent les soins et les rééducations nécessaires en vue de réduire ses difficultés psychologique et de lui permettre d'assumer sa place dans son environnement. Ces interventions pourront être celles de professionnels et de services tels que centres d'action médico-sociale précoce (CAMSP), centres médico-psycho-pédagogiques (CMPP), services de psychiatrie infanto juvénile, pédopsychiatres, mais aussi réseaux d'aides et enseignants spécialisés,
 
Extrait du rapport de Denis Piveteau :"Zéro sans solution" - 10 juin 2014
  http://www.accueil-temporaire.com/sites/default/files/public/actualite/rapport_zero_sans_solution.pdf
Un point important de terminologie
Les problèmes comportementaux jouent très souvent un rôle – et parfois un rôle déterminant – dans les ruptures de parcours. L’imprécision des termes employés pour les décrire est à la source d’un certain nombre de confusions.
Ainsi, il ne faut pas confondre « troubles envahissants du développement » (TED) qui est un diagnostic et désigne l’autisme dans la CIM10 (et par ailleurs désigné par « TSA », troubles du spectre autistique, dans le DSM-V) avec les différentes manifestations pour lesquelles est souvent utilisée dans le langage courant l’expression « troubles du comportement ».
Ces « troubles du comportements », que l’on qualifie quelques fois de « graves » ou « sévères », ne sont que des manifestations comportementales aux multiples causes possibles et les TED/TSA ne sauraient leur être identifiés.
Rien ne permet de dire, en effet, que ces manifestations, qui peuvent d’ailleurs survenir dans de nombreuses situations de handicap (traumas crâniens, IMC, déficience intellectuelle ...) sont intrinsèquement liées à tels ou tels troubles, handicap ou maladie. Il peut tout simplement s’agir – et il s’agit sans doute très souvent – de l’expression d’une émotion, d’une attente ou d’une demande parfaitement normale, ou d’une douleur parfaitement explicable, que la personne ne parvient pas à exprimer et qui doivent être considérées en tant que telles.
De même, des éléments d’environnement, par exemple une insuffisante structuration temporelle ou spatiale, des espaces inadaptés aux spécificités sensorielles, ou l’adoption d’attitudes inappropriées dans la relation, peuvent se révéler décisifs.
Dans l’expression « troubles du comportement », le mot « troubles » introduit donc une dangereuse ambiguïté, en paraissant introduire une liaison causale directe avec la déficience à l’origine du handicap.
Même si elle est courante, cette formulation devrait être fermement évitée.
Le rapport adoptera, pour désigner ces manifestations comportementales qui engendrent aujourd’hui toutes les difficultés que l’on sait, débouchant souvent sur la mise à l’écart dela personne, les expressions de « comportements-problèmes » ou de « comportements – défis », qui font aujourd’hui consensus.
 

Mise à jour : 05/05/16


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