Les CLIS |
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OUVRIR
UNE CLIS POUR BESOINS ÉDUCATIFS SPÉCIFIQUES
LA
CARTE SCOLAIRE L'ANALYSE
DES BESOINS ET L'ÉLABORATION DE LA DÉCISION
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Voir aussi : une alternative à la clis, un projet d'école pôle-ressources pour enfants dysphasiques |
L'ANALYSE
DES BESOINS
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Un
recensement difficile - Des
enfants déjà inscrits ailleurs |
| Une
ouverture de classe est une mesure dite de " carte scolaire ". La carte
scolaire repose fondamentalement sur une analyse des effectifs et des besoins,
en fonction de quoi l'Inspecteur d'Académie répartit les postes
d'enseignants dont il dispose : il ouvre ou ferme des classes, y compris les clis.
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| Mais si les effectifs ordinaires d'une école
communale sont relativement faciles à prévoir, en fonction notamment
des inscriptions demandées par les parents, il en va tout autrement de
certaines populations spécifiques susceptibles de relever d'une scolarisation
spécialisée : il s'agit alors d'individus dispersés, qui
n'apparaissent pas comme en attente d'une classe - puisqu'ils sont déjà
scolarisés - et dont les troubles ne sont pas toujours clairement identifiés.
Ces populations sont difficiles à cerner et à regrouper. |
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Le
document du ministère "Qui décide d'ouvrir ou de fermer des
classes ? " est tout à fait significatif à cet égard
: "Les mesures de carte scolaire du premier degré consistent à
ouvrir ou fermer des écoles et des classes, ou encore à regrouper
des écoles. Il s'agit d'une compétence partagée entre l'État
et les communes."
http://www.education.gouv.fr/cid72/qui-decide-d-ouvrir-ou-de-fermer-des-classes.html |
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L'une
des difficultés est précisément de repérer les besoins
d'une population dispersée sur plusieurs communes... |
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A la recherche des données : MDPH, Centres référents (troubles deu langage), CRA (Centres de Ressources Autisme)... |
| Y
a-t-il, dans un département, une instance qui serait chargée de
recenser, pour un handicap donné, les effectifs et leurs besoins ? Cette mission prospective est aujourd'hui confiée aux MDPH, qui sont appelées à devenir dans chaque département les observatoires statistiques du handicap. Mais il est à craindre
qu'il ne faille attendre un certain temps avant que le MDPH ne soient en mesure
de remplir cette mission. |
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| De plus, quand
la MDPH n'a pas de "bonne solution" à offrir, elle s'efforce
de proposer malgré tout une solution palliative (par exemple, pour un enfant
dysphasique : IME, clis pour déficients mentaux, pour troubles du comportement
ou pour malentendants, maintien en maternelle, intégration individuelle,
voire enseignement privé, etc
). La MDPH évoquera rarement
une clis encore inexistante et improbable, de crainte de leurrer les familles.
Les besoins des familles sont ainsi occultées au niveau de la MDPH. Et après que l'enfant aura été
orienté "par défaut", son dossier sera classé
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On notera aussi que les psychiatres et les hôpitaux de jour se montrent assez souvent réticents à prononcer
un diagnostic précis par crainte d'enfermer l'enfant et sa famille dans
une définition réductrice et fallacieuse des troubles de l'enfant.
Ceci est particulièrement vrai en ce qui concerne les troubles du développement. |
| Il est donc difficile d'obtenir auprès des MDPH des informations précises. |
| Pour certains handicaps, toutefois, l'ouverture par le ministère de la Santé de centres référents, chargés notamment des diagnostics est de nature à faciliter la tâche. Il s'agit notamment des
centres référents pour les troubles du langage et des Centres de Ressources Autisme (CRA). C'est donc avec ces centres qu'il est recommandé de travailler. |
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Pendant un temps, le dispositif handiscol avait également pour mission de recueillir les informations nécessaires au suivi et à
l'adaptation de la politique d'intégration. Mais handiscol ne disposait d'aucuns moyens spécifiques et son avenir est d'être intégré dans les MDPH. |
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Point
de vue statistique |
| Le
point de vue statistique n'est pas à négliger. Prenons l'exemple
des troubles du langage : la circulaire du 31 janvier 02,
qui leur est consacrée, préconise que "pour les enfants ou
adolescents présentant des formes sévères (moins de 1 % des
élèves), le déroulement de la scolarité peut s'effectuer
dans une classe d'intégration scolaire (CLIS) dans une école ordinaire
avec l'aide des services d'éducation spéciale ou de soins.".
