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TROUBLES DU COMPORTEMENT ET SCOLARISATION
présentation

Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page13.htm

La CLIS médico-psychologique
de l'école Lavoisier, à La Rochelle

Exemple de travail partenarial avec un Hôpital de Jour
auprès d'enfants souffrant de troubles du comportement

  
Historique de la classe  
  Travailler au niveau du groupe  
A l'origine de la réorganisation de cette CLIS, l'appel au secours d'une institutrice qui avouait que certains enfants suivis par l'intersecteur de pédopsychiatrie perturbaient complètement sa classe. "Faire la classe" était devenu faire la police un quart d'heure pour obtenir cinq minutes de travail, et au premier incident, au premier geste suspect, au premier regard de travers, la classe qui éclate à nouveau... Et des enfants toujours prêts à "passer à l'acte"...

Ecole Lavoisier

31, Avenue Victor Schoelcher
17000 LA ROCHELLE
05 46 44 16 56
Vincent BERNARDEAU, Directeur
e-l-larochelle@ac-poitiers.fr
Nathalie LE PICARD, Institutrice spécialisée
Brigitte PETIT, Educatrice spécialisée
U.P.E.A.
(Unités psychothérapiques pour enfants et adolescents)
208, rue Marius Lacroix
17022 LA ROCHELLE Cedex 01
Secrétariat : 05 46 45 60 30
Dr. Didier LAMBERT,
Chef de Service
On s'était orienté vers des intégrations à temps partiel, mais qui rendaient encore plus difficile la cohésion de la classe... Une solution aurait été de renvoyer à l'hôpital de jour, où ils auraient été parfaitement à leur place, ces enfants impossibles qui présentaient des troubles graves du comportement et de la personnalité. Mais avec le médecin chef de service de l'intersecteur, nous avons tenté une autre voie : c'est l'hôpital de jour qui viendrait à l'école. Nous avons pensé qu'il fallait conjuguer plus étroitement la scolarisation et les soins, que le service de soins devait accompagner les enfants tout au long de la journée et qu'il fallait travailler non seulement auprès de chaque enfant, comme c'était déjà le cas, mais aussi au niveau du groupe. Là réside l'idée originale (?) qui a présidé à la réorganisation de la classe. A quoi sert-il que l'institutrice se décarcasse à faire passer des contenus, s'il n'y a pas de contenant ?
L'idée fut donc retenue que le service soignant devienne présent jusque dans la classe, notamment en y détachant un éducateur spécialisé.
  Un partenariat renforcé
La CLIS médico-psychologique de l'école Lavoisier, à La Rochelle, est donc fondée sur un partenariat étroit entre l'école et le service de pédopsychiatrie de l'hôpital de jour de La Rochelle. Les troubles psychiques des enfants et les  problèmes de comportement qui en résultent sont tels que la scolarisation, l'éducation et les soins psychologiques ne peuvent être dissociés.
La classe ne reçoit donc, par convention, que des enfants pris en charge par le service psychothérapique (1), et un éducateur spécialisé de ce service est présent tous les matins dans la classe (2). La prise en charge de tous les enfants par un même service permet d'unifier les actions pédagogiques, éducatives et thérapeutiques non seulement auprès de chaque enfant mais aussi au niveau du groupe classe.
La mission de l'éducateur spécialisé présent dans la classe est donc double (3). Il n'intervient pas comme instituteur bis. Son rôle éducatif s'exerce d'une part au service de chacun des enfants, dont les journées peuvent être ponctuées de comportements fâcheux dans une classe ou de réactions incompréhensibles, et qui ont besoin d'un accompagnement fort et personnalisé. Il contribue d'autre part à la constitution d'un groupe/classe suffisamment contenant et sécurisant pour permettre les apprentissages.
Le partenariat ne se limite pas à la relation instituteur/éducateur spécialisé. Le directeur de l'école joue également un rôle relationnel important auprès des collègues enseignants de l'école, auprès des familles, et vis à vis des personnels du service de soins. Il préside, conjointement avec le médecin chef, les réunions de synthèse. Il bénéficie, au regard de ces tâches, d'une journée de décharge hebdomadaire.
Le service de pédopsychiatrie a accepté de fonctionner à la manière d'un SESSAD, comme d'ailleurs la circulaire du Ministère de la Santé relative à la santé mentale y invite, en recommandant d'utiliser les ressources de la Loi du 30 juin 75 (4) : l'hôpital de jour et l'éducation nationale sont liés par une convention. Chaque enfant bénéficie d'un projet individuel.
Pierre Baligand, IEN AIS
Extrait du livret d'accompagnement du film de la classe - avril 2000
  (1) UPEA : Unités Psychothérapiques pour Enfants et Adolescents.
(2) La classe, de dix élèves, est au complet tous les matins. Durant les après-midi, des enfants peuvent être en classe avec leur institutrice, mais d'autres peuvent être en soins, ou être intégrés à temps partiel dans une autre classe de l'école, ou participer à des activités décloisonnées…
(3) Sur les rôles de l'instituteurete de l'éducateur, voir : "La complémentarité des rôles de l'instituteur et de l'éducateur spécialisé"
(4) Voir ci-dessous : textes officiels.
 
