TROUBLES
DU LANGAGE ET SCOLARISATION |
action
des parents |
Adresse de cette page : http://scolaritepartenariat.chez-alice.fr/page45.htm
Le succès final d'une action
pour l'ouverture d'une clis et d'un sessad
pour
enfants souffrant de troubles sévères du langage oral
Récit
d'une action locale (2003-2012) |
|
| 1
- Création d'une antenne de l'Association AVENIR-DYSPHASIE | |
| u
Début janvier 03 : Mme T. lance un appel dans la presse et auprès
des orthophonistes du secteur dans le but de rencontrer et de réunir les
familles susceptibles d'être intéressées. La FCPE transmet
aussi cet appel à ses sections locales. Cinq familles se réunissent
fin janvier. Trois mois plus tard, le groupe compte
douze familles, qui envisagent de s'affilier
à AAD-France (Association Avenir Dysphasie). |
Association
Avenir Dysphasie 17
1 rue du Soleil
17780 SOUBISE
05 46 83 45 94
E-mail |
|
| La
plupart des enfants bénéficient d'un diagnostic de dysphasie établi
dans l'un des centres référents du ministère de la santé.
Cinq ou six d'entre eux sont à l'âge de sortie de maternelle et ne
paraissent pas en mesure de suivre une scolarité ordinaire. Nous souhaitons
donc pour eux une orientation vers une classe spécifique avec l'accompagnement
d'un sessad, selon les préconisations du rapport
de l'Inspection générale de février 02 et de la circulaire
du 31 janvier 2002 en faveur des enfants
atteints d'un trouble sévère
du langage oral ou écrit. |
| w
Fin février-début mars : des contacts
sont établis en direction de la DDASS et du secteur santé. Les
personnels que nous avons rencontrés (Inspecteurs DDASS, pédopsychiatre,
neuropédiatre...) , se montrent sensibles au problème du diagnostic
et de la prise en charge des enfants dysphasiques, ils reconnaissent la nécessité
d'un service d'aide et d'accompagnement des enfants mais ils attendent qu'une
association se fasse promotrice d'un tel projet, qui pourrait éventuellement
intégrer des orthophonistes du secteur libéral. |
| u
Mars : tandis que l'Education nationale retarde les rendez-vous, les décision
des CCPE ne répondent pas aux attentes des familles. . Les CCPE
cherchent sans aucun doute à proposer une orientation pour chaque enfant.
Mais à défaut de l'existence d'une classe répondant vraiment
aux besoins de ceux-ci, elles paraissent se satisfaire
de solutions "par défaut" et ne pas voir l'intérêt
de regrouper ces demandes au niveau départemental. |
| u
Fin avril : contacts avec l'Education nationale. L'IEN-AIS, qui enfin nous
reçoit se propose, dit-elle, d'examiner les dossiers des enfants "pour
voir si une classe spéciale (CLIS) est nécessaire". Il est
clair que les décisions de carte scolaire pour la rentrée suivante
(rentrée 03) sont déjà prises. |
| Le
groupe AAD17 cherchera à renforcer ses liens et son implantation. Il doit
apparaître comme un interlocuteur des administrations, pour contribuer à
l'élaboration de projets communs. Nous avons perçu chez nos partenaires
une méconnaissance des réalisations déjà effectives
ou en cours dans d'autres départements. Il y a sans doute une information
à faire passer, d'où l'idée d'organiser une" journée
dysphasie" au début de l'année scolaire suivante. |
u
Assemblée générale du 22 juin. - Le premier but de
cette réunion est d'ordre amical : donner aux familles l'occasion de mieux
se connaître, au cours d'un pique-nique. Sont
présents : 11 adultes, 6 enfants. Tous
les enfants du groupe ont fait l'objet d'un diagnostic de dysphasie ou de trouble
spécifique de la communication.