Dans un département moyen qui scolarise 30.000 enfants en école
élémentaire, cela justifierait au moins que l'ouverture d'une clis
soit mise à l'étude (3)
Mais il resterait à recenser
les enfants
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| | (3) Notons
que concernant l'autisme et les troubles envahissant du développement,
la circ. du 8 mars 05 fournit les taux de prévalence. |
Les
parents ont-ils la responsabilité de recenser eux-mêmes les besoins
? |
Les parents sont parfois choqués
que les inspecteurs de l'éducation nationale ou de la DDASS leur demandent
de justifier les besoins et de démontrer qu'il y a un effectif potentiel
suffisant pour justifier l'ouverture d'une clis ! Mais on aura compris que les
inspecteurs sont eux mêmes très démunis. Les parents peuvent
disposer d'informations à travers leurs associations. Il serait donc souhaitable
de conjuguer les efforts. Mais encore faut-il que l'administration n'ait pas comme
souci premier de minimiser les besoins, d'étouffer les demandes et de retarder
la prise en compte des problèmes. |
é |
L'ÉLABORATION
DE LA DÉCISION |
La
carte scolaire : une dotation globale |
| C'est
l'Inspecteur d'Académie qui a compétence pour prendre, au niveau
du département, les décisions relatives à la "carte
scolaire". Chaque année, le Ministère de l'Éducation
nationale réajuste le nombre des postes d'enseignants dans chaque Académie
et dans chaque département. Ce qu'on appelle la "carte scolaire"
commence quand le ministère fait connaître à chaque Rectorat,
puis de chaque Rectorat à chaque Inspection académique, le nombre
de postes d'instituteurs qu'il accorde au département pour l'année
scolaire suivante. |
| L'Inspecteur d'Académie
reçoit donc une dotation globale et limitée. Cette dotation
globale est calamiteuse pour la scolarisation des minorités, car tous les
besoins se trouvent en concurrence au niveau du département. |
Les
"recommandations" du Ministère
|
Les
textes réglementaires en faveur de la scolarisation des enfants handicapés,
et notamment en faveur des clis et des upi, sont très bien faits et pleins
de nobles sentiments. Au cours de ces dernières années, notamment,
on a assisté à une évolution pour mieux prendre en compte
certains troubles spécifiques, notamment les troubles du développement,
et pour inviter à ouvrir des clis prenant en compte ces troubles de manière
spécifique, en particulier l'autisme ( circ. du 27
avril 95) et les troubles du langage ( circ. du 31 janvier
02). |
| On se demandera alors
pourquoi les textes officiels sont si mal et si diversement mis en uvre
dans les départements (4). La première raison en est qu'aucune norme
concrète d'application n'est fixée par le ministère. Les
"directives" sur l'intégration scolaire sont en fait de simples
(et excellentes) recommandations mais dont l'application est laissée
à la discrétion des inspecteurs d'académie (5). |
| | (4)
Voir liste des clis et upi pour enfants et adolescents atteints de
troubles du langage et liste des clis et upi pour
enfants et adolescents autistes (5) Cette situation a été
évoquée - et dénoncée - dès le premier texte
de loi créant les classes de perfectionnement en 1909. Lors des débats
à l'Assemblée nationale, M Weber, rapporteur du budget de l'Instruction
publique au Parlement, déclarait, parlant de cette loi : "Une loi
dont l'application est facultative n'est pas une loi, mais un voeu". Voir
: classes de perfectionnement |
|
| L'Inspecteur
d'Académie face à des choix |
Ouvrir
une classe, c'est donner un poste d'enseignant. Or l'Inspecteur d'Académie
dispose, nous l'avons vu, d'un nombre limité de postes. Et avant de prendre
ses décisions, il entend un certain nombre d'avis. Les directeurs
d'école sont interrogés sur leurs prévisions d'effectifs
et les Maires aussi sont consultés. | | Mais
dans la mesure où les parents ne sont pas venus inscrire leur enfant dans
une école pour une clis qui n'y existe pas encore, le besoin d'une clis
n'apparaîtra que rarement à ce niveau. Il n'est pas inintéressant
toutefois qu'un Maire et/ou un Directeur d'école en relation avec les parents
demandeurs fasse savoir qu'il est prêt à accueillir la clis souhaitée.