ORGANISATION GÉNÉRALE
La CMPI fonctionne sous l'autorité conjointe de l'Education Nationale et de la Santé, représentée par le Directeur de l'école et le Médecin Chef de l'Intersecteur nord de pédopsychiatrie.
Le Projet de la classe
Pratiquer un enseignement adapté dont les programmes sont communes à tous les élèves du cycle Il et du cycle III, pour amener les enfants à lire, écrire et compter. Développer au maximum les capacités cognitives des enfants, la sensibilité, le sens de la coopération, la solidarité, le civisme, favoriser l'expression dans toutes les activités.
La classe a pour objet principal l'intégration d'enfants présentant des difficultés dans leurs apprentissages scolaires et dans leur développement psychologique.
La classe, qui accueille 10 élèves du cycle II, est animée par un instituteur spécialisé à temps complet et un éducateur spécialisé intervenant au minimum 5 demi-journées.
Le Projet Thérapeutique
Le médecin psychiatre assure la régulation médico-psychologique de cette structure. Tous les enfants de la classe bénéficient obligatoirement de soins dispensés par l'Intersecteur nord de Pédopsychiatrie.
Des thérapeutes du secteur privé peuvent être associés à ce projet de soins après accord du médecin responsable.
Le médecin psychiatre reçoit les enfants et leurs parents en consultation. Une psychologue et une assistante socio-éducative, appartenant au Service de Pédopsychiatrie, complètent l'équipe et interviennent auprès des enfants et des familles, selon les modalités définies par le projet thérapeutique.
Admission
L'admission des enfants est décidée en partenariat Education nationale/service de soins, lors d'une commission spécifique réunissant le médecin chef de l'intersecteur de pédopsychiatrie, l'Inspecteur de l'Education nationale, les responsables de la classe (institutrice, éducatrice spécialisée), et à laquelle est convié l'enseignant référent du secteur.
Réunions d'information et de concertation
Les enfants et leurs familles, éventuellement leur référent social, l'équipe pédagogique et thérapeutique, se réunissent une fois par trimestre pour échanger sur la vie de la classe.
 