- L'Association
départementale - AAD17 - s'organise. La présidente de l'association
est Mme Béatrice Tabuteau. |
Nos
projets : - rédiger une brochure d'information
à l'intention notamment des enseignants, car il est souvent difficile d'expliquer
ce qu'est la dysphasie. Nous utiliserons les documents publiés par l'association
nationale AAD. - organiser une journée d'information
sur les prises en charge rééducatives et scolaires des enfants dysphasiques,
en souhaitant que cette journée s'inscrive dans le cadre de la collaboration
avec l'éducation nationale. |
| Le
comité de pilotage "Dyslexie - Troubles du langage" qui se réunit
dans le cadre de handiscol, nous informe qu' AAD17 sera invité à
ses prochaines réunions. |
| | |
| 2
- Journée d'information du 11 octobre 03 |
| |
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Programme |
Approche
de la dysphasie
Dr Sylvie Nguyen The Tich, neuropédiatre
et Dr
Gabriel Rousteau, phoniâtre, CHU de Nantes
La
rééducation orthophonique
Catherine Guimbail, orthophoniste
Statut des orthophonistes et intégration scolaire
Pierre Baligand,
secrétaire AAD17 Les
textes officiels : circ. du 30 janvier 02
Dr Guy Terrier, Inspecteur de la
Santé
Janine Mackowiak, IEN-AIS de La Rochelle |
Parcours
de parents
Témoignages : Mmes Cascarino, Chauvet, Pommeraud, MM. Bellocq et Chaidôme
(AAD17 et AAD44) Des
prises en charge scolaire spécifiques :
la clis/sessad de Saint-Cyr-sur-Loire
(37) Eric. Grassin, directeur de l'école Daniel Hannequart, directeur
du sessad
la clis/sessad de Longuenesse (62) Nathalie Chevallier,
neuropsychologue Eric Hurtrez, instituteur spécialisé |
|
F | Nous
avons reproduit dans ce site trois interventions de la journée :
-
St Cyr sur Loire (37): une clis/sessad pour enfants dysphasiques
à l'école Périgourd, présentée par M Éric
Grassin
- Longuenesse (62) : une clis/sessad pour enfants
dysphasiques à l'école Pasteur, présentée par
M Éric Hurtrez - Statut
des orthophonistes et intégration scolaire |
F | Et
nous reproduisons ci-dessous la présentation du compte-rendu |
| | Présentation
du compte-rendu |
| S'interroger
sur la nature de la dysphasie, sur les besoins spécifiques des enfants
en matière de rééducation et sur les dispositifs adaptés
d'aide que l'Education nationale doit mettre en place pour la scolarisation de
ce public particulier, tel était le premier objet de la journée
d'information organisée le 11 octobre dernier par l'association Avenir
Dysphasie- Charente maritime (AAD 17). |
| Un
public relativement important est venu partager et soutenir ce projet, public
composé pour l'essentiel de parents, d'orthophonistes et d'instituteurs
(1). Les intervenants ont répondu à l'attente de ce public : aider
à mieux cerner la dysphasie dans ses manifestations et dans sa complexité,
expliquer la nécessité de rééducations bien ciblées,
faire partager les parcours éprouvants des parents, montrer l'intérêt
et les promesses d'une scolarisation adaptée fondée sur l'intervention
des personnels d'équipes médico-sociales dans l'école et
sur une organisation pédagogique spécifique. |
| Un
grand merci, donc, à tous les participants, et plus particulièrement
aux intervenants. |
| Mais on ne
saurait s'arrêter là. L'association Avenir Dysphasie est une association
de parents, qui ont des enfants en âge d'être scolarisés, dont
la plupart fréquentent effectivement des établissements scolaires,
mais dans des structures "par défaut" qui ne prennent pas en
compte leurs besoins, ou en tout cas insuffisamment. Les enfants d'Avenir Dysphasie
se situent souvent dans ce petit pourcentage des enfants considérés
comme présentant des troubles suffisamment sévères pour justifier
d'une scolarisation spécifique "dans un dispositif collectif structuré
autour d'un projet pédagogique précis" (2). Le second but de
la journée du 11 octobre était donc de poser des jalons pour une
meilleure prise en charge scolaire des enfants dysphasiques en Charente maritime. |
| Mais
aujourd'hui, les raisons d'être inquiet l'emportent sur les raisons d'espérer. |
| "En
matière d'intégration scolaire, on le sait, ce sont moins les directives
