Après une visite
de la clis de Châtelaillon | |
Vincent
LAPEYRE Professeur
des écoles clis maternelle ANGOULÊME 19
nov. 03 | Après
une journée passée dans la clissessad de Châtelaillon, un
jeune instituteur nous écrit : |
Je
suis enseignant sur la CLIS maternelle d'Angoulême et dans le cadre de ma
formation CAPSAIS option D, je suis venu visiter la CLIS/SESSAD de Châtelaillon.
Cette rencontre était pour moi l'occasion d'y confronter mes pratiques
pédagogiques et éducatives et de comprendre le fonctionnement de
cette structure. Je signale que j'accueille dans ma classe 2 enfants autistes
et que l'effectif total est de 13 élèves. Je travaille une journée
par semaine avec une éducatrice du SESSAD, qui est affectée spécifiquement
aux 2 enfants autistes, ainsi qu'avec un Hopital de jour, un CMPP et un CAMSP...
Cela représente un ensemble de partenaires important mais qu'il est difficile
de réunir autour d'une table pour des synthèses globales.
J'ai donc trouvé
un grand intérêt dans le fonctionnement de la CLIS/SESSAD de Châtelaillon
dans la mesure où il n'y a pas multiplication des intervenants autour de
l'enfant et que tout le monde se trouve dans un même local qu'est l'école.
Je suis confronté en plus du grand nombre de partenaires à des contraintes
d'emplois du temps dues aux différentes prises en charge (d'où des
contraintes de taxi...). Cependant apparaissent à mes yeux des
difficultés différentes comme la gestion du personnel au sein même
de la classe, qui représente pas mal de monde...! ainsi que la reconnaissance
de la spécificité du rôle de chacun (le travail dans un secteur
de l'AIS comme celui-ci laisse apparaître un flou dans la frontière
professeur/éducateur). La classe que j'ai visitée semble tourner
parfaitement mais avec un mode de fonctionnement qui paraît lourd pour celui
qui vient comme moi une journée en observation. La réflexion qui
s'impose à moi est que tout fonctionnement est lié à une
volonté politique tant côté Education nationale que DDASS
et que, sur ce point, il y a de grandes disparités entre les départements...
J'ai tout de même trouvé dans cette pratique des outils et des techniques
que je souhaite expérimenter dans ma classe, comme les apports de la méthode
TEACCH à laquelle s'apparente le travail mené à Châtelaillon.
Je ne pense pas qu'il existe UNE méthode de travail avec les enfants autistes,
et que bien des portes sont encore à ouvrir, mais le travail mené
dans la CLIS/SESSAD présente des résultats très positifs,
et les échanges que j'ai pu conduire avec entre autres l'institutrice,
le directeur de l'école et M. Baligand se sont révélés
extrêmement constructeurs. | |

Réponse
ISP déc. 03
|
Merci
d'avoir pris la peine de nous faire connaître votre réaction. J'attire
votre attention sur deux différences de fonctionnement entre votre clis
et celle de Châtelaillon : à Châtelaillon, l'intégration
scolaire implique d'une part par principe une scolarisation à temps plein
et elle suppose d'autre part que des personnels d'équipes médico-sociales
interviennent dans l'école. Ces deux caractéristiques nous paraissent
constitutives d'une véritable intégration. PB |
Questions d'effectifs et d'homogénéité
de la classe | |
N.
institutrice spécialisée en CLIS

nov.
2001 | Un
inspecteur scotché aux textes ?
...
En ce moment (...) l'inspecteur AIS demande à ce que ma CLIS accueille
12 élèves avec des handicaps différents (trisomie, dysphasie,
troubles du comportement...). Actuellement elle accueille 8 élèves
dont 7 présentent de l'autisme. Un SESSAD travaille avec moi en partenariat
ce qui nous permet d'être à deux dans la classe à plein temps
et de mettre en place un travail très individualisé. Pour lui (l'inspecteur)
ma classe est un ghetto car il n'y a qu'une seule forme de handicap et un seul
SESSAD (...). Cette classe fonctionne depuis 5 ans, nous avons fait du chemin
et à l'heure actuelle nous commençons à maîtriser un
peu mieux notre travail, mais... Tout n'est pas perdu, car les parents se
mobilisent, ils ont été reçus (...) par l'inspecteur d'académie
qui semble resté "scotché" aux textes existants !
(...) Si rien ne bouge, la classe telle qu'elle existe actuellement disparaîtra
à la rentrée prochaine... | |

Réponse
ISP
déc.
2001 |
Un
inspecteur mal scotché !
Vous
avez des atouts de votre côté : un sessad et une éducatrice
dans la classe, une classe qui fonctionne depuis cinq ans, des parents qui restent
prêts à bouger... Je suppose aussi que votre fonctionnement de clis/sessad,
- comme nous disons dans ce site, - a été fixé dans une convention,
dans laquelle l'inspecteur d'académie s'est engagé... Pourquoi
vous méfier d'un IEN (inspecteur de l'éducation nationale) "scotché
aux textes" ? Prenez-le plutôt sur son propre terrain, les textes sont
excellents, et sont même de nature à vous conforter dans votre action...
Le texte fondamental, c'est la circulaire interministérielle
relative à la prise en charge des enfants et des adolescents autistes du
27 avril 95. Cette circulaire est signée par Simone Veill (santé)
et François Bayrou (éducation nationale). Vous en trouverez la partie
qui peut vous concerner dans les "textes officiels" de notre site (cliquez
sur "circ. du 27 avril 95") et un commentaire
à la page "les sessad 2" Que dit
cette circulaire ? Notamment ceci : "Dans le respect du libre choix de la
famille, cette prise en charge (des enfants autistes) peut s'effectuer :
- soit par les équipes de pédo-psychiatrie (...) - soit dans
le cadre d'instituts médico-éducatifs(...) : dans le strict respect
des articles 48 à 50 précités de l'annexe XXIV, il
peut être également créé des services d'éducation
spéciale et de soins à domicile couplés à des classes
d'intégration scolaire." Ça ne s'invente pas
: La circulaire recommande la création d'une clis couplée à
un sessad (c'est la meilleure manière par exemple d'avoir une éducatrice
dans la classe). N'est-ce pas votre situation ? Exactement
le contraire des propos d'un ien qui paraît ignorer les textes, méconnaître
l'autisme et qui veut faire le malin en dénonçant des ghettos là
où il n'y en a pas... Par contre, tous les textes prônent évidemment
la bonne intégration de la clis dans l'école (c'est cela, la lutte
contre le ghetto), par la participation à la vie sociale de l'école
et à certaines actions collectives, et éventuellement par l'accueil
de certains enfants dans les classes ordinaires quand c'est possible. (Voir dans
le site : "expériences de tutorat").
Mais cela, ce n'est plus le problème de la clis seule, c'est le problème
de toute l'école... | |