Les points de vue des acteurs
  Le directeur de l'école
Située dans la ZEP de Villeneuve-les-Salines à La Rochelle, l’école Lavoisier compte une classe spécialisée sur un total de sept classes : une CMPI, Classe Médico-Psychologique d’Intégration. Cette CMPI est une classe à part entière qui suit les règles de vie communes : horaires, plannings et créneaux horaires pour les salles spécifiques, sorties, participation à des projets, notamment dans le cadre du contrat de réussite ZEP…
La différence, outre les difficultés particulières à chaque élève, tient au fait que l’effectif de la classe n’est présent au complet que le matin, l’après-midi étant réservé pour certains aux soins dans les différents services de l’intersecteur de pédo-psychiatrie, tandis que les autres sont avec l’enseignante seule dans la classe, ou en intégration dans d’autres classes.
L’intégration individuelle partielle dans une classe de cycle 2, si elle se révèle pertinente, se construit au sein du conseil de cycle 2. L’intégration collective se fait a priori sans exclusive ( mais parfois avec des aménagements ) dans les ateliers décloisonnés du cycle 2 et dans les activités liées aux éventuels  projets, comme pour les autres classes.
L’important, pour des enfants souffrant de troubles psychologiques, est la scolarisation dans une « vraie » école avec ses projets, ses règles et ses cadres qu’il convient de respecter, même si cela présente parfois individuellement des difficultés.

La vie de la CMPI, originale du fait de la présence d’une éducatrice spécialisée aux côtés de l’enseignante, a pu avoir un effet d’entraînement pour les autres classes. Ainsi, l’élection de délégués dans cette CMPI s’est-elle élargie à toutes les classes avec constitution d’un conseil de délégués. Au sein de ce conseil des rappels au droit à la différence sont exprimés : différence de culture, de couleur de peau, mais aussi de comportement. Cette initiation à la notion de tolérance fait que le regard des autres élèves se banalise, réduisant en nombre l’expression de jugements de valeur péremptoires.

La présence de ces élèves dans l’école enrichit également la réflexion de l’équipe pédagogique, dans le domaine de la psychologie de l’enfant en général et plus particulièrement dans celui de la psychologie de l’enfant en souffrance, présent à des degrés moindres dans toutes les classes. Cette réflexion permanente permet en concertation la recherche de solutions durant les moments de crises, et contribue à améliorer au cours de l’année les comportements des élèves de cette classe, facilitant ainsi l’accès aux apprentissages.
Il est également primordial de coordonner le suivi des enfants avec les UPEA et le CAMPEA, et ce de façon régulière. L’investissement au niveau des unités de soin, dirigé par Mr le Docteur Lambert est conséquent. L’Education Nationale a pour sa part un rôle important à tenir. Une telle expérience qui en est aujourd’hui à sa douzième rentrée mérite qu’on y accorde une attention particulière.
Vincent Bernardeau, directeur de l'école Lavoisier
 10 janvier 2009
   
  L'institutrice
La CMPI fait sa 12ème rentrée à l’école Lavoisier.
Cette classe accueille 10 élèves âgés de 7 à 10 ans. Ils sont obligatoirement présents le matin dans la classe et bénéficient de soins certains après-midi au CAMPEA, UPEA ou CATTP.
J’anime cette classe depuis maintenant 7 ans. Je suis présente tous les jours (lundi, mardi, jeudi et vendredi) et ma collègue, éducatrice spécialisée est présente tous les matins et les lundis et vendredis toute la journée.
La classe travaille en partenariat avec la santé et les familles (image du puzzle : si une pièce manque, le projet est défaillant. Il faut à ce moment là reposer le cadre.
En ce qui concerne les apprentissages, je me base sur les programmes du cycle 2. Pour l’apprentissage de la lecture, j’utilise la méthode gestuelle de Borel-Maisonny à laquelle une grande majorité des élèves non lecteurs adhère.
Mes objectifs sont d’aider les élèves à accéder aux apprentissages, de leur susciter le désir d’apprendre et de communiquer, de leur permettre de s’investir de façon positive en travaillant sur leur image d’enfant, de favoriser l’intégration dans les classes ordinaires.
Les élèves ont la possibilité d’aller dans un espace (la pièce à se refaire un santé) pour s’exprimer individuellement avec l’éducatrice, Mme PETIT, ou quand cela devient trop difficile de rester dans le groupe. Après s’être restauré, l’enfant peut revenir.
Tous les ans, la CMPI monte un projet de classe dont le thème est défini en fonction de la problématique du groupe. Un spectacle est ainsi crée et présenté au mois de Juin devant tous les élèves de l’école élémentaire et maternelle ainsi que les familles et les partenaires (3 représentations au total !).
Les élèves bénéficient également de diverses activités physiques et culturelles : natation, équitation, judo, athlétisme, « école et cinéma », rallye lecture…. Ces activités sont pour la plupart pratiquées avec les autres classes, favorisant ainsi l’intégration.
Mais que deviennent les élèves après avoir passé une année voire 2 maximum à la CMPI ?
Si on fait le bilan des 7 dernières années, sur 40 élèves, 21 ont été orientés en CLIS (dont certains ont été intégré et sont maintenant en SEGPA), 15 ont poursuivi leur scolarité en classes ordinaires et 4 ont été orienté vers un établissement (IME, ITEP, IRP).
Nathalie LE PICARD, enseignante spécialisée.
5 janvier 2009
   