qui font défaut que les volontés pour les mettre en uvre"
(3). Les intervenants nous l'ont rappelé : "La création de
la clis/sessad Périgourd n'a pas été facile : il a fallu
toute la force de conviction d'un IEN, du Dr Billard et des parents (Avenir Dysphasie)
pour qu'elle aboutisse" (4). Quant à la clis/sessad de Longuenesse,
elle est née à l'initiative conjointe d'une Inspectrice AIS de l'Education
nationale et du directeur d'une association (5). |
| C'est
bien là qu'est le problème. Les décisions mûrissent
pour une part sur le terrain, sur les liens qui se tissent entre des parents,
des enseignants, des inspecteurs parfois et avec les personnels des services de
santé et du secteur associatif. Mais elles sont prises en dernier ressort
par un Inspecteur d'Académie qui accepte d'ouvrir la clis demandée
et par un directeur d'établissement ou de service du secteur médico-social,
qui veut bien s'intéresser aux enfants dysphasiques et devenir promoteur
d'un SESSAD qui devra ensuite obtenir l'agrément de la DDASS. Ainsi faut-il
mettre en jeu conjointement, au niveau du département, l'engagement de
l'éducation nationale, du secteur associatif et de la santé (6). |
| Quant
à nous, nous poursuivrons notre mission associative, qui est de permettre
aux parents concernés de ne pas rester isolés et de faire mieux
connaître et reconnaître la dysphasie. Mais c'est dire qu'il y a encore
beaucoup à faire, - et sans attendre que la conjoncture des astres nous
devienne plus favorable ! |
Béatrice
Tabuteau Présidente de AAD-Charente maritime - 11.10.03 |
| | (1)
37 familles, les 2/3 environ étant de Charente-Maritime, 52 orthophonistes,
la moitié d'entre eux exerçant en Charente maritime, 22 instituteurs,
la plupart de Charente maritime (l'enseignement privé étant bien
représenté). (2) Circulaire du
31 janv. 02. (3) Joël Zaffran, in "Les Cahiers de l'Actif",
n°323, avril 2003, p 83, "Intégration scolaire et handicap mental".
(4) Intervention d'Eric Grassin, page 27. (5) Intervention de Nathalie
Chevallier, page 31 (6) Il semble que dans un certain nombre de départements,
cela relève de la quadrature du cercle. Le journal de l'Association Avenir
Dysphasie rapporte, région par région, de nombreux exemples du désengagement
des administrations et des associations
Voir "Paroles, Paroles",
journal de l'Association Avenir Dysphasie, n° 26, nov. 2003. |
| | |
| 3
- Poursuivre l'action |
| AAD
17 a poursuivi son action ordinaire au service des familles, notamment
en organisant des réunions amicales entre ses membres, en leur fournissant
des informations (par exemple pour l'obtention de l'AES ou sur les nouvelles dispositions
de la loi du 11 février 05) et en organisant des ateliers d'animation et
de rééducation, confiés à une ergothérapeute
et proposant aux enfants de s'exprimer dans un cadre ludique. On espère
pouvoir maintenir ces ateliers à un rythme mensuel. Nous avons été
invités aussi aux réunions du groupe handiscol, mais nous n'avons
pas perçu que ce groupe serait véritablement à l'écoute
des besoins des familles. |
| En début d'année 2007 AAD
17 regroupe une petite vingtaine de familles. La plupart des enfants sont d'âge
maternel ou primaire : 9 sont en intégration scolaire, dont 3 en maternelle,
6 sont en CLIS, 1 en UPI et 3 en IME. |
| |
| |
L'ouverture d'un sessad - rentrée 2008 |
| Les
Inspecteurs DDASS nous ont d'abord demandé de présenter un "projet
de classe", - comme s'il appartenait à AAD 17 de le faire - projet
que nous avons fait parvenir en janvier 05.... Ils nous ont renvoyés vers
les associations et vers l'hôpital de jour pour y chercher le promoteur
d'un projet de sessad, en nous faisant savoir qu'Un avis favorable avait été émis sur ce projet
en Comité Régional d'Organisation Sociale et Médieo-Sociale
(CROSMS). compte tenu des besoins qui sont avérés et que les
programmations de créations de places sont désormais organisées
par la Caisse Nationale de Solidarité pour l'Autonomie (CNSA), (Courrier du 1er février 2007). |
| Par ailleurs,
nous avons rencontré l'association des PEP 17, qui a accepté
d'élaborer un projet et de le déposer auprès de la DDASS.