Les associations de parents aussi peuvent se faire entendre. |
| Les
IEN (Inspecteurs de l'éducation nationale) participent plus directement
à l'élaboration de la carte scolaire en présentant chacun
les besoins de sa circonscription. L'IEN-AIS (Inspecteur chargé de l'Adaptation
et de l'Intégration scolaires) présente les besoins l'AIS. Il peut
défendre le besoin d'une clis spécifique. S'il n'est pas porteur
du projet, il y a peu de chances que celui-ci aboutisse. |
Il
ne faut pas oublier non plus que la gestion de la carte scolaire ne se limite
pas aux seules ouvertures et fermetures de classe. Un certain nombre des postes
d'instituteurs et de professeurs des écoles sont consacrés à
d'autres tâches : remplaçants, conseillers pédagogiques, décharges
des directeurs, chargés de missions académiques dans le domaine
artistique, dans celui de l'informatique, animateurs de tout poil, maîtres
des réseaux d'aides spécialisées ou maîtres itinérants
chargés de l'aide à l'intégration, secrétaires des
commissions, et aussi postes réservés à l'envoi en formation
des personnels spécialisés. Ces postes "hors classe" peuvent
représenter plus de 20 % des postes de professeurs des écoles
d'un département. Il y a là une marge de manuvre considérable.
Il y a entre tous ces postes une certaine concurrence, mais certains sont moins
visibles que d'autres
|
Le
nombre des demandes excède inévitablement le nombre des postes disponibles.
Or chacun des partenaires a son point de vue et ses intérêts à
défendre. Chacun certes voudrait bien tout, mais face aux disponibilités,
chacun a ses propres priorités
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| Dernière
étape : le CTP (Comité Technique Paritaire) |
La
dernière étape, celle du classement final des priorités,
se joue en CTP. Le CTP (Comité Technique Paritaire) est présidé
par l'Inspecteur d'Académie. Siègent en CTP, en nombre égal,
des représentants de l'administration, en l'occurrence des IEN, et les
représentants des personnels, qui de leur côté ont soigneusement
préparé leur carte scolaire auprès des écoles et des
enseignants. Ils deviennent de fait, lors de cette dernière étape,
décisive, les interlocuteurs privilégiés de l'Inspecteur
d'Académie. Ils sont là pour défendre les intérêts
des enseignants (veiller à l'application des barêmes, par exemple)
et d'une manière générale le bon fonctionnement de l'école.
L'Inspecteur d'Académie ne cherche surtout pas à se brouiller avec
eux puisqu'ils représentent les personnels. L'ouverture d'une clis spécifique
dépendra donc pour une part de la place que les représentants du
personnel lui accorderont dans l'ordre des priorités. Si la classe n'ouvre
pas, on se plaindra que la dotation ministérielle était insuffisante
|
| | Les orientations
et directives du ministère se heurtent à cet état de fait.
Et s'il arrive qu'à la suite d'une intervention des parents le Ministère
recommande à l'Inspecteur d'Académie d'ouvrir une classe pour les
enfants autistes ou dysphasiques, celui-ci a beau jeu de répondre : donnez
moi un poste d'instituteur supplémentaire. Le Ministère n'insiste
pas. |
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Mise
à jour : 26/08/05

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