  L'éducatrice spécialisée
Ils sont dix. Ils arrivent confiants et inquiets à la fois, car ils vont à l’école, comme tous les autres élèves. Ils sont élèves  à la CMPI. Ils sont là, pour reprendre contact avec les apprentissages et la vie en groupe.
Ils ont une histoire similaire (échec scolaire, maltraitance, abus sexuels, placements, séparation, deuil, précarité). Ils vont partager un espace commun, la classe. Celle-ci va devenir progressivement un espace contenant, sécurisant. A travers les rituels, la règle de vie, ils vont construire un groupe, leur groupe. Un sentiment d’appartenance prend forme. Ensemble, ils vont accéder à une histoire commune, qui va créer un lien. Ce lien ténu au départ, va prendre consistance à travers l’organisation immuable de la classe. Il va aider à grandir, à se construire, à oser s’exprimer. Ils vont semer comme « Petit Poucet » des attaches, pour se sentir en sécurité.
Le thème de l’histoire prend sa source à travers la vie de la classe. Elle va être notre base de travail et nous allons l’exploiter sous différentes formes (lecture, dessins, écritures, recherche personnelle, travaux manuels, stage). C’est le cirque qui a été retenu. Tous les enfants sont d’accord et montent dans la caravane du cirque.
L’idée se confirme de jours en jours : travailler autour de la lettre, du signe (méthode Borel-Maisonny), pour aboutir à un spectacle en fin d’année scolaire. Le travail pédagogique et groupal est axé sur le spectacle. C’est le moteur. Celui qui va entrainer les élèves, vers un but commun.  Nous travaillons sur le partage, la communication, l’écoute de l’autre, la place de  chacun. Les enfants s’impliquent, et prennent conscience des autres. La dynamique groupale s’installe et se fortifie.
La réussite de cette aventure est basée sur les règles de la vie de la classe. Elles nous lient les uns aux autres. C’est le ciment, sur lequel, chacun va s’appuyer, pour aller chercher au plus profond de soi, les trésors enfouis.
Chacun désire un rôle dans ce cirque. Nous construisons ensemble la trame de l’histoire. Nous inventons des personnages. L’histoire groupale prend vie à travers l’envie des enfants.
Nous répétons de janvier à juin, dans le gymnase de l’école. Nous y établissons les limites, qui permettent de se sentir, soutenu, contenu, protégé. Alors, les corps  s’éveillent, s’animent,  les gestes deviennent plus précis. Les enfants jouent, s’expriment, s’autorisent, en utilisant une multitude d’objet, découvert lors d’un stage de cirque : le ballon suisse où on découvre l’équilibre, la poutre, les balles, le trampoline, le pédalgo, la pyramide humaine, les clowneries…
Les décors prennent forme : feuilles, crayons, peintures, ciseaux et colle s’animent dans les mains des petits et des grands, pour donner vie au décor.
Arrive enfin, l’instant tant attendu : la Représentation devant les familles et les différents partenaires (UPEA, CAMPEA, CATTP).
Spots et lumières accueillent une musique dynamique. Elle suscite chez les enfants le bonheur d’exister et de réussir, à chaque étape du spectacle. Le groupe est solidaire. Chacun apporte sa contribution et aide son partenaire.
Après une remise des médailles, à chacun des enfants, le rideau se ferme pour laisser les spectateurs, encore émerveillés par le don  et le naturel de tous ces enfants.
A bientôt les enfants.
Brigitte Petit, éducatrice spécialisée
2 janvier 2009
Note complémentaire de l'institutrice et de l'éducatrice sur le travail en binôme
Une des particularité de la CMPI est que nous l'animons à deux : une enseignante spécialisée et une éducatrice spécialisée.
"Mais qui fait quoi exactement? Ce n'est pas trop difficile d'être deux? Et l'éducatrice....c'est comme une ATSEM? etc...". Voilà les questions que l'on a pu entendre et pour lesquelles nous répondons en chœur : "Chacune a un rôle spécifique, clairement défini et respecté.Le fait d'être à deux auprès des élèves symbolise "le couple" qui rassure et amène un équilibre.
Non, l'éducatrice n'est pas une ATSEM ! c'est une professionnelle de la santé, détachée par l'hôpital, pour travailler en binôme, dans une classe. Et ce qui fait la réussite de cette classe, entre autre, c'est la bonne entente que nous avons toutes les deux, marquée par le respect mutuel. Quelle chance ! Nous allons vers le même chemin guidé par les projets individuels et celui de la classe. Et quand bien même nous ne serions pas d'accord sur un point, nous en discutons ensuite....mais pas devant les enfants!
Les élèves sont très sensibles à notre complicité. Et comme on dit : "l'union fait la force!"
Nathalie LE PICARD et Brigitte PETIT
  voir aussi : "La complémentarité des rôles de l'instituteur et de l'éducateur spécialisé"
 