Ce projet s'appuie sur le dispositif administratif SASAIS, géré
par les PEP 17, qui comprend déjà un SAAAIS et un SSEFIS. Un 3ème
SESSAD spécifique viendrait s'y adjoindre. |
| Le sessad a été ouvert à la rentrée de septembre 2008. Il comporte 8 places pour enfants dysphasiques |
| |
| |
L'ouverture d'une clis - son échec - rapports avec l'Inspection académique |
| Les
rapports avec l'Inspection académique se heurtent à la résistance
passive de l'institution. |
| A
plusieurs reprises, au cours des années 03-04 et 04-05, nous ,avons
demandé l'ouverture d'une clis spécifique. En février 05
M. l'Inspecteur d'Académie nous a répondu qu'il mettrait à
profit l'année scolaire qui vient (05-06) pour "rechercher la solution
la plus adaptée". Nous attendons sa réponse... |
| Depuis les enfants ont grandi, les familles se sont lassées, elles se sont habituées
aux solutions boiteuses qui leur était proposées. "Ma fille
a fait quatre ans dans une clis qui ne lui convenait pas, dans deux ans elle sera
sans doute en IME s'il n'y a pas d'UPI, je ne veux pas la retirer de sa clis pour
la dernière année", dit une maman. Les familles et l'association
ont le sentiment de se heurter à un mur... |
| Alors
attendons ! |
| | |
| |
Commentaire |
| L'échec
de l'action pour l'ouverture d'une clis est analysé dans ce site aux pages
La carte scolaire. Analyse des besoins et autres facteurs
et Ouvrir une clis : une volonté politique |
| Nous
nous heurtons essentiellement à la difficulté du recensement des
besoins. Concrètement, la plupart des enfants dysphasiques posent problème
dès l'école maternelle. Ils sont alors orientés le plus souvent
vers les CMPP ou vers les hôpitaux de jour. Mais les CMPP, pour la plupart,
n'ont pas la culture neuropsychologique et dénient l'existence propre
de ces troubles, systématiquement rapportés à une étiologie
psychogène. Quant aux dispensaires du secteur de psychiatrie infanto-juvénile,
ils sont saturés par la prise en charge des troubles psychiatriques et
leurs personnels ne sont pas formés à l'approche neuropsychologique.
( Voir le Rapport des Inspections générales
- janvier 02 que nous citons ici littéralement). Le plus souvent, ils
estiment que la dysphasie n'est que l'un des symptômes d'un trouble plus
fondamental. Il est donc difficile d'obtenir d'eux des diagnostics de dysphasie
(ainsi d'ailleurs que des autres troubles du développement). Les enfants
dysphasiques ne sont donc pas identifiés comme tels. Et par ailleurs, on
ne sait pas qui est vraiment chargé de recenser les besoins... L''Education nationale ne cherche pas à faire apparaître
de nouveaux besoins pour n'avoir pas à engager de nouveaux moyens dans
l'ouverture d'une clis... Elle attend que la pression monte et
le plus tard sera le mieux... PB |
| |
| 4. Nouvelle demande - janvier 2011 : projet d'une pôle école présenté par AAD17 |
| Après une période de passage à vide, l'association AAD17 repart sur des bases nouvelles à la rentrée de septembre 2010. Elle proteste contre le manque de place du sessad dysphasie (8 places ouvertes et une dizaine de jeunes en attente). Le 17 janvier 2011, elle dépose auprès de l'Inspecteur d'Académie de La Rochelle une demande d'ouverture d'une "pôle école" pour enfants dysphasiques en Charente Maritime. Voir : Un projet de "Pôle-école"
pour enfants dysphasiques |
Le projet présenté par AAD17 |
| |
Pourquoi pas une « pôle école » pour les troubles du langage oral ? |
| L'association AAD17 (association Avenir Dysphasie), qui regroupe des parents d'enfants dysphasiques et quelques professionnels, s'inquiète des difficultés rencontrées pour la scolarisation des enfants dysphasiques |
| |
1. Les besoins |
| Les enfants dysphasiques sont-ils nombreux ? Nos possibilités d'investigation sont très réduites. L'indice de prévalence indique environ 70 jeunes d'âge scolaire pour la Charente Maritime. Concrètement, nous savons que le sessad dysphasie de Rochefort compte 8 places et une liste d'attente de 8 également (dont la moitié sont de niveau collège). Ces jeunes sont domiciliés à Dompierre, La Rochelle, Montendre, St Jean d'Angély, St Nazaire/Charente (proche Rochefort), Rochefort, et Tanzac (proche Saintes). La MDPH a traité l'an passé 9 dossiers d'enfants dysphasiques (ce qui correspond à peu près à l'indice de prévalence). Sur le seul secteur de Rochefort, 5 enfants d'âge maternel ou primaire souffrant de troubles du langage oral sont suivis par l'hôpital de jour. |
| L'éducation nationale pourrait certainement, à partir d'une enquête auprès des enseignants référents, fournir des informations plus complètes. |
| Du point de vue scolaire, un certain nombre d'enfants et d'enseignants bénéficient du sessad dysphasie et la plupart des enfants reconnus dysphasiques font l'objet d'un PPS qui prévoit une prise en charge orthophonique. Enseignants et orthophonistes se rencontrent dans le cadre des équipes de suivi de la scolarisation et parfois en cours d'année, de manière bénévole. C'est ce partenariat entre enseignants et orthophonistes que nous souhaitons voir se développer parce qu'il nous paraît être la clé d'une scolarisation adaptée pour ces enfants. Nos propositions vont dans ce sens. |
| On rappellera que lors des échanges de la journée des "enfants dys", un certain nombre de parents ont déclaré que leurs enfants étaient bien reçus à l'école, que les institutrices se montraient bienveillantes, mais qu'elles semblaient bien démunies vis-à-vis des troubles du langage ; elles-mêmes d'ailleurs le reconnaissaient. |
| |
2. Pour un dispositif scolaire adapté : une « pôle école » ? |
Nous demandons donc que dans le département l'Education nationale désigne au moins une école où l'on s'attacherait plus particulièrement à la scolarisation des enfants dysphasiques, une école qui offrirait des compétences et des moyens, et dont le fonctionnement serait organisé en vue d'une prise en charge adaptée des enfants. L'un des fondements du dispositif serait bien sûr la coordination apprentissages/rééducations et la collaboration entre les professionnels.