Le médecin psychiatre  
Ecrit en avril 2000, la première année de l'ouverture de la classe
Principes de fonctionnement de la CLIS médico-psychologique
 
  La métaphore groupale (le bateau, l'avion) signifie l'appartenance de tous les acteurs à un cadre spatio-temporel précis, défini par la classe, la durée de la scolarité et ses objerctifs (l'accès aux apprentisssages élémentaires ou plus simplement l'accès au code).
Reconnaître la priorité de l'interactivité groupale.
L'éducateur spécialisé favorise la dynamique et la contenance du groupe, celle-ci s'appuie :
  • sur les rituels qui confortent le sentiment d'appartenance groupale, et qui assurent la prédictibilité du cadre. Au fil du temps leur sens s'accroît de données émotionnelles, collectives et individuelles.
  • sur l'élaboration d'un maillage souple, mais ferme, qui fixe des limites :
    - à l'expression désordonnée (règles, interdits, représentation concrète des limites telle la boîte à colère) qui peut conduire à l'explosion destructrice (pièce d'isolement ou de réflexion).
    - à la possessivité qui exclut l'autre, par le partage et l'introduction des règles collectives.
    - au groupal qui laminerait l'individu, au travers de modes éducatifs restituant la place de chacun, par l'usage de la table de l'orateur.
La fonction contenante est telle une portée musicale, ce qui permet la créativité des enfants et de l'enseignant, chacun cherchant à composer la partition qui le mènera à destination.
L'enseignant spécialisé en CLIS s'appuie sur les principes :
  • d'accepter le fait que les connaissances qui influencent le plus le développement d'un individu sont celles qu'il découvre de lui-même et qu'il s'approprie après avoir solutionné le problème qui lui est posé ;
  • de reconnaître la priorité de l'interactivité groupale, pour conférer aux acquis valeur de communication et de socialisation ;
  • d'aider les enfants à connaître leur environnement, en établissant des liens entre leur perception et/ou leurs analyses, pour mieux différencier les objets par un travail de catégorisation, préalable indispensable à l'élaboration de référents stables, définis comme des invariants par Piaget ;
  • de respecter les compétences de chaque enfant, dans l'élaboration du projet groupal : celui-ci doit se nourrir des apports de chacun, mais établir un équilibre précis entre stabilité et changement, unité du groupe et différenciation progressive des individus ;
  • sur l'acceptation bienveillante de l'école et des autres maîtres, pour accueillir ces enfants dans leur classe, et les intégrer réellement à leurs cours ;
  • sur l'étayage de l'équipe de soins qui tente de restaurer les blessures individuelles et familiales hors de l'enceinte scolaire, l'éducateur spécialisé assurant l'interface entre la socialisation et la pédagogie.
Docteur Lambert, Médecin Chef de l'Intersecteur nord de pédopsychiatrie de La Rochelle.
Extrait du livret d'accompagnement du film de la classe - avril 2000
Présentation de la CMPI