On peut envisager une classe spécifique (clis) ou peut-être plutôt ce qu'on peut appeler une "pôle-école", comme on commence à dire aujourd'hui. Nous entendons par là une école qui apparaîtrait dans le département comme un pôle de référence par rapport au handicap. |
| L'exemple du groupe scolaire Beauregard de La Rochelle, qui constitue en quelque sorte une pôle école pour les enfants malentendants, nous paraît éclairant. La maternelle de Beauregard est une école ordinaire de quatre classes, mais dont deux des institutrices sont spécialisées (handicap auditif), en vue de permettre une prise en charge spécialisée précoce. L'école accueille cette année 6 enfants handicapés, 3 dans chacune des deux classes qui ont une enseignante spécialisée et dont les effectifs sont limités à 16. Des échanges de service sont organisés entre collègues. Par ailleurs, un partenariat est établi avec un sessad malentendants, qui accompagne quelques-uns des élèves, et les orthophonistes interviennent dans l'école, où des cabines adaptées sont à leur disposition. Une clis fonctionne en primaire, elle reçoit cette année 7 élèves. L'enseignant de la clis peut aider ses collègues des classes ordinaires qui accueillent des enfants malentendants. |
| Il s'agirait donc, plutôt que d'ouvrir une clis, d'organiser dans une école l'accueil de petits groupes d'enfants handicapés, en regroupant dans cette école les moyens pédagogiques, éducatifs et thérapeutiques nécessaires (enseignant spécialisé, partenariat avec le sessad ou avec les orthophonistes libéraux, etc.). C'est le principe de la « pôle école ». Les enfants handicapés qui y sont regroupés, et qui sont d'ailleurs en petit nombre, fréquentent les classes ordinaires. L'ouverture d'une clis spécifique n'est pas exclue a priori mais n'est pas demandée au départ. |
| L'organisation d'écoles pôles de ressources pour les enfants malentendants est suggérée dans le rapport du sénat sur le suivi de la loi de 2005, du 3 juillet 2007 (1). Regrouper quelques enfants permet de mettre auprès d'eux des personnels d'une grande compétence. Il semble que les associations de parents d'enfants malentendants s'orientent actuellement en ce sens. Et la circulaire du 28 mai 2010 relative aux "PASS" (Pôles pour l'Accompagnement à la Scolarisation des jeunes Sourds) va dans le même sens (2). |
| Une majorité des enfants dysphasiques sont susceptibles d'être scolarisés dans une école ordinaire, avec par exemple l'accompagnement du sessad. L'école pôle de ressources recevrait les handicaps les plus sévères et les enfants les plus proches géographiquement. Ces nouvelles formes de regroupements, plus légères et moins marquées qu'une clis et sans doute mieux incluses ou mieux fondues dans le paysage scolaire ordinaire, sont d'un grand intérêt et constituent certainement une voie d'avenir. (3) |
| Nous pensons qu'il serait très utile qu'il y ait dans le département un tel lieu, plus spécialement destiné à réfléchir aux apprentissages scolaires des enfants dysphasiques. La plupart des enfants dysphasiques, par exemple, peuvent apprendre à lire : mais il serait souhaitable qu'il y ait des enseignants (au moins un enseignant !) qui aient plus spécialement mission de réfléchir aux adaptations nécessaires des apprentissages, dans le cadre d'une collaboration entre professionnels de l'éducation nationale et de la santé. |
| Un tel pôle de compétence serait bénéfique aux enfants qui fréquenteraient cette école, mais nous sommes convaincus que son rayonnement s'étendrait au-delà et bénéficierait à tous les enfants dysphasiques du département. C'est comme en médecine, où il faut que les professionnels "généralistes" soient alimentés par les savoirs qui viennent des différents spécialistes. Quand par exemple un enseignant non spécialement formé recevrait dans sa classe un enfant dysphasique, il pourrait éventuellement bénéficier de quelques journées de stage dans cette école référente… |
| |
3. Une question d'âge et de diagnostic |
| L'un des intérêts du dispositif mis en place à Beauregard est aussi de permettre une prise en charge précoce, dès la maternelle. |
| Le langage se met en place dès 3-4 ans : c'est très tôt qu'il faut s'interroger sur les troubles du langage que présentent certains enfants et envisager des prises en charge adaptées. Se pose alors la question du diagnostic : les spécialistes se montrent prudents avant de prononcer un diagnostic de dysphasie pour un enfant encore jeune ; mais faut-il attendre un diagnostic absolument fiable de dysphasie pour mettre en place des rééducations auprès d'enfants qui présentent d'indéniables troubles du langage oral ? |
| Nous pensons donc qu'une pôle école pour les troubles du langage oral doit être susceptible d'accueillir des enfants encore jeunes, et sans préciser d'emblée dysphasie. On notera que le guide-barème permet d'attribuer un taux d'incapacité de 50 à 75 % pour les "Troubles importants de l'acquisition du langage oral et écrit perturbant notablement les apprentissages et retentissant sur la socialisation", sans que le mot dysphasie ne soit prononcé. |
| A notre sens, donc, une école référente doit nécessairement comprendre le niveau de la maternelle. Il faut insister sur la nécessité, si l’on veut être efficace, de prises en charge précoces et peut-être intensives. L'intégration est le but, et le meilleur moyen d'y parvenir consiste sans doute, dans bien des cas, à concentrer très tôt des moyens d’accompagnement et de rééducations auprès d'enfants encore jeunes : un lieu scolaire avec une orthophoniste intervenant éventuellement dans l'école, voire dans la classe, avec des rééducations tous les jours, rééducations individuelles et collectives… |
| |
4. Des questions pratiques |
Nous avons conscience que la mise en place du projet esquissé ici soulève des questions pratiques, mais qui ne sont pas de notre compétence :
- Le choix du lieu et la désignation d'une école dont le directeur et l'équipe d'enseignants seraient prêts à jouer le jeu,
- l'affectation d'un enseignant spécialisé
- les procédures d'orientation par la MDPH pour des enfants qui ne seraient pas orientés en clis mais dans une école référente… |
AAD17 - octobre 2010 |
(1) Sénat - Rapport d'information - 3 juillet 2007
(2) Des « Pôles pour l'accompagnement à la scolarisation des jeunes sourds ». Circulaire
n° 2010-068 du 28-5-2010
(3) Ce type de dispositif est en train de faire son apparition en France, même s'il ne porte pas le nom de pôle école. Voir par exemple dans l'Oise : le groupe scolaire des Coteaux à Nogent-sur-Marne ou l'école Georges Dartois à Beauvais. |
|
|
| |
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| et la réponse M. l'Inspecteur d'Académie : des écoles "pôles dysphasie" |
| Le 21 janvier 2012, M l'IEN-ASH a fait savoir à AAD17 que M. l'Inspecteur d'Académie répondait favorablement à sa demande et qu'il envisageait de mettre en place dès la rentrée de septembre 2012 un premier réseau de trois écoles maternelles qui seraient particulièrement adaptées pour accueillir des enfants souffrant de dysphasie et/ou de troubles du lange oral. Le travail en réseau sereait centré sur la formation des enseignants. |
| |
Voir : pour un réseau d'écoles "pôles dysphasie" |
| La mise en oeuvre : un premier temps en maternelle - rentrée 2012. Une question |
| Dans un premier temps, il s’agira de trois écoles maternelles. Le dispositif ne sera étendu aux écoles élémentaires qu'à la rentrée suivante, ce qui nous pose une question. Nous souhaitions certes que les maternelles soient intégrées dans le dispositif car les troubles du langage oral sont repérables le plus souvent dès 3, 4 ou 5 ans et on sait l’importance de pratiquer une pédagogie adaptée dès la maternelle, sans attendre les difficultés du CP. Nous craignons toutefois que cette disposition n'entraîne une difficulté relative au diagnostic et de l'orientation des enfants susceptibles d'être concernés, au moins la première année. |
| Nous avons donc cherché à rassembler des témoignages sur ces questions, témoignages portant notamment sur l'âge du diagnostic, sur l'âge du PPS et sur les pratiques des MDPH. |
| |
Voir Repérage, diagnostic et PPS ... en maternelle |
| Notes et documents |
| |
Le début de scolarité d’un élève présentant des difficultés qui peuvent relever d’un handicap : Dossier pédagogique élaboré par la commission du pôle materrnelle 17 à l'intention des équipes enseignantes des écoles du département de la
Charente-Maritime
http://ww2.ac-poitiers.fr/ia17-pedagogie/IMG/pdf/DOSSIER_HANDICAPVERSIONFINALEdoc.pdf |
Mise
à jour : 26/06/2012

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