lors de la journée de l'AFPSSU - 16 janvier 2009
La classe médicalisée spécialisée est née d’un constat qu’une enseignante de classe de perfectionnement devait accueillir seule des enfants très majoritairement pris en charge par l’intersecteur de pédopsychiatrie pour leurs difficultés d’apprentissage en général et en groupe en particulier.
Il convenait donc d’apporter une réponse partenariale permettant d’articuler les soins médico-psychologiques à cette classe spécialisée en unifiant les principes et les actions, éducatifs et cognitifs, tout en respectant la distinction des deux espaces.
Nous avons proposé d’appliquer certains principes de fonctionnement de nos groupes thérapeutiques ambulatoires ou institutionnels à cette classe.
Pour cela nous avons décidé de détacher des unités de soins une éducatrice spécialisée à mi-temps afin qu’elle s’assure de la fonction contenante de la classe en correspondance avec ce que nous nommons le maternage institutionnel.
Elle veille avec l’enseignante à instaurer un cadre éducatif et pédagogique caractérisé par :
  1. La permanence spatio-temporelle à 5 demi-journées rassemblant obligatoirement les enfants et les deux référents tuteurs, les activités de soins ambulatoires ou hospitalisations prenant place les autres demi-journées,
  2. La ritualisation des séquences d’entrée et de sortie du groupe de classe mais aussi celles qui rythment la vie de la classe. La ritualisation n’est pas une répétition figée et stéréotypée, mais l’installation d’un maillage qui à l’instar du quadrillage des cahiers scolaires sert de trame organisatrice qui guide et permet d’analyser les processus en cours tout en favorisant l’anticipation sécurisante (après ça, il y aura cela) et en créant le sentiment d’appartenance.
Le groupe peut produire de la nouveauté si la dynamique groupale est prise en compte pour saisir les émergences créatives et en soutenir le développement intégré.
            - l’analyse de la dynamique groupale pour accompagner les mouvements fusionnels qui s’appuient sur le pareil, l’indifférenciation et les éprouvés émotionnels et sensoriels et leur oppposer la différenciation de soi et le recours aux représentations et aux signes,
            -  la constitution d’une histoire de groupe qui peut s’appuyer sur une métaphore unifiante (le bateau, l’avion, etc…) mais aussi sur un projet d’activités (le cirque). Cette activité narrative permet de rassembler les représentations conscientes et inconscientes des animateurs de la classe (et donc de les réguler lors des réunions de fonctionnement avec le psychiatre responsable) et l’histoire souvent chaotique des enfants qui trouvent dans un étayage organisateur pour lier leur parcours existentiel à celui du groupe. Nous leur proposons à cet effet divers outils, le cahier de liaison, la table de l’orateur où chacun peut faire entendre sa parole, l’élection d’un délégué de classe à partir de programmes établis par les candidats et enfin, la mise en œuvre d’un projet de groupe qui se conclura par un spectacle original en fin d’année,
            - par la rédaction collective des règles régissant la vie commune et définissant les interdits. Les transgressions sont sanctionnées selon des modes concrets et gradués qui soutiennent l’auto-évaluation et l’auto-correction. Enfin, aux actes les plus graves (par exemple de violences à autrui) nous apportons des réponses dramatisées qui s’inspirent des rituels sociaux et en particulier judiciaires. Le recours à la triangulation des interactions permet d’éviter l’impasse des échanges duels et de développer de multiples triangles interactifs au sein de la classe, de l’école et avec les parents et les services de soins.
L’activité pédagogique est guidée par des principes et des concepts intégrant les apports des neurosciences des grands courants de la psychologie, de la psychanalyse et des sciences cognitives.
L’accès à un savoir nouveau déconstruit les croyances antérieures (ce qui peut inhiber l’enfant insécure) et il doit donc s’inscrire dans une démarche intentionnelle élaborée par le sujet rassuré quant à la perte de ses connaissances antérieures. La mise en action (énaction de Varela) peut renforcer l’appropriation par l’enfant de ce savoir et être associée à son auto-évaluation (métacognition).
Nos principes fondateurs de 96 n’ont pas varié en particulier quand nous insistons sur la nécessaire dynamique groupale pour conférer aux acquis valeur de communication et de socialisation, et quand nous priorisons les démarches pédagogiques faisant  éprouver la réalité et saisir le sens avant toute tentative de représentation par le signe et les symboles.
Les outils que l’enfant peut utiliser sont diversifiés (par exemple pictogrammes élaborés par l’enfant, méthode Borel Maisonny) et les difficultés constatées font l’objet d’actions concertées avec les structures de soins pour aider l’enfant à les surmonter. Dans ce cas particulier l’éducatrice assure l’interface entre la vie groupale et l’intimité de chacun et  entre l’école et le dispositif de soins.
L’assistante socio-éducative facilite les liens entre la classe et les services de soins et les parents ou les services sociaux (justice, ASE, MDPH, etc…).
La classe médicalisée spécialisée s’appuie sur un trépied :
  1. la collaboration bienveillante et active des enseignants de cette école qui l’accueille,
  2. l’espace de pensée commune qui porte le projet de l’enfant et qui donne un sens à ses troubles en évitant tout sectarisme idéologique et réductionnisme scientifique,
  3. la contractualisation du projet de l’enfant qui s’accomplit lors de rencontres régulières a l’ordonnancement précis afin de bien signifier les places et les rôles des différents partenaires et acteurs intervenant auprès de l’enfant.
Docteur Didier Lambert, Médecin Chef de l'Intersecteur nord de pédopsychiatrie de La Rochelle.
Janvier 2009
Organigramme
 
   
Compléments
  Note sur le statut de la classe
qui depuis la rentrée de septembre 07 n'est plus une clis mais une "classe médicalisée"
Depuis sa création jusqu'à la fin de l'année scolaire 2006-07, la classe que nous présentons ici était une clis et les élèves y étaient orientés par la CDES puis par la CDA en accord avec le médecin de l'hôpital de jour.
A la rentrée de septembre 2007, cette classe a perdu son statut de clis mais est restée une classe spécialisée. C'est donc le statut de la classe qui a changé, mais sa fonctionnalité n'a pas été modifiée. Les élèves y sont désormais orientés sur prescription médicale.
Cette évolution, souhaitée par la MDPH et par l'Hôpital de jour, exprime une volonté de ne pas devoir reconnaître obligatoirement les troubles du comportement comme des handicaps. Voir : le concept de troubles du comportement. Mais la nécessité d'une classe spécialisée est maintenue.
Concernant les transports, le Conseil général a pris en compte cette situation particulière et les enfants continuent de bénéficier de la prise en charge des transports scolaires par le Conseil Général.
  La clis maternelle de l'école des Grandes Varennes a connu le même changement de statut.
  La convention d'intégration collective
La convention passée pour cette classe entre l'Inspecteur d'Académie et le Directeur du Centre hospitalier est présentée à la page : convention clis/intersecteur.
  Textes officiels
Lors de l'ouverture de la classe, les deux textes officiels de référence de la CLIS médico-psychologique étaient
- la circ. de l'Éducation nationale n° 91-304 du 18.11.91 relative à la scolarisation des enfants handicapés à l'école primaire (CLIS)
- la circ. de la Santé n° 70 A5 du 11.12.92 relative aux orientations de la politique de santé mentale en faveur des enfants et des adolescents (voir notamment titre II, 1.2.3.  "le partenariat avec le milieu scolaire").
Depuis, la circ. n° 2002-113 du 30 avril 2002 relative aux dispositifs de l'adaptation et de l'intégration scolaires dans le premier degré est venue conforter ce type de classe, en préconisant notamment l'organisation de la classe d'intégration scolaire autour d'un projet élaboré pour des élèves présentant des besoins du même ordre.
Echanges

Laurence L.
(01)

16-05-07

Ecole Robert Doisneau
Tramoyes
(01)

Nous reproduisons avec plaisir un témoignage qui souligne l'intérêt de ces clis partenariales
Je vous écris car je suis très intéressée par votre CLIS médico-psychologique de l'école LAVOISIER à LA ROCHELLE.
J'habite un village du sud de l'AIN. Je suis la maman de François, 10 ans, qui suit sa scolarité dans une CLIS thérapeutique. Comme à l'école LAVOISIER, il s'agit d'une classe intégrée dans une école primaire classique. L'enseignant n'est jamais seul dans la classe. Soit une éducatrice spécialisée, soit une psychologue, soit une orthophoniste partage l'accueil des enfants. Depuis 3 ans et demi maintenant, François a intégré cette structure, à sa création, et il ne cesse de faire des progrès dans tous les apprentissages. Il a débuté l'écriture cursive, sait lire 90% des sons et commence à savoir faire des additions
Cette classe est issue d'une envie et d'un besoin. Tous les enfants de cette classe sont accueillis au sein du même centre psychologique en hôpital de jour. Chacun suivait auparavant sa scolarité, l'un ici, l'autre là, avec l'aide d'une AVS pour ceux qui étaient accueillis en maternelle. Mais au-delà, à partir du CP, force était de constater que nos enfants rencontraient de plus en plus de difficultés d'accueil.
Aussi, l'équipe soignante a imaginé un monde idéal où l'enfant irait à l'école comme et avec les autres enfants, dans une "vraie" école mais sans couper le lien avec l'équipe soignante. Bien sûr tous les parents - à l'époque, seuls 7 enfants pourraient être accueillis - ont suivis ce projets et l'ont soutenu avec l'équipe soignante. Un maire enthousiaste a accepté de loger cette classe dans son établissement. L'éducation nationale nous a suivi et un enseignant spécialisé a pris en charge cette classe. Tout a été basé sur le fait que l'important était de travailler en équipe, ensemble, en même temps. Nous avons tissé une toile entre l'équipe soignante, l'éducation nationale, les parents, la municipalité.
(...) Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un nouveau défi : certains de nos enfants ont atteint la limite d'âge pour une école primaire. Nous voudrions créer la même structure qui existe aujourd'hui en école primaire au sein d'un collège. Aussi, j'aimerai savoir ce que sont devenus vos petits écoliers après avoir quitté votre classe. Ont-ils intégré des UPI classiques ? Comment l'ont-ils vécu ? Avez-vous pu créer une UPI médico-psychologique ?
Note ISP
Sur le devenir des élèves voir la note de l'institutrice, à la page suivante. Par ailleurs nous présenterons prochainement l'upi troubles du comportement ouverte à la rentrée 2006 au collège Jean Guiton de La Rochelle .
 
Emmanuel N.
01-06-07
Il se trouve qu'une classe intégrée de l'hôpital de jour verra le jour en Indre et Loire à la rentrée sur le même modèle que celle de La Rochelle mais à destination d'enfants atteints de psychose infantile. L'hôpital de jour n'a pas souhaité que la MDPH soit partenaire.
Sur le fond , cela tient au mot handicap je crois.
Mise à jour : 06/01/09

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